LES SALLES DE CONSOMMATION A MOINDRE RISQUE SONT DANS LA LOI …

SOS hépatites réclamait cette expérimentation depuis bientôt 10 ans, les SCMR (salle de consommation a moindre risque) sont depuis hier soir inscrite dans le marbre de la loi.

Il aura fallu 4 heures de débats acharné pour que le principe d’une expérimentation de SCMR soit adopté en France. Mais ne vous y trompez pas il ne s’agit pas d’un dispositif révolutionnaire : les SCMR existaient déjà il y a 30 ans en Suisse et 60 salles réparties dans plus de 30 pays, dont l’Espagne la Hollande et la Suisse, sont fonctionnelles aujourd’hui. Dans tous ces pays, les publications et l’analyse d’activité ont largement montré que ce dispositif, destiné a un public précaire, usager de drogues, en grande précarité, permettait un retour vers le soin et la resocialisation. La France ne sera pas novatrice, elle ne fait que rattraper son retard !

Dans le dispositif sanitaire de lutte contre les hépatites virales, les SCMR représentent un dispositif intéressant. SOS hépatites continuera de demander que les SCMR soient des espaces de vaccination contre les hépatites virales, des lieux de dépistage, et d’accompagnement personnalisé. Nous sommes contre les salles de shoot (relire le blog : JE SUIS CONTRE LES SALLES DE SHOOT !, 12/04/2013) mais réclamons l’expérimentation des SCMR en publiant les résultats de façon publique.

Hier, on pouvait entendre des phrases inacceptables dans la bouche de députés de l’opposition : « aidez les toxicomanes à guérir plutôt qu’à s’autodétruire » ou pire encore « si on osait, on pourrait même les appeler ‘antichambres de la mort’ ». Quelle méconnaissance ! Vivre avec les drogues, le VIH ou une hépatite virale c’est de toute façon vivre en caressant la mort, en s’interdisant l’avenir. Alors oui à des espaces qui permettent d’aller à la rencontre des exclus. Les SCMR seront la même révolution que les restos du cœur. Vous ne saviez pas que l’alimentation est la principale addiction liée à la vie ? Oui je revendique cette provocation mais quand le besoin de substance devient aussi vital que la respiration que faut-il faire ? Si on vous demandait d’arrêter de respirer arriveriez-vous à l’envisager de façon sereine ?

Cette loi qui doit donner suite et nous faire tous réfléchir.

Pascal Mélin

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