LES HÉPATANTS NE DOIVENT PAS FAIRE LE PONT…

La semaine du 8 mai n’est pas un pont, mais un viaduc. Mardi et jeudi fériés et le jeu des Français est là. Faire des ponts : je pose trois jours de congé et j’ai une semaine de vacances. Et peu importe, si les plus jeunes ne savent plus s’ils doivent ce jour férié à la guerre ou à la religion.

Je ne souhaite pas disserter sur les jours fériés… Mais je voudrais parler de ponts, le pont du Gard, le Tower Bridge, les ponts Levis, les ponts aériens, les ponts suspendus, le pont de la rivière Kwai, les ponts et chaussées, les ponts de singe, pont aven, les ponts comme exercice d’assouplissement en gymnastique et le magnifique « couper les ponts ».

Mais les ponts sont la terreur de tous les hépatants, même s’ils ne le savent pas. Car même si c’est un nom commun, le mot « pont » peut devenir un adjectif et caractériser une fibrose, on parle de « fibrose en pont » et c’est ce qui caractérise et définit la cirrhose !

La cirrhose est la désorganisation de l’architecture du foie. Lorsque le foie est attaqué de façon chronique, et quelle qu’en soit la cause, il va fabriquer du tissu cicatriciel : la fibrose.

Cette fibrose se dépose autour des espaces portes et des veines centro-lobulaires. Lorsque cette fibrose s’accumule, des arches de fibrose qui se sont construits, soit à partir des veino-centro-lobulaires où des vaisseaux portes finissent par se rejoindre et on dit alors que les arches se sont rejointes et c’est la définition « d’un pont de fibrose ».

La fibrose, lorsque que l’on examine le foie au microscope (après une biopsie) est côtée de 0 à 4 :

F0 pas de fibrose
F1 fibrose minime
F2 fibrose significative
F3 fibrose sévère et
F4 visualisation de ponts de fibrose et donc diagnostic de cirrhose.

 

 

 

 

 

 

 

 

Voilà pourquoi les hépatants n’aiment pas les ponts, même au mois de mai !

Je suis un doux rêveur, mais on sait aujourd’hui que dans certaines conditions, la fibrose peut régresser et la cirrhose aussi.

Alors, je rêve du jour où les malades hépatants n’auront plus de risque de « finir sous les ponts »…

 

Pascal Mélin

 

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