HÉPATITE B CHRONIQUE : IL Y A DES GUÉRISONS SPONTANÉES…

Un patient, que je suis depuis plus de 15 ans, a eu cette bonne nouvelle.

Depuis 15 ans, sur chacun des bilans réalisés, il découvrait inlassablement qu’il était porteur chronique de l’AgHBs.

La maladie était là, mais pas suffisamment grave pour que l’on envisage un traitement. On qualifiait donc sa maladie, d’hépatite B chronique inactive.

Mais aux derniers examens du patient, surprise, l’antigène n’est plus là et cerise sur le gâteau, il a même réussi à produire des anticorps et à se débarrasser de ce virus.

On réalise de nouveau un contrôle sanguin et la bonne nouvelle est confirmée.

Après plus de 20 ans de maladie chronique, le patient a réussi à guérir de son hépatite B.

Cela n’arrive jamais avec une hépatite C ; passé la phase initiale, si vous êtes porteur chronique, vous le resterez toute votre vie.

Mais pour l’hépatite B, il existe 1 à 2 % de guérison, chaque année chez les porteurs chroniques.

Nous n’avons aucune explication claire de ce phénomène. Mais, la preuve en est que cela peut quand même arriver. Le corps finit par reconnaître, combattre et éliminer ce virus…

Cette belle histoire, nous rappelle que dans l’hépatite B, tout est possible.

Pascal Mélin

 

 

FESTIVAL DE BLOUSES

Retourner sa veste, une drôle d’expression non ? Elle nous vient de Charles-Emmanuelle de Savoie, qui voulait à la fois devenir roi d’Espagne et de France. Il portait une casaque réversible aux couleurs de chacun des deux pays. Il pouvait ainsi changer d’avis…

Le médecin ne se croit pas malade, mais il est un malade qui peut retourner sa veste.

Dans un hôpital, quel est le point commun entre un malade et un médecin ? Bravo, c’est la blouse !

La blouse dans un hôpital, c’est un code social, les galons d’une armée sanitaire : infirmière, aide-soignante, médecin ; blouse à manches ou non ; code couleur spécifique ; extrémités roses, bleues ou blanches.

Mais, les médecins ont un privilège ! Ils peuvent porter la blouse négligemment ouverte. Le stéthoscope autour du cou à la mode des internes des hôpitaux de Paris. La blouse ouverte en signe d’ouverture, de disponibilité, de rencontre de l’autre.

Les infirmières ou les aides-soignantes ont une blouse fermée sur la face avant. Les psychologues de comptoir pourraient dire que c’est là une mesure de protection de conservation d’un univers de bonne santé face à un univers de maladie.

Et le malade lui ? Il a aussi une blouse à moins qu’il ait une Blues (musique) ! Mais pour qu’on ne les confonde pas, malades et professionnels de santé, les blouses sont en général dans une matière différente.

Signe ultime de différenciation, le malade a sa blouse fermée sur le devant et ouverte derrière. Voilà la protection du corps que propose un hôpital, une blouse ouverte sur l’arrière.

Avez-vous déjà connu cette sensation d’humiliation ou vous devez marcher avec une blouse de ce type ?

De la main gauche vous poussez le pied à transfusion et de la droite vous vous contorsionnez pour tenir votre blouse fermée pour que tout le monde ne voit pas votre cul !

Que nous en diraient les psys ? C’est un signe de soumission ? Ouverte sur l’avant, un signe de pouvoir, fermée pour exécuter et ouverte sur l’arrière en signe de soumission.

L’hôpital a encore du chemin à faire pour s’humaniser, car aujourd’hui, on ne lui demande plus uniquement de soigner. Aujourd’hui, on veut être pris en considération, être connu et reconnu, mais aussi, accueilli et recueilli.

Ne riez plus jamais quand vous croiserez dans un hôpital un malade avec une blouse ouverte derrière car le pire, c’est qu’à force de souffrir, on l’accepte et on n’essaye plus de se protéger.

 

Pascal Mélin

 

 

TCHÉTCHÈNE DE VIE

Cet après-midi, la consultation était surprenante. Le foyer local des SDF accueille des réfugiés par dizaine et le CeGIDD y réalise des dépistages et de l’information. Bien sûr, en cas de résultats positifs, les patients sont rapidement vus en consultation.

