QUAND LE CORDONNIER NE VEUT PAS SE CHAUSSER…

VACCIN VHB ET PROFÀ l’heure où nous allons entrer dans une pénurie de vaccins contre l’hépatite B, il est intéressant de se reposer quelques questions sur les pratiques des médecins généralistes, qui en France restent les principaux vaccinateurs.

C’est le travail qu’ont rapporté Agrinier et collaborateurs le 28 décembre dernier, dans la revue clinical microbiology and infection.

En effet, en quelques décennies, le taux de personnes ayant une bonne opinion des vaccins est passé de 85 % à 65 % (opinion de la population française). Une base de 1712 médecins a été constituée de façon aléatoire. Les médecins ont été interrogés concernant 4 vaccins : ROR/HPV/méningocoque C/ Hépatite B.

Le but du questionnaire était d’analyser la cohérence entre leur pratique professionnelle et leur attitude avec leurs propres enfants. Le taux de réponse était de 46 % ce qui est bien.

Trois groupes de médecins différents ont été relevés :
• Le premier représente 37 % et rapporte un taux de vaccination au-dessus de la moyenne nationale, avec le plus souvent une vaccination de leurs enfants.
• Le groupe 2 compte 60 % des médecins et montre des discordances : ils vaccinent 100 % de leurs enfants pour le ROR, mais pas leur clientèle et ils vaccinent moins contre le méningocoque et le VHB.
• Le groupe 3 représente 3 % de la population qui ne vaccinent ni leurs enfants ni leurs patients.

Dans l’analyse, ceux qui avaient vacciné leurs enfants ne vaccinaient leurs patients contre l’hépatite B que dans 47 % des cas.

Si l’on regarde uniquement le vaccin de l’hépatite B, les médecins subissent aujourd’hui la pression de la population, ainsi, ils sont 77 % à vacciner leurs enfants, alors qu’ils ne recommandent que dans 30 % des cas à leur clientèle.

Le cordonnier est le plus mal chaussé, mais il semble plutôt que l’on soit face au vieil adage : « faites ce que je dis, mais pas ce que je fais ».

Les auteurs analysent les causes de ces résultats qui sont multiples : Sexe des médecins, âge, lieu d’exercice, etc…

Je ne souhaite pas rentrer dans ce débat, car pour nous, à SOS Hépatites, nous réclamons que la vaccination contre l’hépatite B, soit obligatoire chez tous les nourrissons.

Une telle attitude des médecins est plus que discutable.

Nous devons redonner confiance aux médecins dans les vaccins et les réaffirmer dans leur place cruciale d’officiers civils de prévention via la vaccination.

Quand la protection par la vaccination est inscrite dans la loi, nul ne peut s’y soustraire, encore moins les médecins.

Pascal Mélin

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