La maladie peut se développer sans manifestations
apparentes, et avoir au bout de plusieurs années
des conséquences très sérieuses.
La gravité de l’hépatite C
est extrêmement variable selon les individus.
On distingue deux phases de la maladie : quand
l'inflammation est récente, il s'agit d'une
hépatite aiguë. Si l’inflammation
dure depuis plus de six mois, on parle d’hépatite
chronique.
La phase aiguë survient quatre à
douze semaines après la contamination.
Le plus souvent, l’hépatite C aiguë
est asymptomatique : la personne ne ressent
rien de particulier. Parfois, une fatigue, de
la fièvre, une jaunisse ou des difficultés
à digérer peuvent apparaître.
Pour huit personnes sur dix, la phase chronique
s’installe, souvent sans aucun signe visible
dans un premier temps. Pour environ une personne
sur cinq, elle évolue en cirrhose après
une moyenne de vingt à trente ans d’infection.
D’autre part, l’hépatite
C peut générer ce que l’on
appelle des manifestations extra-hépatiques,
c’est-à-dire des problèmes
de santé qui ne concernent pas le foie.
Non, pas de panique ! Plus de la moitié
des personnes atteintes par le VHC n’aura
pas de complications médicales, et la plupart
des malades ne feront jamais de formes sévères.
Soulignons cependant que la majorité
des personnes ayant une hépatite C chronique
se sentent diminuées dans leur vie quotidienne.
En effet, le foie joue un rôle clé
dans le fonctionnement du corps : c’est
notamment un transformateur d’énergie.
Si le foie est « handicapé »,
il remplit moins bien cette mission. La fatigue
a ainsi tendance à s’installer
durablement chez beaucoup d’hépatants.
L’hépatite C entraîne aussi
des troubles de l’humeur. Ne nous voilons
pas la face : l’hépatite C est
une maladie chronique préoccupante. Mais
on peut vivre avec et, grâce aux traitements,
certains en guérissent.
Même si ce n’est pas toujours facile,
il faut essayer de dédramatiser et se
fixer des objectifs. L’une de nos priorités
est d’avoir un suivi médical régulier
pour prévenir les complications. Nous
avons parfois tendance à éviter
la confrontation avec le médecin : c’est
une manière de nier la maladie, mais
cela peut avoir des conséquences désastreuses.
•
Quels facteurs influencent
l’évolution de l’hépatite
c ?
Il existe plusieurs génotypes du VHC (ce
sont différentes souches du même
virus C, que l’on a nommé génotype
1, 2, 3, 4, 5…). Le risque d’évolution
de la maladie n’est pas lié au génotype.
En revanche, l’efficacité du traitement
varie selon les génotypes.
Il n’y a pas de relation entre la charge
virale, c’est-à-dire la quantité
de virus dans le sang, et le degré d’atteinte
du foie.
La co-infection par le virus de l’hépatite
B ou le virus du sida est par contre un élément
aggravant. Plus il y a d’attaquants, moins
l’organisme parvient à se défendre.
D’autres maladies, comme le diabète,
ont aussi une influence. L’ancienneté
de la contamination est une donnée importante
: chez certaines personnes infectées par
le virus depuis longtemps,
la maladie peut évoluer plus rapidement.
Le développement de la maladie est très
différent pour chacun d’entre nous.
Si nous n’avons pas vraiment de pouvoir
sur certains facteurs susceptibles de compliquer
l’évolution de notre hépatite
C, nous pouvons jouer sur d’autres éléments
en modifiant nos comportements.
La consommation d’alcool a un effet néfaste
sur l’immunité : elle favorise
la multiplication du virus et l’apparition
de lésions du foie. Pour mettre toutes
les chances de notre côté, nous
devons boire le moins possible d’alcool,
et dans certains cas, plus du tout.