Aujourd’hui, il y avait trois patients du foyer en consultation :

  • Deux jeunes hommes étaient porteurs d’hépatite B chronique et originaires du Soudan.
  • Le troisième était un homme d’une quarantaine d’années porteur d’une hépatite C et originaire de Tchétchénie.

Nous avons échangé en anglais, je lui ai donné des informations sur sa maladie puis nous avons cherché ensemble son mode de contamination. Il s’est alors déshabillé et m’a expliqué qu’en 2004, alors qu’il était soldat dans l’armée tchétchène, il avait été capturé par des ennemies russes, avant d’être torturé et laissé pour mort. Son corps parle de lui-même, on peut voir de nombreuses traces de coups de couteau sur son thorax et son abdomen, mais aussi les pieds et les mains. Il avait été sauvé in extrémiste, grâce à une transfusion et une opération.

Malheureusement, si en France, les dons de sang étaient systématiquement sécurisés contre l’hépatite C depuis dix ans, ils ne l’étaient pas en Tchétchénie en 2004. C’est ainsi qu’il avait été contaminé.
Aujourd’hui, il est sur le point d’être expulsé et reconduit à la frontière alors que le traitement est là, à portée de main. J’ai à nouveau réalisé des certificats pour demander son maintien sur le sol français et permettre son accès aux soins.

Dans le monde, le sang destiné à la transfusion n’est pas systématiquement dépisté contre l’hépatite C.

Le programme NO-HEP 2030 prévoit une sécurisation de plus de 90 % des poches de sang avant transfusion… Mais pour 2030…

Cette histoire montre bien que l’hépatite C prend un sens différent d’un endroit de la planète à l’autre.

En France, il ne suffit pas de déclarer UNIVERSEL, pour tous, l’accès aux traitements. Il faut faire en sorte qu’il le soit vraiment.

Ce patient pourra-t-il rester sur le sol français et guérir ?

À SUIVRE…

 

Pascal Mélin

 

L’HÉPATITE FMR…

Il faudra bien lui trouver un autre nom !

L’hépatite C sera bientôt détrônée. Après de nombreux ravages, nous avons des traitements efficaces en notre possession pour réaliser le même rêve qu’avec la variole.

Faire disparaître l’hépatite C de la planète, c’est possible.

On pourra dire que l’hépatite C n’aura été qu’éphémère.

Mais pour cela, il faut mettre en place une désobéissance civique ou plutôt, une désobéissance de dépistage. On ne doit pas se contenter d’accepter le dépistage des personnes à risque, ou ayant eu un comportement à risque.

Tout le monde doit se sentir concerné et demander à son médecin un dépistage, ou bien se rendre dans un centre de dépistage anonyme et gratuit.

L’éradication planétaire de l’hépatite C nécessite encore des moyens. Une intensification du dépistage, un accès plus large au traitement et à la guérison, mais cela est possible.

Faisons de l’hépatite C l’hépatite FMR.

 

Pascal Mélin

 

 

 

LES CONSUL-STATION : UNE FAUSSE BONNE IDÉE…

Avez-vous déjà utilisé une sanisette ? N’en déplaise à monsieur Decaux, je suis sûr que vous vous êtes dit, c’est quand même mieux à la maison.

Eh bien, la consul-station est à la consultation ce qu’est la sanisette aux toilettes !

Testée initialement en Franche-Comté pour répondre à la désertification médicale, on la retrouve maintenant dans l’arrière-pays Varois. Mais, la technologie ne peut pas pallier au manque de médecin.

Imaginez-vous dans une sanisette où vous êtes mis en téléconférence avec un médecin de garde.

Température, oxymètre, stéthoscope, électrocardiogramme, lecteur de carte vitale (on n’oublie pas la facturation) et otoscope. Le patient est guidé par le médecin pour réaliser ces gestes et les sons ou les résultats sont télétransmis en temps réel et de façon sécurisée.

Et cerise sur le gâteau à la fin, on peut éditer une ordonnance !

Ce progrès, pris comme un jeu, permet de couvrir des zones où il n’y a plus de médecin de garde. Mais, cela pose toujours des questions et des limites. Pour les enfants ou pour les personnes âgées qui ne peuvent se rendre à la cabine de consul-station. Et comment parler de ses problèmes personnels troubles psy, addiction, portage d’une maladie chronique virale…

C’est peut-être un espoir pour le suivi de malades par un hyper-spécialiste qui se trouve loin… Mais, tous les malades et tous les médecins sont-ils prêts à jouer le jeu ?

