VINUM ET CIRCENSES OU OU QUAND L’ÉCONOMISME NUIT GRAVEMENT A LA SANTÉ

 

Dr. Mario Blaise, psychiatre, chef de service du centre médical Marmottan
Dr. Marc Valleur, psychiatre, centre médical Marmottan

Depuis quelques mois, sans pour autant qu’il n’y ait de politique encore clairement définie concernant les addictions, plusieurs signaux inquiétants émanent du gouvernement : tentative de promouvoir les bienfaits du vin par rapport aux autres alcools, projet de privatisation de la Française des jeux, contraventionnalisation pour les fumeurs de joints… Ces mesures semblent plus motivées par des considérations économiques que de santé.

Avec raison, plusieurs confrères addictologues ont réagi aux propos du Président de la République, qui a déclaré « il y a fléau quand la jeunesse se saoule à vitesse accélérée avec des alcools forts ou de la bière, mais ce n’est pas avec le vin ».

En soutien à la ministre de la Santé, les addictologues rappellent que « vu du foie, le vin c’est bien de l’alcool », et que 50 000 morts par an – au moins – sont attribués à l’alcool en France.
Le « binge drinking » des jeunes gens, pour spectaculaire et inquiétant qu’il puisse être, n’est pas le principal « fléau » lié à la consommation d’alcool, et les risques hépatiques, cérébraux, cardiovasculaires ne frappent évidemment pas que des jeunes.

Rappelons donc à leur suite que l’on sait bien que vin, bière et alcools forts contiennent le même unique principe actif, l’éthanol, et que ce fait est connu depuis la découverte de cette molécule par Lavoisier. Seule change sa concentration, d’ailleurs en moyenne deux fois moins forte dans la bière que dans le vin.

Mais tout cela est su et connu depuis bien longtemps : au XIXe siècle, après les travaux de médecins comme Magnan ou Legrain, « l’assommoir » de Zola aurait dû rendre impossible cette défense du vin. Mais à l’époque déjà, les intérêts des viticulteurs étaient en France trop importants, et les discussions sur le « fléau », après une diabolisation de l’absinthe, finirent par aboutir en 1916 à une loi d’interdiction… de l’opium.
Pourquoi donc aujourd’hui encore nier l’évidence au point d’oublier un siècle de travaux sur l’alcool et l’alcoolisme ?

Pour les producteurs, il s’agit d’éviter que leur produit soit assimilé à une « drogue », à un fléau comme l’évoque le Président de la République, et d’essayer de faire du vin un emblème culturel national, un produit de plaisir associé à la fête et à la convivialité. Or, toute approche clinique sérieuse des addictions dans leur ensemble, démontre que, s’il est des substances ou des conduites plus addictives que d’autres, aucune ne peut être sans risque.

Comme pour le vin, il a été difficile de faire admettre que le jeu d’argent puisse être à l’origine d’une addiction souvent dramatique : le jeu devrait être associé à la légèreté, aux loisirs, au rêve, et non à la maladie, à la dépression, à la ruine et au suicide. Nous avons mis des années pour que le jeu excessif soit enfin considéré comme un problème sanitaire, et, comme pour le vin, il nous faut le rappeler sans cesse. Le projet de privatisation de la Française des jeux et les déclarations lénifiantes de sa directrice marquent un retour en arrière, au temps où l’addiction au jeu n’était pas censée exister.