De façon générale, veiller
à son hygiène de vie est un atout
pour lutter contre le ou les virus : avoir une
alimentation équilibrée, éviter
l’excès de poids, essayer d’arrêter
de fumer, pratiquer régulièrement
une activité physique, ne pas prendre
de médicaments sans en parler à
son médecin (même des traitements
homéopathiques, à base de plantes,
ou des compléments alimentaires).
La combinaison la plus efficace aujourd’hui
est une bithérapie (deux médicaments)
associant l’interféron pégylé
et la ribavirine. L’interféron pégylé
s’administre par injection sous-cutanée
une fois par semaine, la ribavirine est un antiviral
pris sous forme de gélules tous les jours.
Le traitement dure généralement
de six mois à un an et peut entraîner
de nombreux effets secondaires. Actuellement,
seul un malade sur quatre est concerné
: la prise de médicaments est envisagée
lorsque le foie a déjà subi des
dommages et qu’une fibrose est confirmée
par des examens spécifiques (en particulier
par une biopsie du foie). Nous considérons
que tous les hépatants doivent pouvoir
bénéficier d’un traitement
s’ils le souhaitent, même s’ils
ne répondent pas à ces conditions.
Cet accès élargi aux traitements
est l’une de nos revendications. Parlez-en
à votre médecin. La possibilité
et l’intérêt d’être
traité méritent toujours d’être
discutés en fonction de vos projets.
Le traitement est plus ou moins efficace selon
les génotypes. Le taux de guérison
(c’est-à-dire le fait que le virus
devienne indétectable) est de 80 % pour
ceux qui sont infectés par les génotypes
2 ou 3, de 50 % s’il s’agit des
génotypes 1, 4 et 5. Des trithérapies
(trois molécules associées) sont
à l’étude afin de tenter
d’améliorer ces résultats.
D’autres recherches sont en cours pour
développer de nouveaux médicaments.
•
A qui en parler et comment
? Famille – Employeur
L’hépatite C est encore un sujet
difficile à aborder. Être bien informé
avant d’en parler à nos proches permet
de présenter la situation de façon
claire, de ne pas trop inquiéter les autres
sur notre état de santé et d’anticiper
d’éventuelles réactions négatives.
Nous avons appris, avec le temps, à
adopter des attitudes différentes selon
nos interlocuteurs (pour en savoir plus, reportez-vous
à la brochure « Mon hépatite
C, moi et les autres »).
Vous n’êtes pas obligé de
le dire si vous n’en avez pas envie. Pour
votre équilibre personnel, il est cependant
souhaitable de vous confier au moins à
une personne. Cherchez un soutien autour de
vous : ce n’est pas nécessairement
un intime.
Si vous ne savez pas comment vous y prendre
pour annoncer votre séropositivité
au VHC, contactez SOS Hépatites pour
parler avec quelqu’un qui a déjà
vécu ces moments et qui pourra vous aider.
Si vous le souhaitez, vous pouvez venir avec
un proche dans l’une de nos permanences
: votre entourage a aussi besoin de comprendre.
•
Est-ce que je risque de
contaminer mon entourage ?
Le virus de l’hépatite C se transmet
par le sang. Il n’y a donc aucun risque
dans la vie quotidienne. On peut s’embrasser,
se toucher, utiliser en commun toilettes et lave-linge.
Il est inutile de laver sa vaisselle de façon
particulière. Le virus de l’hépatite
C ne peut pas se transmettre par la salive, la
toux, la sueur.
En revanche, il faut éviter de partager
les objets qui peuvent être en contact
avec le sang, en particulier les objets de toilette
: rasoir, coupe-ongles, pince à épiler,
brosse à dents, matériel dentaire.
Pour l’hygiène intime féminine,
faites comme toutes les autres femmes : placez
vos serviettes usagées dans des sachets
bien fermés et jetez-les à la
poubelle.
Les usagers de drogue ne doivent jamais partager
leur matériel d’injection ou de
« sniff » (seringues, cotons, cuillères,
pailles, etc.)