Question finale : quel est le coût d’une cabine ?

À suivre…

Pour en savoir plus

 

Pascal Mélin

 

 

NI MOUTONS, NI MALADES, MAIS TÉMOINS

ON N’EST NI DES MOUTONS, NI DES MALADES, MAIS DES TÉMOINS

Le 28 juillet est passé avec ses difficultés à « communiquer » sur les hépatites virales mais la communauté des malades et des associations de patients se sont mobilisées.

SOS Hépatites a participé avec ses moyens à :
un communiqué de presse,
une newsletter spécifique,
• et surtout notre campagne « Savoir C Guérir » menée en partenariat avec Culture Angels.

Vous pouvez retrouver les actions menées à l’international sur le site No-Hep, mais aussi, l’ensemble des actions que nous avons réalisé, actions SOS Hépatites en région.

Nous continuons de dire que les hépatites virales sont des bombes humaines et qui mieux que BERTIGNAC pour nous en parler. Personnellement concerné et guéri, il a accepté une vidéo témoignage disponible sur notre site.

En 2017, nous voulons savoir, connaître les virus, leurs effets, mais aussi idem sur les traitements et le fonctionnement du foie.

Quels sont les effets de la stéatose, de la cirrhose et même du cancer.

On ne répétera jamais assez le premier traitement, c’est l’information !

Nous ne sommes ni des malades, ni des moutons, mais des Témoins.

Face à une maladie chronique, on nous montre souvent des malades qui ont apprivoisé leur maladie.

Mais nous, malades de l’hépatite C et demain aussi malades de l’hépatite B, nous voulons être des Témoins. Témoins de la maladie, de notre guérison, de notre vécu, mais aussi de notre confrontation aux soins parfois violents, parfois empathiques.

La guérison virologique peut nous faire perdre notre statut de malade ou du moins, nous le fait voir autrement.

Devenons des Témoins, éclairons la route.

Ne soyons pas des moutons, même si c’est le souhait de certains médecins.

Nous ne voulons pas de vétérinaires, mais des hépatologues.

SAVOIR, C’EST GUÉRIR
GUÉRIR, C’EST APPRENDRE
APPRENDRE, C’EST TRANSMETTRE

Pour nous, la transmission ne doit plus être associée aux virus, mais au partage du savoir.

Pascal Mélin

 

 

 

L’HÉPATANTE N°21 – JUILLET 2017

ÉDITO : JOURNÉE MONDIALE DE LUTTE CONTRE LES HÉPATITES

Le chanteur musicien Geoffrey Gurrumul est mort a 46 ans, des suites d’une hépatite B chronique contractée dans l’enfance. On se souviendra de son duo avec Sting en 2009, dans l’émission taratata : every breath you take. Mourir d’une hépatite le 28 juillet…, Gurrumul était un aborigène d’Australie, aveugle de naissance.

C’est justement, chez les aborigènes d’Australie, que le Professeur Blumberg découvrit en 1964 l’hépatite B, ce qui lui valut un prix Nobel en 1976. Le 28 juillet, c’est aussi la date anniversaire de Blumberg. La vie est ironique et hépatante.

Pour nous, à SOS hépatites, c’est un temps de revendication, mais aussi un temps pour dire ce que nous avons obtenu depuis un an. La baisse du prix des antiviraux de 40 % pour le VHC, le traitement pour tous, l’accès aux soins funéraires pour les malades, l’amélioration de la prise en charge des personnes atteinte de cancer du foie. Mais, nous dénonçons la pénurie de vaccin contre l’hépatite B. Avec des mots, des refrains, des troubadours, des compteurs et des chanteuses, nous continuerons. Aujourd’hui, l’enjeu pour nous, c’est celui du dépistage dans les pays riches comme, dans les autres… Nous contrôlerons les épidémies d’hépatites virales d’ici 2030, c’est tout le projet NO-HEP.
UN TRAITEMENT POUR TOUS
UNE GUÉRISON POUR CHACUN
UN VACCIN UNIVERSEL

Pascal Mélin, Président de SOS hépatites fédération

 

RETROUVEZ L’HEPATANTE DU MOIS DE JUILLET ICI
INSCRIVEZ-VOUS À NOTRE LETTRE MENSUELLE

 

 

JOURNÉE MONDIALE DE LUTTE CONTRE LES HÉPATITES VIRALES

« COMMENT PEUT-ON VOUS AIDER LE 28 JUILLET POUR LA JOURNÉE MONDIALE DE LUTTE CONTRE LES HÉPATITES VIRALES ? »

 

Je ne m’attendais pas à une telle question de la part d’un patient. J’étais même surpris. On venait de lui apprendre qu’il était guéri de son hépatite C et il voulait rendre service.

