LE VIRUS DE LA GRIPPE EST LÀ, LE VACCIN AUSSI

Il y a trois ans, le virus H1N1 de la grippe semait la terreur. À cette occasion, SOS hépatites avait interrogé les médecins de l’AFEF sur l’intérêt du vaccin antigrippal. On sait en effet que les patients porteurs d’une cirrhose, quel qu’en soit la cause, risquent en cas d’infection de voir leur maladie hépatique s’aggraver brutalement.

Chaque année, la sécurité sociale invite plusieurs millions de personnes, pour qui une grippe pourrait être fatale, à se faire vacciner. On y retrouve tous les seniors, mais aussi les diabétiques, les patients souffrant de cancer, les obèses, etc… Cette vaccination est alors prise en charge à 100%.

Après une enquête rapide auprès de nos adhérents, nous avions constaté que les personnes atteintes de cirrhose ne recevaient pas d’invitation à la vaccination alors que les sociétés savantes et le haut comité à la vaccination les recommandaient clairement. Nous avions alors interpellé le ministre de la santé et avions découvert que la sécurité sociale n’avait pas les moyens de savoir qui était porteur d’une cirrhose. En effet, les invitations sont envoyées sur des critères d’âge ou de mise en ALD (affection de longue durée). Mais, le problème est que l’ALD 30 qui comprend les maladies hépatiques ne concerne pas que des personnes en stade de cirrhose. Heureusement !

Le fichier des ALD n’était visiblement pas suffisant ! Aujourd’hui, les possibilités informatiques ont permis de remédier à ce problème, mais nous souhaiterions savoir s’il n’y a pas encore d’oublis !

Alors merci de nous appeler sur notre numéro vert si vous êtes porteur d’une cirrhose et que vous n’avez pas reçu d’invitation à la vaccination, mais surtout parlez-en à votre médecin.

Depuis le 10 octobre, les vaccins sont disponibles et les invitations ont commencé à arriver dans les boites aux lettres. Chaque année, plusieurs centaines de personnes meurent de la grippe. Se vacciner, c’est pouvoir se protéger, n’attendez pas d’y être invité, invitez-vous !

Pascal Mélin

MON CHER CONFRÈRE, VOUS M’AVEZ MIS EN COLERE…

Monsieur et cher confrère, vous ne me connaissez pas, nous n’avons jamais été présentés et pourtant votre comportement m’a mis en colère.

Votre fille est scolarisée au collège 67 hectares d’Antananarivo… Vous avez donc été informé, comme tous les parents, qu’Amsolid et SOS Hépatites mettaient en place un projet visant à dépister et vacciner les jeunes filles contre l’hépatite B. Les enfants ont été informés de ce programme. Ils ont reçu des cours et des informations dans ce sens et tous les parents ont donc dû signer une autorisation de réalisation de TROD et de vaccination. Malheureusement, vous avez cru bon de ne pas signer cette autorisation et de plus vous avez contacté la directrice du collège pour lui dire : « Madame, en tant que médecin malgache je sais que le vaccin contre l’hépatite B est dangereux et à ce titre l’Etat français a suspendu son utilisation, je m’oppose donc à la vaccination de ma fille ».

Monsieur et cher confrère, sachez que seule la France il y a 20 ans a émis un doute sur l’innocuité du vaccin contre l’hépatite B en avançant le principe de précaution à l’époque.

En France, l’épidémie d’hépatite B ne touche que 0,3% de la population. À ce jour, les différentes études indépendantes ont prouvé qu’il n’y avait aucun risque avec le vaccin contre l’hépatite B. Et depuis, la vaccination a repris avec l’arrivée du vaccin hexavalent. Permettez-moi de vous dire que dans un pays comme Madagascar où plus de 8% de la population est infectée, il est alors absurde et dangereux de prendre le risque de la contamination pour votre fille en refusant de la vacciner.

Seuls 25 % des parents des filles concernées auront au final refusé le dépistage et la vaccination. J’ai demandé aux représentants d’Amsolid sud, aux représentants des associations de parents d’élèves et aux enseignants de tenter d’analyser ces refus ? S’agissait-il d’un manque d’informations ? De la peur d’être sollicité financièrement, ou bien encore de la peur de savoir ?

En tout cas, monsieur et cher confrère, des positions médicales comme la votre sont dangereuse à Madagascar. Mais ce qui me console, c’est que si par malheur votre fille était contaminée, vous faites partie de l’élite sociale qui aura les moyens de traiter son enfant ; ce qui est loin d être le cas des autres collégiens que nous avons rencontrés.

Je suis en colère contre vous, et je suis en colère contre la France. Quand je constate que 20 années se sont écoulées depuis la suspicion non fondée et très franco-française contre le vaccin, pour autant celle-ci s’est répandue bien au-delà de nos frontières. N’est-ce pas là un néocolonialisme sanitaire négatif qu’il faut combattre ? La pire des épidémies et la plus transmissible est celle des idées reçues.

Pascal Mélin