Suivi et analyses

L’hépatite B est une maladie qui évolue. Il faut donc savoir à quel stade elle en est pour déterminer la conduite à tenir et les examens à réaliser.

Comprendre ses analyses

Dépistage et diagnostic de l’hépatite B

Avant d’agir, il faut savoir. Dans un premier temps, le médecin cherchera à savoir si vous avez une hépatite B. Dans un second temps, il tentera de savoir à quel stade en est la maladie (voir paragraphe suivant : « Se situer vis-à-vis de la maladie »).

Quand rechercher la présence du virus de l’hépatite B ?

Le dépistage de l’hépatite B est obligatoire et doit être systématique au cours du 6e mois de grossesse, quel que soit le risque d’infection par le VHB. L’enfant sera alors vacciné et suivi à la naissance.
Il l’est également chez les donneurs de sang, ainsi que chez les professionnels de santé exposés au sang et aux liquides biologiques (lesquels sont également soumis à une obligation vaccinale).
Il est également indispensable chez tous ceux qui présentent un risque particulier d’avoir été exposés au virus, même en l’absence de tout signe susceptible d’évoquer une hépatite (jaunisse, fatigue chronique, etc.) :

– les personnes nées, ayant résidé ou voyagé dans des pays ou zones à risque d’exposition au virus ;
– celles qui vivent avec une personne infectée par le VHB ;
– les partenaires sexuels d’une personne infectée par le VHB ;
– les personnes qui ont reçu des transfusions massives et/ou répétées ;
– les usagers et anciens usagers de drogues par voie intraveineuse ou nasale ;
– les prisonniers et anciens prisonniers ;
– les personnes séropositives pour le VIH, le VHC ou avec une infection sexuellement transmissible en cours ou récente ;
– les personnes, quel que soit leur âge, ayant des relations sexuelles avec des partenaires différents;
– les adultes accueillis dans les institutions psychiatriques ;
– les adeptes du tatouage avec effraction cutanée ou du piercing (à l’exception du perçage d’oreille).

Plus globalement, le dépistage du virus de l’hépatite B (mais aussi du VIH et du virus de l’hépatite C) est recommandé chez tout adulte, au moins une fois dans sa vie.

Dépistage et diagnostic

Le dépistage de l’hépatite B se fait par une simple prise de sang. Elle peut être effectuée, sur prescription médicale, dans n’importe quel laboratoire d’analyses biologiques. Il n’est pas nécessaire d’être à jeun pour en bénéficier.
Le dépistage de l’hépatite B peut aussi être réalisé dans un Centre gratuit d’information, de dépistage et de diagnostic des virus de l’immunodéficience humaine (VIH), des hépatites et des infections sexuellement transmissibles (CEGIDD). La liste des CEGIDD peut être consultée sur le site de Sida Info Service.
Plusieurs stratégies sont possibles pour rechercher la présence de l’hépatite B. Parmi elles, la recherche simultanée de 3 marqueurs (anticorps anti-HBc, antigène HBs et anticorps anti-HBs) permet de déterminer votre statut immunitaire.
Tout ça, c’est du chinois pour vous ? Pas de panique, lisez la suite, ce n’est pas si compliqué.

Se situer vis-à-vis de la maladie

Si vous ne le connaissez pas encore, il est important pour vous de savoir quel est votre statut vis-à-vis de la maladie. Vous trouverez ci-dessous quelques notions de base pour comprendre comment interpréter le résultat de votre prise de sang.

Anticorps et antigènes

  • Anticorps (Ac) : l’anticorps est créé par l’organisme pour le défendre contre une substance étrangère, comme un virus (en l’occurrence, le virus de l’hépatite, mais aussi tous les autres virus, comme celui de la rougeole, etc.). Pour se souvenir : dans « anticorps », il y a le mot « corps ».
  • Antigène (Ag) : cela vient du virus. S’il y a du virus, il y a donc de l’antigène (+). À l’inverse, s’il n’y a pas de virus il n’y a pas d’antigène (-).