Encore plus surprenant, il connaissait même la date de la journée mondiale.

Ma réponse sans réfléchir est simple : il reste 75 000 personnes non dépistées en France. Le challenge serait de trouver un nouveau malade et de l’amener aux soins pour lui permettre de guérir. Oui, c’est ça !

Je vous propose une sorte de chaîne, vous êtes maintenant guéri, aidez-nous à trouver un autre malade !

« Docteur, comme je me suis contaminé par toxicomanie, je vais essayer de retrouver mes potes de galère, au moins un ou deux, on a échangé des seringues, ils doivent être contaminés aussi, forcément !»

Voilà une action courageuse, pas facile de rappeler des anciennes connaissances des années après en leur disant « bonjour, je viens de guérir d’une hépatite C, as-tu déjà été dépisté, es-tu traité ? Tu devrais le faire, tu es probablement contaminé comme moi »

En 2017, l’enjeu n’est plus celui de la guérison, mais celui du dépistage.

Mais c’est aussi le dépistage à l’échelon mondial. On estime que 81 % des personnes porteuses d’hépatite C vivent dans un pays pauvre ou en voie de développement.

90 % des personnes infectées ne sont toujours pas dépistées et seul 1 % des malades ont été traités.

Le dépistage et les soins sont possibles, il nous manque les moyens et l’organisation… à moins que ce ne soit la volonté !

ET VOUS QU’ALLEZ VOUS FAIRE POUR NOUS AIDER LE 28 JUILLET ?

Pascal Mélin

 

COMMUNIQUÉ DE PRESSE : JOURNÉE MONDIALE DES HÉPATITES VIRALES

Communiqué de presse
28 Juillet 2017

 

 JOURNÉE MONDIALE DE LUTTE CONTRE LES HÉPATITES VIRALES :
L’HÉPATITE B, LA GRANDE OUBLIÉE

257 millions de personnes vivent avec une hépatite B chronique dans le monde,  280 000 en France, infectées par un virus 100 fois plus transmissible que le VIH. 

L’hépatite B est la maladie sexuellement transmissible la plus fréquente au monde, également transmissible de la mère à l’enfant et par voie sanguine.

Mais la méconnaissance de cette maladie perdure et l’hépatite B  est constamment méprisée par les politiques de santé.

Nous détenons l’ensemble des outils pour contrôler l’épidémie : des outils de dépistage variés, un vaccin efficace et sûr, des traitements qui stoppent la progression de la maladie. La réalité est toute autre et la plupart des personnes touchées n’ont pas accès aux dépistages et aux traitements qui pourraient leur sauver la vie. Dans le monde, seulement 9% des personnes vivant avec une hépatite B connaissent leur statut et 8% ont accès à un traitement.

La vaccination peine toujours à se mettre en place et des freins persistent alors que toutes les études ont montré qu’il n’existe aucune relation entre le vaccin et les maladies neurologiques, notamment la sclérose en plaque.

L’hépatite B peut pourtant être mortelle et exposer les malades à un risque important de décès par cirrhose et cancer du foie. 

Elle emporte chaque année dans le monde près de 900 000 personnes s’attaquant même à la paix, fauchant récemment le dissident chinois et Nobel Liu Xiaobo Le Dalai Lama lui même est également touché.

Alors que  la mortalité imputable à la tuberculose et au VIH baisse, celle due à l’hépatite B augmente.

En France, notre récente étude est venue confirmer la  difficulté des malades à parler de l’hépatite B, freinant notamment la vaccination de l’entourage des personnes vivant avec la maladie.

Des programmes d’annonce de la maladie, d’aide à l’accompagnement et à la vaccination sont nécessaires et demandés par les malades. Des recommandations d’experts existent mais la volonté politique de mise en œuvre  fait cruellement défaut.

Nous interpellons les pouvoirs publics français, européens et mondiaux sur l’urgence sanitaire que représente l’épidémie d’hépatite B et sur la nécessité d’entreprendre dès maintenant des actions concrètes et concertées qui mettront à mal l’épidémie et qui permettront l’information du public, le dépistage, la vaccination et l’accompagnement dans le soin des trop nombreux malades.

