NOUS SOMMES TOUS DES CANARDS DU SUD-OUEST…

NI CANARD NI PIGEONS

 

Nous vivons une époque hépatante !

En ce mois de février 2017, la France vit une immense épidémie virale. Ce n’est ni la grippe, ni la rougeole, encore moins une hépatite virale. C’est la grippe aviaire qui touche les élevages du sud-ouest.

Quelle est la réponse à cette épidémie virale ?

Simple : la décision a été prise d’abattre les 600 000 volatiles des élevages de la région. Cette réponse est pour le moins radicale. On espère que cette solution sera efficace, mais si on demande aux éleveurs que nous disent-ils ?

Ils nous disent que la recherche sur les épidémies virales animales est insuffisante et que ce qui manque cruellement, c’est l’existence d’un vaccin. Car, même si techniquement les virologues confirment que la mise au point d’un tel vaccin est possible, aucun engagement de financement ou de recherche n’est actuellement mis en place.

Pourtant, tout le monde sait que la recombinaison d’un virus de la grippe aviaire avec le virus de la grippe humaine serait potentiellement catastrophique. Même l’industrie du cinéma s’est emparée de cette hypothèse dans des scénarios d’épidémies fictions (voir le film contagion 2011).

La recherche et la protection des infections virales de l’espèce humaine passent par l’étude, la compréhension et le contrôle des infections virales chez l’animal.
Que faisons-nous pendant ce temps en France ? La France où chaque année, 4 000 personnes sont contaminées par le virus du SIDA ; la France où chaque année, 4 000 personnes sont contaminées par le virus de l’hépatite B.

Alors que les éleveurs vont abattre les canards pour se protéger d’un virus, l’homme a mis au point un vaccin contre l’hépatite B, pour s’en protéger. Et brutalement, on découvre que ce même vaccin ne pourra pas être produit en quantité suffisante et qu’il faut donc organiser la pénurie.

À nouveau, c’est la solution du rationnement que l’on nous propose.

Tout le monde ne pourra pas être vacciné, il faudra choisir. La loi oblige la vaccination contre l’hépatite B pour certaines personnes, on ne peut pas faire moins que la loi. Ensuite, il y a tous ceux pour lesquels la vaccination est recommandée.

Pour SOS Hépatites, (1) les enfants nés de mères porteuses de l’hépatite B, (2) les partenaires sexuels de personnes contaminées par l’hépatite B, (3) l’entourage de personnes atteintes vivant sous le même toit, (4) les personnes susceptibles de recevoir des transfusions massives et/ou itératives ou des médicaments dérivés du sang (hémophiles, dialysés, insuffisants rénaux…) et (5) les personnes candidates à une greffe d’organe, de tissu ou de cellules (dont les personnes cirrhotiques en attente de greffe), doivent tous être prioritaires. Pour ces cinq catégories de sujets, nous revendiquons l’accès total, simple et rapide à la vaccination.

Les vaccins de l’hépatite B ne sont plus accessibles en pharmacie de ville, les doses sont ré-adressées aux hôpitaux et il appartiendra aux pharmaciens hospitaliers de prioriser les patients qui doivent être vaccinés.

Si l’on en croît les firmes pharmaceutiques productrices de ces vaccins, la pénurie et le rationnement devrait durer jusqu’en 2018 et s’étendre à toute l’Europe.

Une telle situation est inacceptable, nous ne pouvons accepter de laisser une population en proie à une épidémie telle que l’hépatite B alors qu’un vaccin existe !

Nous attendons une réponse politique. Nous ne voulons pas être des canards, mais encore moins des pigeons.

« Hépatite B : Touche pas à mon vaccin ! »

Pascal Mélin

 

 

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