L’HÉPATITE C NE FAIT PLUS RECETTE…

Voilà probablement comment on peut résumer les choses en août 2014. Les nouvelles molécules depuis plusieurs mois nous permettent maintenant d’envisager de guérir prés de 9 malades sur 10 avec juste 3 mois de traitement et une très bonne tolérance pharmacologique.

Actuellement trois laboratoires de l’industrie pharmaceutique se partagent les dividendes de ces trois nouvelles molécules  que l’on pourrait qualifier de «  poule aux œufs d’or ».

Mais voila cinq autres  laboratoires pharmaceutiques étaient dans la course aux nouvelles molécules. Et les industriels ne sont pas des philanthropes… les projets de développement de nouvelles molécules coûtent  plusieurs millions d’euros et des économistes projettent le développement et l’amortissement en évaluant les bénéfices à venir  pour les investisseurs et les actionnaires.

Nous venons d’apprendre de source sûre par un membre de conseil d’administration ) qu’un industriel avait jeté l’éponge dans la poursuite et le développement d’une molécule pourtant très prometteuse ! Pourquoi ? Parce que les experts financiers ont estimés que les investissements à poursuivre ne valaient plus le coup ; car leur molécule arriverait sur le marché trop tard et qu’il ne resterait du gâteau que quelques miettes.

Miettes qui bien sûr, ne sont plus suffisamment intéressantes et qui  justifient que  les bons perdants se couchent comme on dit au poker.

L’hépatite C serait victime de son succès thérapeutique  et insuffisamment rentable à l’horizon 2020 ,  date à laquelle la maladie continuera de sévir essentiellement dans des pays pauvres et touchant  des patients qui ne pourront pas payer ces nouveaux traitements.  

Alors on fait quoi ? On se révolte ? On dénonce ? On boycotte ? On exige (la main sur le cœur) une recherche par les services publics et un développement à but non lucratif ?  Bien difficile tout cela !

Par contre on pourrait mettre autour de la table les industriels, les politiques, les représentants des malades, et les chercheurs pour envisager des soutiens nord/sud et permettre à tous les malades dans le monde d’accéder  aux soins et à la guérison.

Il faut pouvoir dire les choses aujourd’hui pour se permettre d’en faire d’autres demain.

Pascal Mélin

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