« Il ne faut pas emmerder les Français », dit l’actuel Président de la République, reprenant la formule de Pompidou. Pas besoin de trop de règlements, ni de trop de régulations et laissons faire les uns et les autres, et notamment les marchands. La régulation est un cauchemar pour les marchands, qui rêvent d’un marché totalement libre, qui se régulerait tout seul, selon ses fameuses lois, promues au rang des lois divines ou des lois de la physique. C’est bien cette idéologie du marché qui transforme chaque citoyen – chaque cible pour les marchands – en clients sommés à la fois de consommer le plus possible, sans entraves et sans tabous, et de savoir se contrôler et trouver seul ses limites. Or nous savons combien, pour parvenir à la modération avec des produits possiblement addictogènes, nous avons besoin d’un environnement favorable qui ne considère pas que ces produits soient des « marchandises comme les autres ». L’alcool, le tabac, les médicaments et autres substances psychoactives, mais aussi le jeu d’argent et le sexe ne sont pas des « marchandises comme les autres ». Tout comme il existe, fort heureusement, des régulations pour diverses marchandises à risques, de l’énergie aux pesticides, en passant par les armes.

Il faut le redire, la plupart des objets d’addiction sont des « pharmaka (le pluriel de pharmakon) à la fois remède, poison, et bouc émissaire », possiblement source de plaisir, voire médicaments bénéfiques, et « en même temps », de possibles poisons mortels.

Le vin est indéniablement une drogue très dangereuse, que notre culture permet à une majorité de citoyens d’utiliser de façon modérée ou festive.
Le jeu d’argent et de hasard est un passe-temps innocent pour une large majorité, mais il devient une véritable drogue pour ceux qui tombent dans une pratique addictive.
Après le jeu d’argent, l’OMS s’apprête à classer comme maladie l’addiction aux jeux en réseau sur Internet. Pourtant le jeu vidéo, loisir principal de notre civilisation, présente quanti-té d’avantages et de qualités… Sauf pour les quelques-uns qui en font un usage addictif.

Les temps ont changé depuis Pompidou, les intervenants en addictologie, en général plus habitués à dénoncer les excès de répression en matière de drogues illicites, se retrouvent à défendre des positions qui pourraient paraître liberticides. Le propos n’est pas de demander plus de prohibition ou de mesures sécuritaires, mais de ne pas, sous prétexte de liberté, continuer à déréguler certaines mesures comme la Loi Evin qui en matière d’addiction avait permis de belles avancées. Ne pas progressivement glisser d’un modèle contrôlé à un modèle libéral qui laisse les aspects sanitaires et sociaux au second plan, où une fois de plus la prévention et l’intervention précoce passeraient à la trappe.

Pour y voir clair, il faut cesser de croire à la réalité de la « ligne Maginot » qui sépare, avec une certaine mauvaise foi, les « drogues » d’un côté et de l’autre des marchandises qui ne seraient pas des « drogues » (c’est l’effet pervers de la diabolisation des substances illicites, d’innocenter a priori les autres produits). C’est autant la nature du produit que la régulation de son offre et de son usage qui permettent de définir sa dangerosité.
Pour chaque produit à risque, il faudrait une régulation adaptée et des informations suffisamment justes et précises pour réduire les risques liés à leur usage et, bien sûr, ne pas laisser aux marchands la responsabilité de cette régulation et de l’information. La crise actuelle des opiacés aux États-Unis est un « bon » exemple de dérégulation par le marché et le sys-tème de soins, à l’origine d’une véritable épidémie de morts par overdose difficile à enrayer. Une légalisation contrôlée du cannabis, par exemple, pourrait facilement faire con-sensus dans le monde des addictologues, mais à condition de ne pas être sauvage et ultralibérale. En revanche, des projets comme la privatisation, même partielle, de la Française des Jeux ou le détricotage de la loi Evin, nous font craindre que le vent libéral entraîne des formes de déréglementation mal contrôlée, sans autorités de régulation : cela pourrait transformer le jeu d’argent en drogue presque aussi dangereuse que le vin.

LA FRANCE SANS HÉPATITE C, C’EST MAINTENANT !

