L’ABÉCÉDAIRE DES HÉPATITES, MAIS QUI A EU CETTE IDÉE ?

De nombreux virus comme le VIH, l’herpès, le cytomégalovirus, le virus d’Epstein Barr ou bien encore, des parasites comme le paludisme qui attaquent le foie et s’associe à une inflammation aigue du foie (une hépatite).

Même si certains se multiplient dans le foie, tous n’ont pas eu le droit au titre de virus des hépatites. On a longtemps parlé de deux formes d’hépatites.

La première était appelée l’hépatite des camps. On la retrouvait en cas de promiscuité importante et de conditions d’hygiènes défectueuses. Hippocrate la décrivait déjà quatre siècles avant J-C. La jaunisse, maladie des camps suivait les armées. Ainsi en 751, lors du siège de Mayence, l’Archidiacre Boniface informe le pape Zacharie d’une épidémie de jaunisse. En réponse, le pape avec 1200 années d’avance sur les experts de l’OMS ou CDC d’Atlanta proposait de mettre les malades atteints de jaunisse à l’isolement. Visionnaire, le Pape Zacharie ! On parlait d’hépatite appelé l’hépatite infectieuse de contamination orale, d’incubation courte en 3 ou 4 semaines et lié a de mauvaises conditions d’hygiènes.

L’autre type était nommer hépatite liée à la seringue ou bien l’ictère des 100 jours ou bien encore hépatite sérique. Les descriptions en étaient différentes. En 1883, un officier de santé publique, le Dr Lurman (c’est ainsi qu’on nommait les médecins vaccinateurs) publia son expérience à Berlin en 1885. Il avait vacciné 1289 ouvriers d’un chantier naval de Brème contre la variole. Le protocole était simple, il se passait de bras à bras, on prélevait de la lymphe issue d’une pustule d’un seul et même donneur et l’on scarifiait plusieurs personnes que l’on souhaitait ainsi protéger en les vaccinant. Le Dr Lurman constata 191 jaunisses après un délai de quelques semaines à huit mois…

La description était parfaite…

Mais, il faudra attendre 1947 pour que Mac Callum propose d’appeler hépatite A l’hépatite des camps et hépatite B ou hépatite sérique ou « des seringues ». Ces deux entités furent confirmées comme liées à des virus différents quelques années plus tard, puis les hépatites liées à la seringue s’enrichir de l’hépatite C et Delta quant aux hépatites des camps on devait découvrir l’hépatite E.

L’histoire nous rappelle qu’elle s’est nourri du doute et que nous devons nous méfier des certitudes d’aujourd’hui…

Pascal Mélin

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