HÉPATITE C- ACCÈS UNIVERSEL AU TRAITEMENT- TOUJOURS L’ATTENTE

Depuis 34 mois désormais, les Hépatants attendent l’accès universel aux traitements contre l’hépatite C.
Après 3 ans de mobilisation pour l’accès fondamental et constitutionnel d’accès à la santé, des patients restent exclus des soins.

Après les coûts exorbitants des traitements exigés par les laboratoires et le rationnement organisé par les pouvoirs public, le développement d’un marché parallèle de médicaments sur le sol français, un nouveau chapitre de cette histoire s’ouvre.

Depuis le mois de janvier, les professionnels et malades sont face à un double circuit de dispensation.

Les traitements des laboratoires ABBVIE (Viekierax ® et EXviera ®, MSD (Zepatier ®) et BMS (Daklinza®) sont délivrés pour tous les malades, quel que soit leur stade de fibrose. Les cas les plus complexes doivent passer en réunion de concertation pluridisciplinaire (RCP), désormais dégagée d’un rôle de contrôle administratif pour se concentrer sur la sécurisation de la prise en charge.

Les traitements du laboratoire Gilead (Harvoni®et Sofosbuvir ® restent rationnés et délivrés aux personnes remplissant les critères de l’arrêté du 10 juin 2016, notamment un stade de fibrose de stade F2. Pour ces deux traitements, l’ensemble des dossiers doivent continuer à passer en réunion de concertation pluridisciplinaire.

Si vous êtes génotype 1, 4 (concernés par les traitements de ABBVIE, BMS, MSD) ou 3 (BMS et GILEAD mais prioritaires en raison de l’avancée possible de la maladie) vous avez (théoriquement) accès aux traitements quel que soit votre situation. Si vous êtes de génotype 2, 5, 6, vous devez encore attendre…

En bref, si vous arriviez encore à suivre cette folle histoire, vous êtes désormais perdus.

L’accès aux traitements, et l’attente des malades est, en effet, rythmé par les discussions de prix avec les laboratoires.

À croire que la seule institution à s’y retrouver est l’assurance-maladie qui continue à chasser les prescripteurs non autorisés.

Au sein même des services hospitaliers et lieu de RCP, des dossiers sont refusés au motif que les prescripteurs sont des médecins généralistes et que ces traitements ne peuvent être délivrés que par des hépatologues, des infectiologues ou des internistes.

C’est stupide, humiliant pour les professionnels après parfois 20 ans d’expérience de suivi de malades avec les traitements lourds et dévastateurs (Interféron/ ribavirine).

Certains hôpitaux sont sommés de rembourser, les décourageant de fait de s’organiser pour accélérer le rythme des prescriptions.

Quand on pense à l’énergie déployée par tous les acteurs pour l’élaboration de recommandations de prise en charge en 2014 puis en 2016, quand on pense au chemin qu’il nous reste à parcourir pour contrôler l’épidémie.

Ce n’est pas compliqué, c’est tout simplement scandaleux.

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