 

LA FRANCE SANS HEPATITE C, C’EST MAINTENANT !
SOS Hépatites lance un appel à la mobilisation générale
A l’occasion du congrès EASL qui se déroulera du 11 au 15 avril à Paris Expo – Porte de Versailles, SOS Hépatites vous invite à écouter ses propositions pour réussir ce pari fou, le 12 avril 2018 à 9h30 lors de sa conférence de presse qui se tiendra à : Paris Expo-Porte de Versailles, Pavillon 7, Salle East 3, Hall 7.3 – 1 place de la porte de Versailles, 75015 Paris 

Le gouvernement français a annoncé le 26 mars dernier un objectif d’éradication de l’hépatite C à l’horizon 2025.
Sept ans sans savoir qu’on a une hépatite C alors que des traitements, accessibles à tous depuis 2017, guérissent dans plus de 95 % des cas, c’est inadmissible ! Il est indispensable de se dépister pour savoir et agir !

Le 12 avril, la fédération SOS hépatites annoncera le lancement d’une campagne sans précédent pour accélérer le dépistage du VHC. L’enjeu : identifier le plus rapidement possible les quelque 75 000 porteurs chroniques non encore diagnostiqués, leur permettre d’accéder à la guérison et mettre fin aux nouvelles contaminations.

Le projet gouvernemental, s’il va dans la bonne direction, n’y suffira pas, loin s’en faut. Il reste axé sur l’identification des populations « à risques », et des dizaines de milliers de personnes risquent de passer à côté du dépistage.

La France a pourtant les moyens de faire beaucoup mieux. En fédérant les énergies, en réinventant le dépistage, en impliquant les citoyens dans une démarche de santé publique, elle peut devenir un laboratoire mondial de l’éradication de l’hépatite C, encore responsable de 400 000 décès annuels sur la planète.

A l’occasion du congrès EASL qui se déroulera du 11 au 15 avril à Paris Expo – Porte de Versailles, SOS Hépatites vous invite à écouter ses propositions pour réussir ce pari fou, le 12 avril 2018 à 9h30 lors de sa conférence de presse qui se tiendra à :

Paris Expo-Porte de Versailles, Pavillon 7, Salle East 3, Hall 7.3

1 place de la porte de Versailles, 75015 Paris

METRO : ligne 12 : station Porte de Versailles/ ligne 8 : station Balard
TRAMWAY : T2 et T3a, station Porte de Versailles – Parc des Expositions
BUS : ligne 80, station Porte de Versailles – Parc des Expositions et ligne 39 : station Desnouettes
(voir plan d’accès plus bas)

En présence de :

– Vidéos témoignages patients

– SOS Hépatites part en campagne pour faire de la France un laboratoire de l’éradication
Pascal Mélin, SOS Hépatites Fédération

– Les hépatologues avec les patients
Christophe Bureau, Société française d’hépatologie, AFEF (Toulouse)

– Les hôpitaux généraux se mobilisent
Isabelle Rosa, Association Hépato-Gastroentérologues Hôpitaux Généraux, ANGH (Créteil)

– Faire flèche de tout bois pour trouver les introuvables
Frédéric Chaffraix, SOS Hépatites Fédération

– Baromètre français de l’hépatite C & le projet « hôpital sans hépatite »
Marc Bourlière, Hôpital Saint-Joseph (Marseille)

Nous vous remercions de bien vouloir nous faire part de votre participation par retour de mail à fimpennati@impennatiandco.com

Bien cordialement
Pascal Mélin
Président de SOS Hépatites Fédération

Pour nous suivre : @SOS_hepatites ǀ sur notre site

 

 

LES MALADIES DU FOIE EN 2030, OU EN SERONS-NOUS ?

En 2030, où en serons nous ? On parlera avec regret des Jeux Olympiques de Paris en 2024. On dressera le bilan de l’hépatite C de l’OMS et du programme NO’HEP, qui avaient prévu la disparition de l’hépatite C de notre planète. En fait, l’hépatite C a bien disparu… Mais uniquement dans les pays riches. Sa persistance dans les pays pauvres n’a fait que dénoncer l’inégalité des moyens nord-sud et plus le temps passe, plus il est difficile de lever des fonds dans les pays riches, pour lutter contre les maladies qui n’existent plus que dans les pays pauvres

Qui se soucie de la mortalité infantile de Madagascar par tétanos du cordon ombilical, ou de la lutte contre la lèpre… Alors imaginons les différentes maladies du foie et leur devenir probable en 2030.

