DU NEXAVAR AU STIVARGA…

Demain, je serai en formation sur le cancer du foie…

Et je ne peux m’empêcher de me souvenir des phrases de ces patients emportés par un cancer du foie.

Demain, on va parler de forme histologique, de signature génétique, de séquençage etc, etc. Mais quelle place pour le patient et sa parole ?

Les laboratoires Bayer sont les leaders dans le cancer du foie. Il y a quelques années, ils ont cru dans le Sorafenib (Nexavar) chimiothérapie per os. Cette molécule destinée aux patients à un stade avancé de cancer du foie était un véritable miracle ! Quelqu’un s’intéressait au cancer du foie qui avait pourtant une si mauvaise réputation. Et là, pour la première fois, grâce au Sorafenib, on pouvait presque doubler le temps de vie restant aux personnes atteintes d’un cancer du foie dépassé.

Les laboratoires récidivent avec le Stivarga. Nouveau traitement, en prise orale également, ayant les mêmes indications. Mais son positionnement a une particularité ; il peut être utilisé après l’échec du Nexavar ! Car c’est là, un effet particulier des tumeurs, elles répondent à la chimiothérapie dans un premier temps, puis résistent, c’est alors le traitement de deuxième ligne !

Les choses semblent simples comme ça… Pourtant, écoutez cette histoire.

Un patient a pris du Nexavar pendant deux ans. Pendant deux ans, je lui ai expliqué l’importance de la prise journalière, matin et soir pour ne pas laisser une chance à sa tumeur !

Puis deux ans plus tard, je lui présente son nouveau traitement le Stivarga et je lui dis « Le traitement, c’est trois semaines sur quatre, votre corps a une semaine pour se remettre. »

Et la question tombait, cinglante, directe, froide et brutale comme la représentation d’un malade : « Mais docteur, depuis deux ans vous me dites qu’il ne faut pas laisser la tumeur se reposer ! »

Que la parole des malades est juste quand elle nous met en face de nos incohérences… Mais demain, je serai un médecin qui apprend…

Et lundi, j’espère être encore un médecin qui écoute.

Pascal Mélin

 

 

Partager l'article

121227

Un commentaire sur “DU NEXAVAR AU STIVARGA…

  1. Un médecin qui grandi avec ses expériences c’est cela la grandeur! Qu’elle belle leçon de rappel par ce patient lorsque que l’on a trop souvent la tête dans le guidon! Cela nous rappelle aussi que le temps limité pour son patient montre trop souvent que le soignant ne peut pas toujours répondre à tout ce qui entoure la pathologie. Cela me fait repenser que nous avons l’ETP pour palier à ce manquement et que la solution doit peut-être ressortir de ce petit coin du chapeau…
    Khaled

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée.