Le dépistage

Pourquoi se faire dépister ?

On estime que, en France, 150 000 personnes ignorent être porteuses du virus de l’hépatite B et 70 000 de celui de l’hépatite C.

Dépister l’hépatite B, c’est permettre non seulement la prise en charge des personnes contaminées, mais aussi protéger leur entourage grâce à la vaccination.

Dépister l’hépatite C, c’est offrir la possibilité d’une guérison en 8 ou 12 semaines de traitement.

C’est la raison pour laquelle les experts recommandent à tout le monde de pratiquer, au moins une fois dans la vie, le dépistage des virus des hépatites B et C, sans oublier le VIH. Et, pour les personnes présentant un risque particulier (cf. ci-dessous), il faut le faire sans attendre !

Par ailleurs, la recherche systématique des virus des hépatites B et C est obligatoire à l’occasion d’un don de sang, et toute femme enceinte doit avoir obligatoirement un test de l’hépatite B avant la fin du sixième mois de grossesse.

10 bonnes raisons de se faire dépister sans attendre

Répondez aux 10 questions suivantes. Une seule réponse positive suffit pour considérer que vous présentez un risque particulier de contamination par le virus de l’hépatite B ou celui de l’hépatite C.

• J’ai été transfusé avant 1992.
• J’ai essayé des drogues, même il y a longtemps, même une seule fois, soit par sniff, soit par injection, ou j’ai partagé du petit matériel d’injection.
• J’ai eu une opération chirurgicale (y compris dentaire).
• J’ai été hospitalisée pour des soins lourds.
• Ma mère est porteuse du virus de l’hépatite B ou C.
• Mon (ou ma) partenaire est porteur du virus de l’hépatite B ou C.
• Un des membres de ma famille proche est porteur du virus de l’hépatite B ou C.
• J’ai eu des examens médicaux transcutanés ou recours à l’acupuncture.
• Je me suis fait faire un piercing ou un tatouage (hors boutiques réglementées).
• J’ai été incarcéré à un moment de ma vie.

Doivent également se faire dépister de l’hépatite C…

Les personnes ayant reçu certains soins médicaux avant 1992. Jusqu’à cette date, de nombreux actes médicaux ont pu favoriser la transmission du virus de l’hépatite C :

o transfusion, administration de dérivés du sang (avant 1990),
o greffe, chirurgie lourde, séjour en réanimation,
o accouchement difficile,
o hémorragie digestive, soins à la naissance (néonatalogie, pédiatrie),
o actes invasifs, avec un risque résiduel jusqu’en 1997 (par exemple, endoscopie avec biopsie).

Quelle que soit la date, toutes les personnes dont le sang a pu être en contact avec du sang contaminé par le virus de l’hépatite C. Outre les cas cités plus haut (usagers de drogues, personnes dont la mère était porteuse du virus, anciens prisonniers…), sont également concernées :

o les personnes dialysées ;
o les personnes ayant pratiqué un tatouage, piercing, la mésothérapie ou l’acupuncture sans utilisation de matériel à usage unique ;
o les personnes ayant reçu des soins dans des pays à forte prévalence du virus de l’hépatite C (Asie du Sud-Est, Moyen-Orient, Afrique, Amérique du Sud) ;
o les personnes ayant une infection par le VIH ou une hépatite B.

Les personnes présentant certains signes susceptibles d’évoquer une hépatite : une élévation, même minime, des transaminases ALAT (SGPT) ; asthénie (fatigue) importante, prolongée et inexpliquée ; antécédent d’ictère (jaunisse) non expliqué…

Où faire un test ?

Le test de dépistage des hépatites se fait sur une simple prise de sang. Cet examen est réalisé, sur prescription médicale, dans l’ensemble des laboratoires d’analyses biologiques. Il n’est pas nécessaire d’être à jeun pour en bénéficier.
Le dépistage de l’hépatite B et de l’hépatite C peut aussi être réalisé dans un CEGIDD (Centre gratuit d’information, de dépistage et de diagnostic des virus de l’immunodéficience humaine (VIH), des hépatites et des infections sexuellement transmissibles). La liste des CEGIDD peut être consultée sur le site de Sida Info Service.