Tableau prévision

 

Il ne s’agit bien sûr que de prévisions, qui ne demandent qu’à être fausses. On pourrait avoir vacciné la planète contre l’hépatite B ou traité tous les malades porteurs de l’hépatite C. La stéatose pourrait être en recule grâce à une redistribution correcte de la nourriture au niveau mondiale.
La malnutrition des pays riches et la dénutrition des pays pauvres seraient le recto-verso d’un même problème. Mais d’ici là, nous continuerons de bousculer les idées tant en France qu’à l’étranger. Et surtout nous allons continuer de traquer les malades et les guérir. Tout cela est à suivre dans le baromètre de l’éradication de l’hépatite C.

 

OLYSIO® EST MORT…

Le siméprevir vendu sous le nom d’Olysio® est mort !

Il aura fallu moins de 4 ans ! C’est au printemps 2014, que le simeprevir se voit autoriser sa mise sur le marché par les autorités européennes, et c’est au premier trimestre 2018, qu’il est retiré de la vente.

Le laboratoire Janssen qui avait révolutionné la prise en charge de l’hépatite C, avec le télaprévir avait ensuite commercialisé le siméprévir.

Mais en quelques années, la vague de la révolution thérapeutique a balayé les molécules existantes.

Cette mort prématurée est significative de la frénésie de l’innovation.

Au XXe siècle, lorsqu’un laboratoire, après 10 ans de recherche, mettait sur le marché une molécule nouvelle, il avait devant lui une décennie de lisibilité du marché et donc des plans d’amortissement.

Au XXIe siècle, les choses s’accélèrent et la visibilité se réduit, ainsi toutes les innovations thérapeutiques en cancérologie ou en hépatologie demandent des coûts plus importants.

Il va falloir envisager une autre façon d’accompagner les innovations thérapeutiques.

Ce qui arrive est fort, une molécule qui révolutionne la prise en charge d’une pathologie n’aura vécu que quelques années.

L’innovation doit être reconnue et accompagnée et il doit y avoir une place correcte à tout ce qui est hépatant.

 

Pascal Mélin

 

 

VACCIN DE L’HÉPATITE B, ON NOUS AURAIT MENTI ?

Nous venons de connaître 1 an de pénurie pour le vaccin contre l’hépatite B et, il y a quelques semaines, le Ministère de la Santé a annoncé la fin de cette pénurie.

Le plan de crise prévoyait que les vaccins soient contingentés dans les pharmacies d’hôpitaux.

La pénurie étant finie, les pharmaciens hospitaliers ont été informés que pour fin mars, l’ensemble des demandes de vaccins devait être adressée à nouveau auprès des pharmacies de ville.

Nous sommes à quelques jours du mois d’avril et force est de constater qu’on nous a menti.

Dans plusieurs villes de France, des patients se sont présentés en pharmacie de ville avec une ordonnance de vaccin contre l’hépatite B.

Résultats : la délivrance de vaccin en ville n’est toujours pas possible. La pénurie serait donc persistante et ce, à 3 jours de la fin du dispositif de crise !

Dans le brouhaha médiatique et sanitaire actuel, il se pourrait bien que cette erreur de retour à la normale ne soit pas entendue.

Merci à tous les hépatants qui nous signaleront les lieux, où il est toujours impossible de se vacciner.

Nous nous engageons à faire remonter les informations auprès des autorités.

Pascal Mélin

 

VOLET PRÉVENTION DE LA STRATÉGIE NATIONALE DE SANTÉ…

Hier, lundi 26 mars, le Premier Ministre Edouard Philippe et la Ministre de la Santé Agnès Buzyn ont présenté le Plan Prévention sur la Santé, volet prévention de la Stratégie Nationale de Santé 2018 – 2022.