La grossesse n’est pas contre-indiquée
pour les femmes atteintes par le virus de l’hépatite
C, sauf en cours de traitement (voir la brochure
: “Se préparer au traitement”
). Le risque de transmission du VHC de la mère
au bébé, de moins de 5 %, se situerait
au moment de l’accouchement.
Vous pouvez
envisager un traitement contre le VHC avant
la conception pour tenter d’éliminer
le virus ou de réduire le risque de transmission.
Dans le cas où le bébé
serait malgré tout contaminé,
il faut savoir que l’évolution
de l’hépatite C chez un nouveau-né
est bénigne. L’enfant né
d’une mère atteinte par le VHC
doit faire l’objet d’un suivi médical
spécifique pendant sa première
année.
•
Dois-je modifier mes habitudes
(alimentation – alcool) ?
L’alimentation : La plupart des médecins
nous disent de ne rien changer à nos habitudes
alimentaires. En théorie, aucune donnée
médicale ne justifie en effet un régime
spécifique, sauf si nous avons un surpoids.
Mais si vous aviez un comportement alimentaire
un peu anarchique, profitez-en pour le modifier.
Les règles de diététique
bénéfiques pour tous sont encore
meilleures pour nous.
Il faut veiller à notre équilibre
alimentaire, éviter les excès
de gras et de sucre, privilégier légumes,
fruits, féculents, poissons, viandes
blanches, produits laitiers.
Ecoutez-vous, suivez vos envies. Selon le stade
de notre maladie, il arrive que nous n’ayons
plus envie de telle ou telle catégorie
d’aliments. Notre mot d’ordre :
ne pas se priver, mais ne pas se forcer non
plus.
L’alcool : C’est un sujet important.
Les spécialistes sont plutôt catégoriques
: nous devons supprimer toute consommation d’alcool.
En pratique, le problème est complexe.
Nous devons d’abord nous interroger sur
notre relation avec l’alcool : est-ce
indispensable pour moi ? me semble-t-il possible
de m’en passer ou de diminuer ma consommation
?
Il faut savoir que l’évolution
de l’hépatite C est quatre fois
plus rapide chez les buveurs excessifs, c’est-à-dire
les personnes qui consomment plus de 20 grammes
d’alcool par jour. Cela équivaut
à trois verres de vin pour un homme,
deux pour une femme. Si vous êtes plus
ou moins dépendant de l’alcool,
ou si vous vous sentez seulement fragile par
rapport à cette consommation, parlez-en
à votre médecin.
Et sachez qu’il existe des consultations
d’alcoologie qui peuvent être un
véritable soutien (pour connaître
leurs coordonnées, vous pouvez appeler
le numéro vert 113 : Drogues, alcool,
tabac info service).
Si vous êtes un buveur occasionnel et
modéré, la mise en place d’un
nouveau comportement dépend bien sûr
de votre état de santé. En cas
d’hépatite sévère,
l’alcool doit être prohibé.
Dans les autres cas, nous devons éviter
les excès. Mais, sauf contre-indication
médicale absolue, nous pouvons boire
un verre de vin par jour au cours d’un
repas.
Un apéritif à jeun est plus difficile
à supporter pour nous, de même
que les alcools forts, qu’il vaut mieux
éviter. Ne pas boire ne signifie pas
pour autant se couper de toute convivialité.
Ne refusez pas les invitations sous prétexte
que vous ne consommez plus d’alcool. Il
est très important de continuer à
sortir, d’entretenir une vie sociale.
•
Que répondre aux
questions sur l’origine de ma contamination
?
Dans environ un quart des cas, ni le patient ni
le corps médical n'arrivent à déterminer
précisément les circonstances de
la contamination par le virus de l’hépatite
C. Les principaux modes de transmission sont les
transfusions et les opérations chirurgicales
lourdes avant 1992, les examens médicaux
dits « invasifs » avant 1997 (exploration
d’un organe l’aide de matériel
qui était autrefois réutilisable)
et l’usage de drogues par voie intraveineuse
ou nasale.
