Vivre avec

Vous êtes atteint par le virus de l’hépatite B… Cela ne signifie pas forcément que vous êtes malade, ni que vous le serez un jour. Il va vous falloir apprendre à vivre avec ce virus, certains jours vous serez peut-être fatigué, anxieux, mais petit à petit vous allez faire connaissance avec votre maladie.
La plupart des hépatites B (90%) guérissent spontanément en quelques semaines après une phase aiguë, mais les 10% restant, ce qui représente quand même 280 000 personnes, la conserveront toute leur vie. Que l’hépatite ait une forme active ou inactive, elle nécessitera un suivi rapproché.
Il est parfois difficile d’accepter qu’on a un virus chronique, qui ne nécessite pas de traitement mais qu’on est potentiellement contaminant! Heureusement, il existe un vaccin pour protéger son entourage.
Être bien informé vous permettra de relativiser, d’adopter de bonnes habitudes pour ne contaminer personne, de faire dépister votre entourage afin de le protéger, et de dialoguer avec votre hépatologue sur le suivi de votre hépatite.
Malgré tout, si une foule de questions se bousculent dans votre tête, cette plateforme vous aidera à y répondre.

Activité physique

Souvent, les personnes atteintes d’une hépatite se plaignent de fatigue, et il est parfois difficile de pratiquer un sport, que l’on soit ou non en traitement.
Il est malgré tout important de conserver une activité physique, à son rythme, en fonction de son état de santé : marche à pied, natation, vélo par exemple.
Une activité sportive, même légère :

  • est efficace pour le maintien du poids de forme et peut réduire les risques d’obésité ;
  • réduit le risque de lombalgie ;
  • améliore le sommeil ;
  • lutte efficacement contre le stress, la dépression, l’anxiété.

Alimentation, diététique

Le foie est comme une usine de retraitement des déchets qui serait active 24 heures sur 24 tout au long de votre vie, en charge de filtrer tout ce que vous buvez, mangez ou faites pénétrer dans votre organisme.
Mis à part l’alcool, qui est à déconseiller vivement, en particulier en cas de cirrhose, il n’y a pas de régime strict en cas d’hépatite. Il s’agit juste d’essayer de préserver son foie en se nourrissant le mieux possible, et en gardant un indice de masse corporelle (IMC) normal, pour éviter la stéatose (voir lexique).
Autrement dit :

  • évitez les graisses saturées (beurre, plats préparés, etc.), remplacez-les plutôt par de l’huile d’olive ou de l’huile de noix ;
  • idem pour le sucre : oubliez les sodas, concentrés en sucres rapides sans intérêt au niveau nutritionnel, et qui vont donner un surplus de travail à votre foie ; préférez le miel, les fruits frais ;
  • hydratez-vous bien : eau, thés, infusions, potages, café…

D’une manière générale, évitez les aliments à index glycémique élevé :

  • pain à la farine blanche (pain tranché, à hamburger ou hot-dog, baguette, croissant) ;
  • pâtes alimentaires blanches (spaghetti, macaroni, lasagnes, etc.) ;
  • céréales sucrées
  • chocolat au lait ;
  • biscuits secs (petits beurres) ;
  • plats cuisinés (en boîte ou surgelés) ;
  • sucre, cassonade, glucose, dextrose, sirop de maïs, sucre brut ;
  • boissons gazeuses ;
  • gâteaux, muffins commerciaux, barres de céréales ;
  • fruits en conserve dans un sirop sucré.

Hépatite B et manifestations extra-hépatiques (MEH)

Les manifestations extra-hépatiques (parfois appelées MEH) sont bien connues du grand public dans l’hépatite C. Mais elles existent également en cas d’hépatite B et peuvent toucher jusqu’à 20% des malades selon les études.
Ces manifestations peuvent survenir quel que soit le statut de la maladie, que l’hépatite B chronique soit active ou non.
En voici une liste non exhaustive :

  • problèmes digestifs, avec ou sans traitement ;
  • periarterite noueuse (lésion des petites artères qui se bouchent, en lien avec les complexes antigène-anticorps) ;
  • atteinte rhumatologique : douleurs rhumatismales multiples dues à des atteintes articulaires ;
  • atteinte rénale : glomérulonéphrite extra-membraneuse (le complexe antigène-anticorps se dépose sur le rein et entraîne des destructions de la membrane, générant une insuffisance rénale) ;
  • atteinte ophtalmologique, avec parfois de véritables uvéites ;
  • atteintes neurologiques : il existe des atteintes de type Guillain Barré, mais aussi des polyradiculonévrites ou même des atteintes de type myélites ;
  • atteintes hématologiques, parfois responsables d’anémie hémolytique ou de pancytopénie, véritable blocage de la moelle ;
  • atteintes générales : dans l’hépatite B on décrit également des états de fatigue chronique, parfois invalidante avec manque de concentration ou problèmes de mémoire.

Il faut retenir que les manifestations extra-hépatiques liées au VHB peuvent influer sur la mise en route d’un traitement contre le VHB, même si l’hépatite n’est pas chronique active

Cas particuliers

Il existe des situations où l’hépatite B chronique exige un suivi particulier. C’est notamment le cas :

  • de la grossesse : il est particulièrement important d’avoir une surveillance rapprochée de la maman pour mettre en œuvre une procédure spécifique à la naissance du bébé, et parfois même avant, évitant ainsi une transmission mère/ enfant (voir la page Hépatite B et grossesse) ;
  • des co-infections : il y a co-infection (dans le jargon des malades on parle de « co-inf’ »), quand un malade est porteur de plusieurs virus en même temps, par exemple les virus des hépatites B et C, ou B et D, ou bien le VIH associé à un virus d’hépatite B, C ou D (voir la page Les co-infections)…
  • des expositions accidentelles au virus de l’hépatite B (voir la page Exposition accidentelle au virus de l’hépatite B).