Ils ont tous deux présenté 25 mesures pour bien vieillir. 25 mesures pour faire reculer la mortalité précoce, qui est encore trop importante en France.

Ces mesures ont été présentées en mettant en avant la cohérence de tout le gouvernement et de tous les ministères.

La lutte contre les addictions a une part importante, mais la question maintenant est de savoir quelle enveloppe financière accompagnera ce plan ?

SOS Hépatites avait appelé de tous ses vœux, à l’intégration de la lutte contre l’hépatite C dans ce plan. Et c’est chose faite à travers la mesure 15 :

15. Intensifier les actions de prévention et de dépistage à destination des publics les plus exposés pour contribuer à l’élimination du virus de l’hépatite C en France à l’horizon 2025.

Contexte : L’OMS a défini un cadre mondial d’élimination des hépatites B et C au cours de l’assemblée mondiale de la santé 2014, dans lequel la France s’est engagée (définition internationale de l’élimination : 90 % de réduction d’incidence, 65 % de réduction de mortalité).

Depuis 2014, la possibilité de guérir de l’hépatite C est une réalité, grâce aux antiviraux à action directe (AAD). Des actions sont indispensables pour consolider les acquis et accélérer la prise en charge de l’hépatite C.

Objectifs : Eliminer l’hépatite C d’ici 2025.

Mesure : L’élimination de l’hépatite C à l’horizon 2025 repose sur 3 actions principales :

  1. renforcer l’accessibilité aux traitements de l’hépatite C, par l’ouverture à de nouveaux prescripteurs en favorisant les réseaux ville-hôpital ;
  2. renforcer le dépistage de proximité par Test Rapide d’Orientation Diagnostique (TROD) dans une approche combinée du VIH, VHC, VHB ;
  3. renforcer la prévention par des actions innovantes « d’aller-vers » pour toucher les publics prioritaires et éloignés du système de santé.

Oui, nous ne boudons pas notre plaisir, puisque nous avons là, l’annonce politique que nous attendions : « la France se met en marche pour être le 10ème pays sur la voie de l’éradication virale avant 2025 ! »

Il reste en France 70 000 personnes infectées à trouver, mais la plupart n’appartiennent pas à des groupes à risque.

Et il est là notre OUI MAIS, en ciblant les publics les plus exposés ou les plus vulnérables (selon le politiquement correcte acceptable), l’objectif de l’éradication va être difficile à atteindre. Car pour nous, l’objectif de l’éradication passe par un dépistage universel. Nous ne devons pas aller plus loin dans la stigmatisation. Il faut dépister les publics vulnérables certes, mais pas que….

Dans la proposition 1 retenue « renforcer l’accessibilité aux traitements de l’hépatite C par l’ouverture à de nouveaux prescripteurs, en favorisant les réseaux ville-hôpital », on voit réapparaitre le concept de réseau ville-hôpital qui avait disparu, mais avec quels moyens !

Dans la proposition 2 « renforcer le dépistage de proximité par Test Rapide d’Orientation Diagnostique (TROD) dans une approche combinée du VIH, VHC, VHB », on est heureux de voir que le dépistage des trois virus B/C/VIH est maintenant associé et que l’on attend les TROD multiplots.

Dans la proposition 3 « renforcer la prévention par des actions innovantes « d’aller-vers » pour toucher les publics prioritaires et éloignés du système de santé », on évoque la prévention par des actions innovantes auprès des publics prioritaires.

Et c’est là que nous les hépatants de SOS Hépatites on dit Ok.

ÉCOUTEZ CE QUE L’ON A Á VOUS DIRE !

Le jeudi 12 avril, lors de notre conférence de presse en parallèle du congrès européen d’hépatologie (EASL), nous lancerons notre grande campagne 2018.