Nous nous sommes tous interrogés sur
la raison de la présence de ce virus
dans notre organisme. Peut-être avez-vous
la réponse, peut-être pas. Vous
n’avez pas obligatoirement envie de le
dire. Or, ce sera l’une des premières
interrogations de votre entourage. Vous avez
le droit de ne pas répondre. Mais pour
certains de vos interlocuteurs, votre silence
signifiera une « faute » passée,
une toxicomanie ancienne que vous voulez cacher.
Cette interprétation induit un jugement
de valeur, dû à la stigmatisation
encore fréquente de l’usage de
drogues. Il faut être paré pour
assumer ces suspicions, rarement formulées
ouvertement.
Vous pouvez aussi faire partie de ces personnes
dont on n’a pu déterminer l’origine
exacte de la contamination. Profitez-en pour
rappeler à vos proches les différents
modes de transmission, sans oublier le tatouage,
le piercing et l’acupuncture, si les instruments
ne sont pas à usage unique, ou mal stérilisés.
L’origine de la contamination peut être
source de conflit avec votre conjoint. Même
si vous précisez que le virus de l’hépatite
C ne se transmet habituellement pas par les relations
sexuelles, même si cette information est
relayée par d’autres personnes ou
par les médias, votre partenaire peut lier
cette maladie à une infidélité
supposée. Que ces doutes soient formulés
ou non, le seul remède est le dialogue.
Pour désamorcer ce scénario, il
vous faudra sûrement faire preuve de patience
et parler longuement avec votre conjoint.
Si nécessaire, proposez-lui de vous
accompagner chez le médecin pour mettre
un terme à ses fantasmes. D’autres
différends peuvent survenir au sein du
couple. L’hépatite C peut provoquer,
de façon cyclique, des troubles de l’humeur,
une baisse de la libido et une fatigue importante.
À certains moments, spécialement
pendant le traitement, nous pouvons être
totalement épuisés, dans l’incapacité
d’accomplir la moindre tâche domestique.
Si votre conjoint vous soutient, il ou elle
prendra le relais. Mais ce n’est pas toujours
le cas. Même si votre partenaire est particulièrement
attentionné, il a aussi ses soucis, sa
lassitude, son angoisse par rapport à
l’avenir de votre couple. Par moments,
il peut être dépassé par
les événements, ne pas supporter
vos réactions ou votre comportement,
être impatient ou simplement inquiet,
bref, ne plus assumer votre hépatite
C. Ne laissez pas s’installer une incompréhension
mutuelle. N’occultez pas le problème,
n’agissez pas comme si tout allait bien
: discutez-en ensemble et faites-vous aider.
Matériellement, selon votre état
de santé et vos revenus, vous pouvez
peut-être bénéficier d’une
aide ménagère, prise en charge
par la sécurité sociale. Renseignez-vous
auprès de votre médecin, d’un
travailleur social ou d’une association.
Un soutien psychologique peut aussi être
bienvenu, pour vous et pour votre couple. Ne
négligez pas l’importance et le
bénéfice de cette démarche.
•
Je suis célibataire
: que dire à mes partenaires ?
Le problème est délicat pour les
personnes seules qui tentent d’établir
un rapport intime avec un nouveau partenaire.
Difficile en effet d’annoncer au cours d’un
tête-à-tête amoureux qu’un
intrus
pourrait s’immiscer dans la relation en
train de se construire.
Au départ, vous pouvez vous accorder
le droit de ne rien dire, tout en prenant vos
précautions. En dehors d’une relation
de couple stable, le préservatif est
toujours recommandé pour vous protéger
d’une contamination par d’autres
infections (hépatite B si vous n’êtes
pas vacciné, sida, maladies sexuellement
transmissibles).