Nous demandons ainsi une réaction forte, rapide et à la hauteur de l’enjeu en santé publique.

Pascal Mélin                                                               07 85 62 91 69
Frédéric Chaffraix                                                      06 62 80 53 74
Carmen Hadey                                                           06 60 97 95 38

 

Sources : Global hepatitis report 2017 (OMS) et Santé Publique France

COINFECTION VIH/VHC : EFFETS DE LA CONSOMMATION DE CAFE ET DE CANNABIS SUR LE FOIE

Paris, le 25 juillet 2017

Communiqué de presse (ANRS)

Deux études réalisées dans le cadre de la cohorte ANRS CO13-HEPAVIH de patients co-infectés par le VIH et l’hépatite C mettent en évidence un risque moins élevé de fibrose hépatique chez les patients qui consomment au moins trois tasses de café par jour, quel que soit leur niveau de consommation d’alcool, et un risque moins élevé de stéatose hépatique chez les consommateurs quotidiens de cannabis. Ces résultats, qui devront être confirmés, soulignent l’importance de prendre en compte les comportements de consommation dans la prise en charge et le suivi clinique des patients coinfectés. Les résultats de ces deux études menées par Patrizia Carrieri et ses collègues (Inserm Unité 912, SESSTIM, Marseille et Unité 1219, Bordeaux) sont présentés en poster le 26 Juillet 2017 lors de la 9ème Conférence scientifique sur le VIH (IAS 2017) organisée par l’International AIDS Society et l’ANRS à Paris, du 23 au 26 Juillet 2017.

 

Ouverte en 2005, la cohorte ANRS CO13-HEPAVIH inclut 1 850 patients coinfectés par le VIH et le virus de l’hépatite C (VHC). Cette cohorte vise à préciser l’histoire naturelle de la coinfection et à mieux comprendre les interactions entre les deux virus et leurs traitements. Les patients inclus sont suivis tous les six ou douze mois, selon l’évolution de leur hépatite C et de leurs traitements. La cohorte ANRS CO13-HEPAVIH a ainsi permis de recueillir un ensemble de données très riches sur la coinfection VIH/VHC et sa prise en charge à l’ère des traitements à action directe sur le VHC (DAA).

 

Différentes analyses longitudinales ont été effectuées à partir de ces données. L’une d’elles, coordonnée par Patrizia Carrieri, épidémiologiste à l’Inserm Unité 912, SESSTIM, basée à Marseille, a porté sur les interactions entre consommation de café et consommation d’alcool et leur impact sur la fibrose hépatique chez les patients coinfectés VIH/VHC. Des études antérieures dans cette population ont en effet mis en évidence une amélioration des marqueurs de la fonctionnalité hépatique chez les grands consommateurs de café (au moins trois tasses par jour). On sait par ailleurs qu’une consommation d’alcool, même minime, a un effet délétère sur la fibrose hépatique chez ces patients. L’équipe ANRS HEPAVIH a dès lors cherché à explorer les interactions entre consommation de café et consommation d’alcool et leurs liens avec le niveau de fibrose parmi les patients de la cohorte. 1 019 d’entre eux ont été inclus dans l’analyse. Celle-ci montre une réduction de 57 % du risque de fibrose avancée chez les patients qui consomment au moins trois tasses de café par jour. Ce risque de fibrose moins élevé chez les grands consommateurs de café s’observe indépendamment du niveau de la consommation d’alcool, et en tenant compte d’autres caractéristiques individuelles (âge, indice de masse corporelle, statut de traitement VIH et VHC, taux de cellules T-CD4). En d’autres termes, même chez les patients qui boivent de l’alcool en quantité importante, ce qui augmente le risque de fibrose hépatique, le fait de consommer au moins trois tasses de café par jour pourrait réduire l’impact négatif de l’alcool sur le foie.

 

Dans le même ordre idée, l’équipe ANRS HEPAVIH a étudié l’impact de la consommation de cannabis sur le risque de stéatose hépatique (présence anormale de graisses dans le foie). Des études récentes suggèrent un effet protecteur de la consommation de cannabis sur le risque de diabète. Parmi 838 patients de la cohorte, 14 % déclarent utiliser le cannabis tous les jours. Une analyse transversale des données (mesures de la stéatose en un point du suivi) montre qu’une telle consommation est associée à une réduction de 40 % du risque de stéatose. Cette diminution du risque n’est pas retrouvée avec un usage moins fréquent du cannabis.