SUIVEZ-NOUS ET VOUS SAUREZ LE 12 AVRIL.

 

Pascal Mélin

 

NE REVEILLEZ PAS UN MILITANT QUI DORT…

Je reviens d’un congrès portant sur l’hépatite C.

Celui-ci était très bien organisé et les échanges intéressants. Mais, le militant que je suis a senti la moutarde lui monter au nez. Car j’y ai entendu des dérapages sémantiques. Je ne voudrais pas être le Maître Capello de l’hépatologie, loin de là, mais quand même.

Rappelons qu’à l’heure du dépistage ciblé, tout ceux qui ont connu Maître Capello doivent être dépistés (ou Hélène et les garçons), mais je digresse, car aujourd’hui, mêmes ceux qui n’ont pas connu l’époque où, les téléphones étaient attachés aux murs par des fils doivent aussi se faire dépister au moins une fois.

Universalité, je t’oublie.

Bref, un des thèmes était : « Comment faire avec les malades difficiles ? »

On estime que 3 % de patients ne pourront pas être guéris, avec un traitement de base et que malgré un deuxième traitement renforcé, il y aura encore des échecs, ce qui amène à cette qualification de « malade difficile ».

Bien sûr, les raccourcis verbaux oublient de dire « malades difficiles à traiter », ce qui n’est pas la même chose.

Il m’est revenu mon combat d’il y a 10 ans, où l’on parlait de « répondeurs virologiques soutenus » et de « non-répondeurs ».

Quand les traitements étaient efficaces, c’est le virus qui répondait au traitement et en cas d’échec, c’était le malade qui était non-répondeur.
Dix ans après, on refait la même chose. L’échec du traitement par des AAD (antiviraux à action directe) qualifie le patient de malade difficile.

On pourrait comme pour les enfants que l’on qualifie volontiers de difficiles ou de turbulents, proposer la qualification de malade turbulent ou hyperactif ou qui n’écoute rien…

Messieurs les Hépatologues, soyons vigilants, les malades peuvent être difficiles à guérir, mais comme les enfants, ils sont rois.

 

Pascal Mélin

 

SANTÉ : LA MALADIE DU SODA, FLÉAU DU XXIE SIÈCLE

Cliquez sur l’image pour voir la vidéo explicative

 

France-info s’intéresse à la maladie du soda, aussi appelée NASH, pour laquelle l’animateur Pierre Ménès a notamment dû avoir recours à une greffe de foie.

La maladie du soda, aussi appelée syndrome du foie gras humain ou NASH (Stéatose hépatique non alcoolique) est une grave inflammation du foie.

Une pathologie qui n’est pas causée par l’alcool, mais par une accumulation de gras.

Pour rappel : dans notre corps, le sucre devient du gras. En buvant du soda tous les jours, on a ainsi 55 % de risque en plus de développer cette maladie.

C’est la maladie de XIXe siècle. Elle pourrait toucher 12 % des Français et la moitié de la population mondiale d’ici à 2030.

 

 

DÉRAPAGE DE LA FORMATION TROD

Voici une histoire qui s’est déroulée lors de la dernière formation TROD.

Pour des raisons de discrétion, je ne dirai pas ni où, ni qui cela concernait…

Lors de la première journée, on a répété à n’en plus finir qu’annoncer une hépatite C, c’est annoncer une guérison.

On est même allé jusqu’à dire que l’on offrait une guérison… Tous les professionnels présents étaient convaincus.

La deuxième journée, c’était les mises en situation et la réalisation des TROD. Ainsi, un malade militant de SOS hépatites était présent et s’est prêté aux jeux avec une infirmière. Tout deux se sont prêtés leur doigt pour faire un TROD.

Une fois les examens réalisés, n’écoutant pas le protocole qui consistait à faire les TROD l’un après l’autre, ce qui devait arriver arriva. Les deux TRODS se sont mélangés à tel point qu’on ne savait plus lequel, appartenait à qui.

