HÉPATITE C : SI UN JOUR VOUS AVEZ ABONDONNE L’INTERFERON… REVENEZ NOUS EN PARLER…

GUEULE-CASSEEPour mettre fin à l’épidémie d’hépatite C en France tout ne passera pas par le dépistage. En effet, il existe entre 50 000 et 100 000 personnes qui se savent déjà porteuses de l’hépatite C et qui sont sorties du suivi et du parcours de soins.

Je voudrais vous raconter l’histoire de ma consultation du jour.

Un homme de 52 ans a fait plus de 80 kilomètres pour consulter. Il se sait porteur du VHC depuis 1999.

En 2001, il a été traité par interféron et ribavirine. Au bout de 6 mois, le virus était toujours présent, le patient lui devenait de plus en plus irritable et un syndrome dépressif s’installait…

Le patient abandonnait alors le traitement et au bout de quelques mois, il abandonnait également son suivi spécialisé de 2001 à 2017.

Pendant 16 ans, une importante énergie a été consacrée à faire disparaître tout souvenir de l’hépatite…

Pendant 16 ans, son médecin traitant, une à deux fois par an lui rappelait qu’il devait reprendre son suivi et consulter un spécialiste.

Pendant 16 ans, le patient a dû résister en se souvenant de l’état dans lequel le traitement interféron/ribavirine l’avait plongé.

Pendant 16 ans, les progrès se sont accumulés d’année en année, en laissant supposer que la guérison était peut-être accessible.

Pendant tout ce temps, son médecin traitant a continué de semer et d’entretenir la petite voix qui lui disait « et si tu pouvais guérir ? ».

Aujourd’hui, le patient est venu, j’ai tenté de le rassurer pour qu’il admette un nouveau bilan et un traitement de 2017, c’est-à-dire pas d’effet secondaire, un ou deux comprimés par jour pendant 3 mois et plus de 90 % de chance de guérir !

Encore faut-il être prêt à guérir, mais après quelques hésitations, il a accepté…

Combien êtes-vous dans ce cas ?

Vous, que l’on qualifie avec beaucoup de pudeur de « perdu de vue ».

Nous devons aujourd’hui appeler tous ceux qui un jour ont jeté l’éponge du traitement en se promettant de ne jamais remonter sur le ring et de revenir boxer ou combattre.

Le combat est aujourd’hui beaucoup plus facile à gagner et le virus peut être mis K.O. en 3 rounds.

Alors, revenez auprès d’un spécialiste, nous avons des nouvelles choses à vous proposer.

Pascal Mélin

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