ON GUÉRIT TOUJOURS DE L’HÉPATITE C… …POISSON D’AVRIL !

CPOISSON D'AVRIL’est le titre que vous auriez pu lire, il y a 4 ans sur notre site ! Mais aujourd’hui, le poisson d’avril serait de dire qu’on guérit toujours de l’hépatite B ce qui bien sûr n’est pas encore vrai…

Un comprimé par jour pendant seulement 8 semaines et il ne serait plus nécessaire de faire un génotypage ou une charge virale ! Vous auriez éclaté de rire mais cette fiction humoristique d’hier est notre réalité d’aujourd’hui !

Imaginez la blague des progrès thérapeutiques. Quand les traitements ne comprenaient que l’interféron et la ribavirine qui ne permettaient de guérir que dans à peine 50 % des cas, les spécialistes, y compris les médecins généralistes en lien fort avec les services d’hépatologie pouvaient prescrire et traiter tous les malades. Aujourd’hui, on ne traitait que les formes sévères et donc les patients avec des hépatites minimes, en multi échecs de traitements par interféron ribavirine ne pouvaient pas être retraités par AAD (antiviraux d’action directe, les nouveaux traitements) comique non.

Mais il y a plus drôle encore, imaginez un patient pré-cirrhotique et classé F3 qui n’a pas pu guérir avec les traitements interféron – ribavirine mais dont la fibrose a régressé, le classant alors en F1 et l’excluant ainsi du soin. Ce patient F3 n’aurait-il pas mieux fait de ne pas se traiter, de devenir cirrhotique, alors il aurait été prioritaire pour les traitements par AAD…

Et nous voilà dans le comique absurde.

Et que dire des dossiers de patient présentés en RCP pour lesquels les traitements ont été mis en place par des médecins généralistes en service d’addictologie ou d’hépatologie. Et que s’est-il passé dans des Villes comme Montpellier ? Des contrôles de la sécurité sociale ont été faits et des dossiers classés non conformes à l’AMM. La structure hospitalière s’est donc vue sommée de rembourser plusieurs millions d’euros ! Et ce pour non-respect de l’AMM.

On pourrait encore en rire, mais lorsqu’on sait que dans ce type de contrôle, les médecins de la Sécurité Sociale sont directement intéressés aux sommes récupérées, en touchant un pourcentage… Alors on comprend mieux pourquoi le suivi des dossiers hépatite C est si intéressant !

Mais le vrai poisson d’avril c’est la Ministre de la Santé Marisol Touraine qui nous le fait !

Ça y est, après un an de négociations, l’universalité est là. Tous les prix des nouveaux traitements sont alignés sur une base de 28 000 euros la cure, soit une baisse moyenne de plus de 30%.

Bravo ! Et ce n’est même pas un poisson d’avril ! Les traitements seront toujours trop chers aux yeux des malades. Mais, ce qui importe, c’est que cette innovation thérapeutique ne mette pas en péril le budget et l’équilibre de notre sécurité sociale.

Maintenant, il nous faut mettre en œuvre la réorganisation des soins pour accueillir tous les malades au plus vite car il est difficile de vivre malade quand on sait que l’on peut guérir.

Pascal Mélin

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2 commentaires sur “ON GUÉRIT TOUJOURS DE L’HÉPATITE C… …POISSON D’AVRIL !

  1. Le 2 avril, c’était la journée mondiale de sensibilisation à l’autisme.
    T’as rien à dire aux porteurs de TSA (diagnostiqués et non diagnostiqués) hépatants?
    Simple suggestion… 😉

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