Recherche clinique

Dans le cadre de votre prise en charge, un médecin peut vous proposer de participer à une recherche biomédicale portant sur l’évaluation d’un médicament ou d’une stratégie thérapeutique concernant l’hépatite B.
La loi encadre précisément les conditions de cette recherche clinique, ou recherche biomédicale. Préalablement à votre participation, un médecin (nommé médecin investigateur) doit vous donner toutes les informations relatives au projet de recherche. L’ensemble des éléments sont répertoriés dans un document appelé protocole de recherche.
Après avoir obtenu les réponses satisfaisantes à vos questions et disposé d’un délai de réflexion adapté, vous pouvez alors décider de participer ou non au projet de recherche proposé en signant ou non le consentement de participation. Vous avez le droit de retirer votre consentement à tout moment.
Le protocole peut proposer des prélèvements spécifiques. Ceux-ci peuvent être conservés et utilisés dans le cadre d’une autre recherche. Vous avez le droit de vous opposer à l’utilisation ultérieure de ces échantillons et demander leur destruction à tout moment.
Les données médicales vous concernant et les données nécessaires à l’étude sont recueillies et utilisées dans des conditions assurant leur confidentialité. Vous disposez d’un droit d’accès et de rectification mais également d’un droit d’opposition à la transmission de vos données personnelles utilisées dans le cadre de cette étude.

Reportez-vous au lexique pour savoir comment fonctionne un essai thérapeutique.

Et pour toute information complémentaire, n’hésitez pas à solliciter SOS Hépatites en cliquant ici.

Il faut distinguer :

  • la recherche publique, avec l’Agence nationale de recherches sur le sida et les hépatites virales (ANRS) ou l’Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm).
  • la recherche privée réalisée avec l’industrie pharmaceutique.

 

La recherche publique (ANRS)

Le virus de l’hépatite B représente un problème majeur de santé publique avec 250 millions de porteurs chroniques de ce virus dans le monde et près de 300 000 en France. Grâce aux traitements antiviraux actuels, il est maintenant possible d’obtenir un contrôle de la réplication virale chez la majorité des patients et de réduire le risque de cirrhose ou de carcinome hépatocellulaire. Mais aujourd’hui, le défi à relever est la guérison virologique. C’est pourquoi l’ANRS (France Recherche Nord&Sud Sida-HIV Hépatites), a décidé d’en faire une des priorités de l’agence et met en place l’Action coordonnée 34 « HBV Cure ».

Une action coordonnée pour animer et fédérer

Créée en juin 2014, l’Action Coordonnée (AC) 34 « HBV Cure » a pour objectif de promouvoir et d’animer la recherche fondamentale, translationnelle et clinique sur le virus de l’hépatite B. Fédérer les acteurs de la recherche en France sera l’un des grands défis de cette AC : laboratoires, chercheurs dans le domaine de la biologie cellulaire, génétique, bio-informatique, virologie structurale… Toutes ces forces doivent être mutualisées afin de renforcer la compétitivité des équipes françaises à l’échelle internationale et de parvenir à l’éradication du virus de l’hépatite B chez les personnes infectées.

Fonctionnement

Cette AC est composée d’un comité scientifique constitué de 35 membres avec comme président le Pr Fabien Zoulim (Inserm U1052, Centre de recherche en cancérologie de Lyon). Ils devront identifier de nouvelles cibles thérapeutiques (cibles virologiques et immunitaires) dans le but de prévenir les complications de l’infection par le virus de l’hépatite B, d’améliorer les traitements antiviraux avec comme objectif ultime d’éradiquer cette infection.

Pr Fabien Zoulim

Quels sont les enjeux actuels sur l’hépatite B ?

Cette infection touche aujourd’hui 250 millions de personnes dans le monde et constitue la première cause de carcinome hépatocellulaire (cancer du foie). Dans les pays qui disposent des ressources pour les financer, les traitements actuels sont efficaces pour induire chez une majorité des patients une viro-suppression, c’est à dire un contrôle de la réplication virale. Mais faute d’éradication de virus, les traitements sont très prolongés. Il est par conséquent nécessaire de trouver de nouvelles cibles thérapeutiques qui permettent d’obtenir une guérison virologique dans des délais relativement courts, sur le mode de ce qui a été récemment acquis contre l’hépatite C.

Quelles sont les priorités scientifiques du programme ?

L’objectif principal est de parvenir à identifier de nouvelles cibles thérapeutiques. Ces cibles sont tout d’abord virologiques, en particulier l’ADN ccc du VHB.
Cette forme particulière de l’ADN viral, qui est circulaire au sein des cellules, est responsable de la persistance du virus. Il faut trouver des moyens pour parvenir à le bloquer soit directement, soit en intervenant sur des facteurs viraux ou cellulaires qui influent sur son activité.
Les autres cibles possibles sont immunitaires. On sait que le VHB perturbe les réponses immunitaires innées et adaptatives. Le but est de parvenir à comprendre les mécanismes de l’action du virus sur l’immunité et de les détourner pour restaurer des réponses immunitaires spécifiques et efficaces.
Le programme « HBV CURE » permet d’initier et de coordonner les recherches nécessaires à l’identification de ces nouvelles cibles.
Cette rencontre internationale avec les chercheurs a lieu tous les ans à Paris.

La cohorte Hepather (ANRS)

L’objectif de cette cohorte (dont les inclusions sont actuellement terminées) est de mieux connaître la population des personnes infectées par ces virus dans un contexte d’évolution de la prise en charge thérapeutique. Il est aussi de mieux comprendre les mécanismes liés au succès thérapeutique, d’analyser les effets des traitements à long terme ou encore de définir les meilleures combinaisons thérapeutiques. Dans le cadre de cette cohorte, devraient aussi être réalisées différentes études de recherches fondamentales, virologiques, pharmacologiques et économico-sociales. Celles-ci permettront d’évaluer le coût-efficacité des traitements et la qualité de vie des patients.

Pour plus d’informations, téléchargez la présentation : ANRS CO22 HEPATHER.

La cohorte ANRS CO12 CIRVIR

Cette cohorte, dont les inclusions sont terminées, vise à décrire « l’histoire naturelle » de patients atteints de cirrhose virale compensée et d’identifier les facteurs prédictifs de la survenue des principales complications cliniques de ces cirrhoses (décompensation, carcinome hépatocellulaire).

Pour plus d’informations, téléchargez la présentation : ANRS CO12 CIRVIR