 

Pour Patrizia Carrieri, « les interactions entre comportements alimentaires, consommations de substances psychoactives et évolution de la maladie hépatique nécessitent des études complémentaires, en particulier des études interventionnelles. Bien évidemment, les résultats obtenus dans la cohorte ANRS HEPAVIH ne peuvent conduire à recommander aux patients coinfectés la consommation de telle ou telle substance ou produit. En revanche, il serait certainement utile que les cliniciens tiennent compte des comportements de consommation de leurs patients dans le cadre de leur évaluation clinique.» Les résultats de ces études sont présentés en poster le 26 Juillet 2017 à la 9ème conférence scientifique sur le VIH (IAS 2017), organisé par l’IAS et l’ANRS à Paris, du 23 au 26 Juillet 2017.

 

Coffee intake modifies the relationship between alcohol consumption and liver fibrosis in patients coinfected with HIV and hepatitis C virus (ANRS CO13-HEPAVIH cohort).

M.E. Santos1,2, S. Rosellini3,4, F. Marcellin3,4, C. Protopopescu3,4, L. Wittkop5,6,7, L. Esterle5,6, P. Morlat8, D. Zucman9, A. Gervais10, B.Spire3,4, F. Dabis5,6,7, D. Salmon-Ceron11,12, M.P. Carrieri3,4, ANRS CO13-HEPAVIH Cohort Study Group.

1Ministry of Health of Brazil, Department of STI, HIV/AIDS and Viral Hepatitis, Brasilia, Brazil, 2University of Brasilia, Brasilia, Brazil, 3Aix Marseille Univ, INSERM, IRD, SESSTIM, Sciences Economiques & Sociales de la Santé & Traitement de l’Information Médicale, Marseille, France, 4ORS PACA, Observatoire Régional de la Santé Provence-Alpes-Côte d’Azur, Marseille, France, 5Univ. Bordeaux, ISPED, Centre INSERM U1219-Bordeaux Population Health, Bordeaux, France, 6INSERM, ISPED, Centre INSERM U1219- Bordeaux Population Health, Bordeaux, France, 7CHU de Bordeaux, Pole de Sante Publique, Bordeaux, France, 8Service de Médecine Interne, Hôpital Saint-André, Centre Hospitalier Universitaire de Bordeaux Université de Bordeaux, Bordeaux, France, 9Hôpital Foch, Service de Médecine Interne, Suresnes, France, 10Service des Maladies Infectieuses et Tropicales, AP-HP, Hôpital Bichat Claude Bernard, Paris, France, 11Université Paris Descartes, Paris, France, 12Service Maladies Infectieuses et Tropicales, AP-HP, Hôpital Cochin, Paris, France

 

Daily cannabis use and reduced risk of severe steatosis in a population of patients co-infected with HIV

and hepatitis C virus (HCV) (ANRS CO13-HEPAVIH).

S.E. Nordmann1, A. VIlotitch2, P. Roux2, L. Esterle3, B. Spire2, F. Marcellin2, D. Salmon-Ceron4, F. Dabis3, J. Chas5, D. Rey6, L.

Wittkop7, P. Sogni8, P. Carrieri9, ANRS CO13 HEPAVIH study group.

1Aix-Marseille Univsersité, SESSTIM U912 – ORS PACA, Marseille, France, 2Aix-Marseille Université, SESSTIM U912 – ORS PACA, Marseille, France, 3Université Bordeaux, INSERM U1219, Bordeaux, France, 4Université Paris sud, université Paris Descartes, UMRS0669, Paris, France, 5Hopital Tenon APHP, INfection disease department, Paris, France, 6CHU Strasbourg, Le trait d’union, Strasbourg, France, 7Université de Bordeaux, INSERM U1219, Bordeaux, France, 8Université Paris Descartes, Hôpital Cochin, INSERM U567 & CNRS 8104, Paris, France, 9Aix-Marseille université, SESSTIM U912 – ORS PACA, Marseille, France

 

Contact scientifique :Dominique Salmon

06 12 43 21 93 – dominique.salmon@aphp.fr

Contacts presse ANRS :

Marie-Christine Simon 

01 53 94 60 30 – information@anrs.fr

Nolwenn Plusquellec

01 53 94 80 63 – information@anrs.fr