C’est déjà un bon début pour comprendre où vous vous situez. Lorsqu’un médecin demande le dépistage de l’hépatite B, en première intention, il vous prescrira la recherche d’antigènes et d’anticorps pour ce virus :

  • l’antigène HBs (Ag HBs), pour vérifier si vous êtes porteur du VHB ;
  • les anticorps anti-HBs (Ac anti-Hbs) et anti-HBc (Ac anti-Hbc), dont la présence signifie soit que vous êtes vacciné, et donc protégé, soit que vous avez été porteur du virus, mais que vous êtes aujourd’hui guéri, et donc protégé aussi.

Ci-dessous, voici un tableau récapitulatif des différentes possibilités. Avec votre bilan de recherche hépatite B sous les yeux, vous pourrez voir exactement où vous situer.


Ce tableau est suffisant dans 95% des cas pour vous situer en regardant vos résultats de prises de sang. Quelques cas particuliers et spécifiques existent. Nous vous invitons à nous contacter si vous ne vous reconnaissez pas dans ce tableau. Cliquez ici pour savoir comment nous contacter.

Une petite explication supplémentaire néanmoins, à propos de deux marqueurs qui figureront sur vos résultats de prise de sang : l’antigène HBe (Ag HBe) et l’anticorps anti-HBe (Ac anti-HBe).
Par définition, l’antigène HBe est le marqueur de réplication virale (multiplication du virus), tandis que l’Ac anti-HBe est, au contraire, le marqueur de l’arrêt de la réplication virale.

  • Si l’Ag HBe est positif et l’Ac anti-HBe est négatif et que votre charge virale (quantité de virus dans le sang) est au dessus de 2000 UI/ml, vous êtes porteur de la forme active de l’hépatite chronique B ;
  • Si l’Ag HBe est négatif et l’Ac anti-HBe est positif avec une charge virale en dessous de 2000 UI/ml, vous êtes porteur de la forme inactive de l’hépatite chronique B.

Mais attention : parfois, lorsqu’il y a eu cette séroconversion (l’antigène HBe est devenu négatif et l’anticorps-anti HBe qui est devenu positif) et qu’il reste une charge virale supérieure à 2000 UI/ml, c’est que le virus a muté. Dans ce cas, vous avez donc une hépatite encore active au lieu d’avoir une hépatite inactive.

Pour vous-même, les marqueurs les plus simples à surveiller sont la charge virale et l’Ag HBS. Tant que l’Ag HBs et/ou le virus n’ont pas disparu, une surveillance doit être maintenue.

Selon les résultats de votre bilan initial, l’hépatologue pourra définir si vous êtes ce qu’on appelle:

  • un porteur inactif : charge virale < 2000UI/ml, transaminases normales, fibrose < 2 ;
  • un porteur actif : charge virale > 2000UI/ml, transaminases hautes, fibrose ≥ 2.

 

Virus hépatite B

Les marqueurs biologiques, quel que soient les examens prescrits par l’hépatologue, (Actitest, Fibrotest ou Fibromètre, Fibroscan, parfois biopsie) vont déterminer l’activité et constater la fibrose présente au niveau de votre foie :

  • la lettre A exprime l’activité de l’hépatite (de 0 = aucune activité, à 3 = activité très importante) ;
  • la lettre F indique le degré de fibrose, c’est-à-dire d’atteinte du foie (de 0 = pas de lésions, à 4 = cirrhose).

Un résultat “A2 F2” montre une hépatite d’activité modérée et des lésions du foie (fibrose) moyennement importantes.

Le suivi sera ensuite différent si vous êtes ou non en traitement. Les indications ci dessous sont en fonction des recommandations de l’EASL de 2012. Bien sûr, en cas de statut spécial : grossesse, co-infections ou comorbidités, des examens supplémentaires pourront être ajoutés.

Pour comprendre le processus d’inflammation qui entraîne la fibrose, on peut le comparer à un feu de forêt.

Il est recommandé de voir son médecin traitant régulièrement, notamment pour les MEH (manifestations extra hépatiques).

Quelle que soit votre situation, il est important de définir avec votre médecin le parcours de  suivi et de vous y conformer même si votre hépatite est inactive.

Surveillance sans traitement
 

  • Biologie tous les 6 mois : il s’agit d’un bilan identique à celui fait initialement, exceptés les paramètres déjà connus qui ne changent pas comme le génotype
  • Échographie abdominale annuelle
  • Consultation 1 fois/an : important de rencontrer le spécialiste pour faire le point, examiner les résultats des derniers bilans sanguins et de l’échographie