UN PREMIER MAI CONFINÉ… MAIS HEPATANT !

Aujourd’hui c’est le premier mai et la fête du travail ! Je vous propose de parler des infections virales et des maladies professionnelles.

Reprenons le fil de l’histoire…

L’hépatite B. Il y a eu une époque sans vaccin et les services les plus exposés étaient alors les services de dialyse et les laboratoires d’analyses médicales. Des soignants se sont contaminés dans le cadre de leur travail et certains sont même morts d’hépatites fulminantes. A cette époque faire une hépatite B et en guérir dans plus de 90% des cas était un signe de confirmation de son entrée dans une équipe. Malheureusement certains sont passés à la chronicité et sont parfois toujours suivis… Ils ont été déclarés et reconnus en maladie professionnelle. A l’époque c’est le code du travail qui s’est appliqué. « Le doute bénéficie à la victime », il n’y avait pas de preuve formelle que les victimes se soient contaminées à cause de leur travail mais le doute bénéficiant à la victime, ils ont été reconnus en maladie professionnelle et pris en charge.

VIH. En 1981 la découverte du VIH a beaucoup ému et bien sûr des soignants ont été découverts porteurs du VIH, ils s’étaient piqués au contact de malades. Là encore, c’est le code du travail qui s’applique : « le doute bénéficie à la victime » et les personnes contaminées ont été prises en charge en maladie professionnelle.

Le VHC. Découvert en 1989 on a alors rapidement découvert l’ampleur de l’épidémie chez les transfusés, les toxicomanes, les hémophiles. Mais on découvre aussi que des soignants sont contaminés. Dans de nombreux cas, il s’agissait d’accidents et de piqûres accidentelles au contact de malades. Parfois il y avait une guérison spontanée, parfois la maladie devenait chronique. Lors de l’enregistrement des dossiers de reconnaissance en maladie professionnelle, même sans preuve, les personnes étaient reconnues car dans le code du travail, une fois de plus, « le doute bénéficie à la victime ».

LE COVID 19 aujourd’hui. Il vient bouleverser tout le monde mais également notre code du travail. Les victimes sont des soignants, mais pas uniquement et la question se pose : comment se sont-ils contaminés ? En faisant leur travail ou dans leur vie personnelle ? Notre ministre de la Santé a bien évoqué ce doute !
Alors une infection COVID est-elle un accident de travail et doit-elle être enregistrée comme une maladie professionnelle ? Là encore, « le doute doit bénéficier à la victime » et les soignants contaminés doivent être couverts pour les problèmes immédiats au même titre que pour les possibles complications futures que l’on ne connait pas encore.

Voila ce que m’évoque le premier mai… Bonne fête à tous, le muguet est au rendez-vous.

Pascal Mélin

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