Par la suite, si l’aventure se prolonge,
essayez de choisir le meilleur moment pour aborder
le sujet. Ce ne sera peut-être pas simple,
mais nous pouvons aussi vivre de belles histoires
d’amour.
•
Comment me comporter avec
mes enfants ou mes petits enfants ?
Les enfants sont capables de comprendre beaucoup
de choses. Pour ne pas les inquiéter, pour
les préserver, nous préférons
parfois ne pas évoquer notre hépatite
C. Nous avons constaté que cette attitude
leur est néfaste, car ils ressentent une
angoisse diffuse sur laquelle ils ne peuvent mettre
de mots. Ils s’inventent alors parfois des
histoires bien plus dramatiques que la réalité.
Dites à vos enfants ce qui vous arrive,
en employant un langage simple et adapté.
Selon leur âge, vous évoquerez ou
non les détails de l’évolution
de la maladie et ses conséquences sur la
vie quotidienne.
La fatigue et les troubles de l’humeur
liés à l’hépatite
C nous rendent souvent moins disponibles pour
nos enfants ou nos petits-enfants. Nous pouvons
être irritables et impatients avec eux.
Il est important de leur expliquer que ces comportements
sont dus à la maladie et que nous les
aimons toujours autant.
Essayez de répondre à toutes
leurs questions et précisez que vous
avez des chances de guérir. Vos enfants
vous seront reconnaissants de la confiance que
vous leur accordez : ils deviendront un soutien
pour vous au lieu d’être un sujet
d’angoisse supplémentaire. Soyez
cependant attentifs aux signaux d’alarme
bien connus.
Si votre jeune enfant recommence à faire
pipi au lit, si votre adolescent se replie sur
lui-même, s’il a des difficultés
scolaires, cela dénote un problème
qu’il n’arrive pas à gérer.
Ce n’est pas forcément lié
à votre hépatite C (nos enfants
n’échappent pas à la crise
d’adolescence !), mais il peut être
utile de consulter un psychologue ou un pédopsychiatre.
En dehors des proches auxquels vous avez envie
d’en parler, il est absolument légitime
de ne pas dire que vous êtes atteint du
virus de l’hépatite C. Cela concerne
votre santé : au niveau juridique, cela
relève de la vie privée et du secret
médical. Ainsi, votre patron et vos collègues
n’ont pas à savoir de quelle maladie
vous souffrez, même si votre médecin
vous prescrit des arrêts de travail répétés.
Ne cédez pas aux pressions éventuelles,
ne répondez pas aux questions pernicieuses
: le droit du travail vous protège, quelle
que soit votre profession. Des enseignants ou
des infirmières se sont crus obligés
de révéler leur hépatite
C et ont ensuite subi une discrimination
dans leur vie professionnelle.
Pour un enfant atteint par le VHC, il n’y
a aucune obligation de prévenir les enseignants
ou l’établissement. Si vous souhaitez
cependant que quelqu’un soit informé,
vous pouvez parler au médecin ou à
l’infirmière scolaire : ils sont
soumis au secret médical.
Il est conseillé de mettre au courant
les professionnels de santé amenés
à vous soigner. En principe, pour se
prémunir des risques de contamination
par le VHC, ils doivent adopter les mêmes
précautions avec tous les patients, sans
exception. Mais les informer permet aussi de
vous
protéger. Le professionnel de santé
pourra ainsi vérifier que ses prescriptions
sont compatibles avec votre état (certains
médicaments sont contre-indiqués
avec l’hépatite C).
•
Comment savoir si mon organisme
a éliminé le virus ?
