LA SEMAINE DU GOUT, C’EST MAINTENANT…

112382_la-semaine-du-goutNous ne pouvions pas rêver mieux comme évènement pour renforcer notre campagne sur la nutrition au cours de la prise en charge d’une hépatite C. Nous voici dans la semaine du goût. Des équipes vont se rendre dans les écoles pour éduquer le goût des enfants, qui malheureusement ne connaissent plus que le sucré ou le salé.

Qui sait  encore parler d’acidité, d’amertume, d’astringence de velouté ou de sirupeux ? Mais voilà, nous aussi les malades notre goût évolue. Tout comme les bébés qui voient se différencier progressivement leur goût, nous savons que bon nombre de médicaments, modifient les sensations gustatives ou olfactives.

La dysgueusie est le changement de sensibilité au goût alors que l’agueusie est la disparition de ce dernier. Avec les traitements classiques interféron et ribavirine  on retrouvait déjà 10 à 20 % de troubles gustatifs au cours des séquences thérapeutiques mais avec les inhibiteurs de protéase cela peut aller jusqu’à 45 %. Cet effet secondaire n’est pas grave mais plutôt ennuyeux et ne subsiste  quasiment jamais à l’arrêt du traitement. Il faut le connaitre et s’y adapter.

Là encore une fois le  symptôme repéré, la diététicienne peut venir en aide au patient. Mais que faire après ? La diminution ou la disparition du goût est un facteur d’aggravation de  la dépression. Plus rien n’a de goût on a l’impression de manger du carton–pâte. Les malades tentent donc de saturer leurs récepteurs sensitifs en ajoutant aromates, piments, sauces, épices  et autres condiments.

Il s’agit bien là d’une stratégie d’adaptation le plus souvent encouragé et accompagné par les diététiciennes.   Attention, deux remarques sont à retenir. Il faut se méfier des ajouts de sel et être très vigilant en cas d’ajout d’arôme dans les plats car si c’est le malade lui-même qui cuisine ses qualités de goûteur sont forcément altérées. Il faut donc  prévoir d’adapter ces variations gustatives dans chaque assiette. Nous pouvons imaginer les ravages d’un tel traitement chez un œnologue ou chez un nez de la parfumerie, mais cette expérience reste exceptionnelle. Imaginez-vous être privé d’un de vos sens, l’ouïe, le toucher ou la vue ? On évoquera alors le handicap. La perte du goût semble mineure. Et bien, détrompez-vous  cette expérience est violente. Alors si vous aussi vous avez subit ce handicap merci de témoigner sur notre site pour nous dire comment vous avez adapté votre vie et quels étaient vos trucs et astuces.

Merci d’avance et bonne semaine du goût

Pascal Mélin.

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