La démarche est la suivante :

• Rencontrer un médecin, qui peut être le médecin traitant ou le médecin du CEGIDD. Celui-ci évalue les risques et détermine le meilleur moment pour réaliser le test. C’est à cette occasion qu’on peut également s’informer auprès du médecin des risques et de la prévention.

• Si le test est nécessaire, il sera réalisé au laboratoire d’analyses (pour une prescription de ville), ou directement au CEGIDD. L’examen biologique est remboursé à 100 % aux assurés sociaux. Au CEGIDD, l’ensemble de la démarche est gratuite (et anonyme), que l’on soit ou non assuré social.

Le résultat est rendu quelques jours après. Quel que soit le résultat, c’est le médecin qui l’a prescrit qui doit en expliquer le sens : un test positif ne veut pas forcément dire qu’on a une hépatite, et un test peut être négatif alors qu’on vient d’être contaminé. Il lui revient aussi de donner les conseils appropriés : réalisation d’examens complémentaires, vaccination contre l’hépatite B, recommandations de prévention, etc.

Attention !

• Les tests des hépatites ne sont pas réalisés lors d’un « bilan complet ». Il s’agit toujours d’une prescription spécifique donnant lieu à un résultat écrit.

• Le résultat ne donne d’indication que sur la situation de la personne qui a fait le test. Si vous avez un test négatif pour une hépatite, cela ne veut pas dire que votre partenaire ne l’a pas.

Les TROD, ou tests rapides d’orientation diagnostique

En complément de l’offre traditionnelle de dépistage il est désormais possible de pratiquer un Test rapide d’orientation diagnostique (TROD). Pratiqués depuis plusieurs années pour le VIH, ils sont désormais autorisés pour le virus de l’hépatite C.

– Les TROD, c’est quoi ? Il existe plusieurs types de TROD. Leur point commun : permettre une évaluation simple et rapide, avec un résultat quasi immédiat (15 à 40 minutes après le prélèvement d’une goutte de sang sur le bout du doigt, ou de salive), et sans passer par un laboratoire d’analyses biologiques. Début 2018, seuls les TROD pour VIH et le virus de l’hépatite C étaient autorisés en France (associations et structures médico-sociales). Mais il en existe aussi pour le virus de l’hépatite B, ainsi que des « multiplots » destinés au diagnostic simultané du VIH et des hépatites B et C. En 2016, la Haute autorité de santé a clairement pris position en faveur de ces nouveaux Trod, dont on attend toujours l’homologation.

– Les TROD, pour qui ? Ils s’adressent aux personnes les plus exposées au risque de transmission du VHC (mais aussi du VIH) ou les plus isolées du système de soins. Chez les usagers de drogues par voie intraveineuse, ils permettent de pratiquer plus régulièrement un test de l’hépatite C. Mais plus généralement, le Trod peut être réalisé chez toute personne clairement informée des avantages et limites du test, et ayant donné son consentement libre et éclairé.

– Le TROD, par qui ? Les TROD peuvent être pratiqués par du personnel soignant, dans un cabinet ou un centre à vocation médico-sociale (les CSAPA, ou centres de soins, d’accompagnement et de prévention en addictologie, les CAARUD, ou centres d’accueil et d’accompagnement à la réduction des risques pour usagers de drogues), mais aussi par des « structures associatives impliquées dans la prévention sanitaire ou la réduction des risques et des dommages associés à la consommation de substances psychoactives », parmi lesquelles SOS Hépatites, dans des conditions rigoureusement définies par un arrêté du 1er août 2016.

– Les TROD, et après ? La lecture du TROD se fait un peu comme sur un test de grossesse. Si le TROD donne un résultat positif, une confirmation par prise de sang sera nécessaire, et la personne sera systématiquement orientée (voire accompagnée si nécessaire) vers un médecin, un établissement de santé ou un service de santé.