À la suite d’une hépatite
C aiguë, qui passe souvent inaperçue,
une personne sur cinq élimine naturellement
le virus. Pourtant, le test de dépistage
reste positif chez les personnes qui ont guéri
spontanément, car des anticorps demeurent
dans l’organisme. Après un test positif,
il faut donc vérifier si le virus est toujours
présent dans le sang : on recherche soit
le génome (ARN) du virus, en utilisant
une technique dite “d’amplification
génomique” (PCR), soit l’antigène
du virus (Ag VHC), grâce à une autre
technique. Si la recherche du virus est négative
deux fois à plus de trois mois d’intervalle,
cela signifie que votre organisme s’est
débarrassé du virus : vous êtes
guéri. Si cette recherche est positive,
le virus est toujours présent. Un bilan
complet et un suivi médical adapté
sont indispensables.
“ Attention aux faux négatifs ”
Chez une personne immunodéprimée,
le résultat du test Elisa peut être
négatif alors que le VHC est présent.
De même, si une personne séropositive
au VIH avait une faible immunité (peu de
T4) au moment de sa contamination par le virus
de l’hépatite C, il est possible
que l'organisme n’ait pas produit suffisamment
d'anticorps contre le VHC pour qu’ils soient
détectés par le test de dépistage.
En cas de séropositivité au VIH,
même si le test de dépistage de
l’hépatite C est négatif,
il faut faire une PCR.
•
Quels sont les examens nécessaires
pour mon suivi, et à quoi servent-ils ?
Le dosage des transaminases : Des enzymes, appelées
transaminases, sont présentes dans les
cellules du foie et des muscles. On distingue
les transaminases ALAT (ou SGPT) et ASAT (ou SGOT).
Lorsque des cellules du foie sont détruites,
des transaminases sont libérées
dans le sang. Tout le monde a des transaminases
dans le sang. Mais au-delà d’une
certaine norme, cela révèle une
atteinte du foie. L’augmentation des transaminases
ALAT est significative d’une hépatite
C virale.
En revanche, l’élévation
des transaminases ASAT indique souvent une intoxication
du foie par l’alcool ou les médicaments.
Au cours d’une hépatite aiguë,
c’est-à-dire dans les quatre à
six semaines qui suivent la contamination, l’augmentation
des transaminases est très importante
: entre 10 à 50 fois la norme.
Lorsque l’hépatite devient chronique,
l’élévation des transaminases
dans le sang peut varier de 1 à 5 fois
la norme. Chez les personnes atteintes d’une
hépatite C dite minime (la moitié
d’entre nous), le taux de transaminases
s’élève le plus souvent
à environ deux fois la norme. Ce dosage
est normal pour une personne atteinte d’hépatite
chronique sur quatre. Or, parmi ces personnes,
une sur cinq a déjà des lésions
importantes du foie. Même si votre taux
de transaminases est normal, mieux vaut toujours
consulter un spécialiste et envisager
des examens complémentaires (biopsie
ou marqueurs de fibrose).
Notre taux de transaminases peut augmenter
entre deux prises de
sang. Cela ne signifie pas forcément
une aggravation de notre
hépatite C. Un bon repas, une activité
physique intense ou la prise
d’un médicament peuvent aussi faire
monter les transaminases.
En l’absence de traitement, le dosage
des transaminases, effectué à
partir d’une prise de sang, reste un élément
essentiel de la surveillance des hépatants
: nous recommandons de le réaliser tous
les trois à six mois.
La détermination du génotype
du virus : Il existe plusieurs génotypes
du VHC : ce sont différentes souches
du même virus. Cet examen, effectué
une seule fois, permet de déterminer
la durée du traitement éventuel.
La mesure de la charge virale : Elle indique
la quantité de virus présente
dans le sang. Cet examen n’est pas nécessaire
si un traitement n’est pas envisagé
: en effet, dans l’hépatite C,
la charge virale n’a pas d’incidence
sur la gravité de la maladie et l’évolution
des lésions du foie.
L’échographie du foie : L’échographie
permet de mesurer le volume de l’organe
(un foie malade peut être plus petit ou
plus gros que la normale), de vérifier
l’état des voies biliaires et de
détecter des anomalies : cirrhose, tumeurs
bénignes (kystes) ou malignes (cancers).