L’infirmière découvrait le TROD positif et pensait qu’elle était porteuse d’une hépatite C. La réaction fut instantanée, elle explosa en pleurs et bien qu’on lui expliquât qu’il y avait eu une inversion des TROD, les émotions débordaient.

Cet exemple démontre bien que la connaissance rationnelle de l’hépatite C n’est pas suffisante, même si la guérison est possible.

La découverte d’une positivité amène un déferlement émotionnel, qui n’est pas contrôlable. Cette infirmière l’aura appris à ses dépens et se souviendra longtemps de cette expérience si enrichissante.

On a beau être formé, on n’est jamais totalement préparé à vivre le dépistage positif. L’accompagnement commence là !

 

Pascal Mélin

 

 

 

HÉPATITE C : 1 MILLION DE PERSONNES GUÉRIES…

 

Estimation officielle, la terre compte 70 millions de personnes porteuses du virus de l’hépatite C.

Mais à ce jour, 20 %, c’est-à-dire 14 millions de personnes, ont été dépistées. Mais, on estime que le taux de guérison à 1,5% vient de permettre, de passer la barre symbolique des 1 million de personnes guéries.

Mais dans le même temps, il persiste 1 750 000 contaminations chaque année ! L’épidémie continue donc de progresser à l’échelon planétaire.

Mais 2017/2018 devraient être des années de rupture, en effet, on nous annonce un nombre de personnes guéries, qui pourrait atteindre 3 millions.

La chose est remarquable et je ne cache pas ma joie. Mais, les 1,75 million de nouvelles contaminations restent inacceptables. Et si je défends la politique d’accès aux soins, un traitement pour tous, une guérison pour chacun, il est nécessaire d’améliorer la prévention.

Un grand nombre de ces nouvelles contaminations est dû à l’absence de sécurité transfusionnelle, à la mauvaise décontamination du matériel médical ou à l’usage multiple de seringues.

Nous n’avons pas pour l’instant de vaccin et nous devons donc avoir un regard neuf sur cette épidémie.

 

Pascal Mélin

 

 

HÉPATITE C : ON POURRAIT MAINTENANT FAIRE AUTREMENT…

En 2018, la puissance des traitements contre l’hépatite C permet d’atteindre 97 % de guérison chez les malades en moins de 12 semaines.

On doit maintenant s’orienter vers un dépistage le plus large possible.

Toutes les équipes médicales, addictologiques ou médico-sociales ont des idées pour optimiser le dépistage.

Mais en voici une, que nous n’avions peut-être pas eue.

Lors d’une opération chirurgicale d’un patient porteur d’hépatite C, le chirurgien a toujours le risque de se contaminer accidentellement.

Il y a deux types de chirurgie, l’une qualifiée de chaude et l’autre de froide.

1. Opérer à chaud, cela veut dire opérer en urgence

 2. Opérer à froid, cela signifie que l’on n’est pas dans une urgence, mais dans une chirurgie programmée, qui peut donc se poser et s’organiser dans les meilleures conditions

Prenons un exemple : lorsqu’un chirurgien doit envisager la pose d’une prothèse totale de hanche, il sécurise l’opération en collaboration avec l’anesthésiste. Pour cela, il est alors demandé des consultations de cardiologie, de pneumologie ou tous examens complémentaires nécessaires à la sécurisation du geste.
On pourrait imaginer, que le chirurgien puisse alors demander la réalisation d’une sérologie d’hépatite C. Plus fort encore, en 2018, il serait légitime de traiter l’hépatite C avant l’opération.
Ainsi, l’opération pourrait être plus sûre et avec moins de risques pour le chirurgien.

La guérison d’une hépatite C peut maintenant être le préalable à une chirurgie réglée.

Les effets attendus sont multiples, la guérison pour le patient, la sécurité pour le chirurgien, mais aussi la limitation des infections nosocomiales potentielles.

 

Pascal Mélin