SCMR… NOUS VOILA…

salles-de-shootApres dix ans de bataille, la première Salle de Consommation à Moindre Risque (SCMR) a été inaugurée ce matin à Paris par les plus hautes autorités de la capitale et du ministère de la santé.

Les salles de consommation à moindre risque ont prouvé leur intérêt dans tous les pays où elles ont été mises en place.

En Europe, plusieurs pays l’ont expérimenté avec succès, la France était en retard sur ce sujet. Les SCMR ne sont pas une fin en soi mais un outil supplémentaire dans l’accompagnement et la prise en charge des usagers de drogue.

Eviter par tous les moyens possibles de nouvelles contaminations par des hépatites virales, c’est le crédo de SOS hépatites ! Les SCMR devenaient donc aussi importantes que la vaccination contre l’hépatite B et c’est pourquoi nos représentants parisiens se sont engouffrés dans le collectif du 19 mai. Ce collectif visait à obtenir des pouvoirs publics l’expérimentation des SCMR trop mal nommées « salle de shoot ».

Aujourd’hui c’est chose faite, la SCMR de Paris est inaugurée en attendant celle de Strasbourg dans quelques temps. Apres de nombreuses années de polémiques et de jugements, résumé dans le surnom « salle de shoot », la raison médicale a été entendue. Car c’est là que le débat doit être, les publications scientifiques l’ont montré, il vaut mieux accompagner plutôt que pénaliser.

Il y a un siècle, Paris connaissait des fumeries d’opium qui étaient toutes des régies d’état. Après une fermeture puis une répression, la loi de 70 avait mis en place d’autres équilibres. Aujourd’hui, c’est l’accompagnement qui est gagnant et la démonstration que les usagers de drogue n’en sont pas moins citoyens…
La preuve, si on leur explique les choses ils se vaccinent, se dépistent, se traitent et évitent les nouvelles infections. C’est la RDR (Réduction Des Risques) que nous devons inventer au quotidien. Mais le chantier est loin d’être terminé ! Allons-nous oser rebattre et expérimenter l’échange de seringues en prison ? Ou revoir la loi de 70 ?

SOS hépatites est fière de l’aboutissement de ce combat pour les SCMR, même si les médias ont été très discrets ce jour. D’ailleurs, si vous chercher SCMR dans un moteur de recherche vous trouverez toujours une société savante américaine : Society for Cardiovasculaire Magnétique Résonance…

Il y a encore du travail pour passer de l’expérimentation à l’usage validé mais nous continuerons de suivre ce dossier.

Pascal Mélin

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