L’échographie du foie est très
souvent normale en cas d’hépatite
C. Une échographie est systématiquement
effectuée avant une biopsie.
En cas de cirrhose, cet examen doit être
renouvelé tous les 3 à 6 mois
pour déceler les premiers
signes d'un éventuel cancer.
La biopsie : La biopsie est actuellement le
seul examen qui permette de connaître
précisément les lésions
du foie (fibroses) et d’évaluer
la gravité de l’hépatite.
Elle donne au médecin des indications
précieuses pour discuter avec vous de
la mise en route d’un traitement.
La biopsie, appelée aussi “ponction
biopsie hépatique (PBH)”, consiste
à aspirer avec une aiguille un tout petit
fragment de foie : du diamètre d’un
demi-vermicelle, celui-ci se reconstitue en
quelques heures.
Pour une biopsie intercostale (la plus fréquente),
vous êtes allongé sur le dos ;
l’aiguille, très fine, est glissée
entre deux côtes, sur le flanc droit.
La piqûre ne dure quelques secondes. Après
la biopsie, une douleur peut être ressentie
au niveau du foie ou de l’épaule
: les médicaments anti-douleur permettent
de la supprimer.
La biopsie transjugulaire, plus rare, est réalisée
chez les personnes dialysées ou ayant
des problèmes de coagulation : le fragment
de foie est alors prélevé en faisant
passer un tube fin dans une veine.
La biopsie est le plus souvent pratiquée
sous anesthésie locale. Si vous êtes
très angoissé, votre médecin
peut vous prescrire des médicaments contre
l’anxiété (anxiolytiques)
à prendre avant l’examen. Si vous
le souhaitez vraiment, vous pouvez demander
à être endormi totalement. Si c’est
le cas, pensez à le signaler à
l’avance.
Nous appréhendons tous la biopsie, surtout
la première fois, et c’est bien
normal. Certains négligent même
leur suivi médical parce qu’ils
ont peur de subir cet examen. Pourtant, la biopsie
est généralement peu douloureuse
et n’entraîne aucune complication
si l’on suit les recommandations d’usage
:
• Ne pas prendre de médicaments
anticoagulants ou d’aspirine
dix jours avant et une semaine après
la biopsie ;
• Arriver à jeun (vous pouvez cependant
prendre vos médicaments
habituels, sauf s’il s’agit d’aspirine
et ses dérivés)
• Rester allongé pendant six heures
après la biopsie ;
• Ne pas pratiquer d’activité
physique intense pendant les trois jours
suivant l’examen ;
• Prévenir son médecin en
cas de douleur ou de grande fatigue
dans les jours qui suivent.
La biopsie intercostale nécessite une
hospitalisation en ambulatoire, c’est-à-dire
pour la journée. Il est impératif
d’être accompagné pour rentrer
chez vous le soir et de ne pas rester seul (e)
la nuit suivante. Souvent, pour assurer une
bonne surveillance, les médecins recommandent
de dormir à l’hôpital après
l’examen, surtout si vous habitez à
plus de trente minutes d’un centre hospitalier.
Une alternative à la biopsie : Aujourd’hui,
de nouveaux tests biologiques (les marqueurs
de fibrose) permettent d’estimer l’activité
de l’hépatite et le degré
de fibrose à partir d’un échantillon
de sang. Une personne sur deux peut ainsi éviter
la biopsie. Ces tests ne sont pas totalement
remboursés par la Sécurité
sociale. SOS Hépatites demande la prise
en charge complète de ces examens.
Que signifient les résultats d’une
biopsie ? Les résultats de la biopsie
du foie sont disponibles entre trois semaines
et deux mois après le prélèvement
; ils sont donnés sous la forme d’un
score appelé Métavir.
Les problèmes les plus courants sont :
La fatigue.
La dépression.
Les douleurs articulaires.
Le purpura.
La sécheresse de la peau.
Les démangeaison (prurit).
Le lichen plan.
La sécheresse de la bouche et des yeux
(syndrome sec).
Les affections thyroïdiennes.
•
Qu’est-ce qu’une
cirrhose et quelles en sont les conséquences
?
Il s'agit d'une maladie grave du foie, qui s'accompagne
de lésions irréversibles si elle
n’est pas traitée. Une cirrhose correspond
au stade F4 du score Métavir (voir brochure
n°5, “Je surveille mon hépatite
C”).
La cirrhose se caractérise par un dépôt
de protéines, qui sont des fibres de collagène
synthétisées par le foie. Dans le
cas de la cirrhose, il y a surproduction de ces
fibres et/ou diminution de leur dégradation
naturelle. L'excès de fibres s'accumule
autour des cellules du foie, les empêchant
d’être en contact avec le sang et
de fonctionner correctement. Ces groupes de cellules,
isolées du reste du foie par la fibrose,
forment des amas, appelés nodules de régénération,
qui sont parfois visibles à l’échographie.
Le phénomène de constitution de
la cirrhose provoque un durcissement du foie,
qui devient rigide et difficilement perméable
à la circulation sanguine. En bref, la
cirrhose désorganise la structure du foie
et modifie l’organisation de ses fonctions.
La perturbation de la circulation du sang :
Normalement, le sang venant des intestins et
de la rate parvient au foie par la veine porte.
En cas de cirrhose, la circulation sanguine
dans le foie se trouve bloquée, ce qui
peut provoquer le gonflement du foie et parfois
de la rate. Le sang venant des intestins est
alors forcé de trouver un autre chemin
autour du foie, et il emprunte des veines qui
ne sont pas adaptées à cette circulation.
Ces vaisseaux sanguins saturés se transforment
en varices gastro-œsophagiennes, qui peuvent
éclater et entraîner des hémorragies
dans l’estomac ou l'œsophage. Le
sang peut aussi s’accumuler dans les veines
du tube digestif : c’est l’hypertension
portale. Les personnes atteintes de cirrhose
peuvent également saigner et avoir facilement
des bleus, à cause de la diminution de
fabrication des éléments intervenant
dans la coagulation du sang.
La perturbation des fonctions du foie : La
cirrhose entraîne une perturbation de
plus en plus importante des fonctions du foie
(insuffisance hépatique). Comme le foie
ne joue plus correctement son rôle, les
protéines, entre autres l’albumine,
sont produites en quantité insuffisante,
ce qui induit une accumulation de liquide dans
les jambes (œdème) ou dans l'abdomen
(ascite) : les jambes et le ventre peuvent gonfler.
On peut également ressentir d'intenses
démangeaisons, parfois associées
à une coloration jaune du visage et des
yeux (jaunisse). Le mauvais fonctionnement du
foie peut aussi avoir des répercussions
sur d’autres organes (rein) et engendrer
d’autres maladies (diabète, cholestérol).
•
Le tatouage et le piercing sont-ils des pratiques
à risque ?
• Le réseau
Ville-Hôpital Hépatite C de Franche-Comté
(avec la participation de la DRASS, SOS Hépatites
Franche-Comté…) édite un flyer
sur les pratiques du piercing et du tatouage 808
ko
• INPES (Institut
National de Prévention et d'Education pour
la Santé) édite un dépliant
sur les mesures élémentaires de
prévention.
652 ko
• Implications techniques et médicales
en body-piercing et modifications corporelles
>>En
savoir plus
• Guide des règles d'hygiène
du piercing à l'usage des professionnels
(par l'Assistance des Hôpitaux de Paris)
>>Consulter
le guide • Le tatouage vous a tenté
mais vous souhaitez aujourd’hui vous en
débarrasser.
Il est possible de le faire disparaître
grâce à des techniques médicales
de plus en plus performantes>>En
savoir plus