SOS HÉPATITES NE RISQUE RIEN…

Voici ce qui se dit dans le milieu associatif depuis quelques jours, suite à l’incendie de la cathédrale Notre Dame.

L’engouement de la population pour soutenir la reconstruction de notre Dame de Paris est vu comme un magnifique élan national de solidarité en ces temps d’individualisme.

Pourtant dans les associations, d’autres voix commencent à se faire entendre !

« Si tous les donateurs donnent pour la reconstruction, ils risquent de ne rien pouvoir nous donner ? »

Et oui, la générosité des français n’est pas illimitée, le risque est réel et de nombreuses associations caritatives sont inquiètes et pourraient bien se retrouver en difficulté surtout si l’on tient compte que depuis deux ans les dons ont déjà diminué significativement.

A tous ceux qui s’inquiéteraient pour « SOS HEPATITES ET MALADIES DU FOIE » je veux les rassurer, nous ne risquons rien, je suis formel !

Nous ne risquons rien car nous n’avons pas reçu de dons de la part de la population générale ces dernières années, nous voilà donc à l’abri !

Cependant si un donateur voulait me faire mentir je suis prêt à rectifier publiquement ma position.

PS: Si le virus de l’hépatite C est détruit, rassurez-vous SOS Hépatites ne fera aucun appel aux dons pour le reconstituer à l’identique !!!

Pascal Mélin

HÉPATITES AUTO-IMMUNES…

On nous a souvent reproché de ne parler que des hépatites virales, c’est faux, la preuve !
L’hépatite est une inflammation du foie mais les causes peuvent en être multiples ; virales, toxiques, médicamenteuses, de surcharge, ou bien auto-immune.
L’immunité c’est ce qui nous permet de protéger notre corps contre toute agression extérieure. Le système immunitaire permet de faire la différence entre le « moi » et le « non moi ». Où s’arrête le moi ? A ma peau ? Où commence le monde extérieur ? L’ensemble des cavités de mon corps, les sinus, la bouche, l’intérieur de mes intestins font-ils partie de moi ou est-ce des pénétrations du monde extérieur en moi ?
Ok j’arrête la philosophie de comptoir… Pourtant notre système immunitaire doit reconnaître et tolérer l’ensemble des différentes cellules de notre corps pour fabriquer des anticorps contre un organe ou une partie des cellules.
Pour la polyarthrite rhumatoïde, le système immunitaire détruit les cartilages, pour la thyroïdite il détruit la glande thyroïde, pour certains types de diabète ce sont des anticorps anti pancréas qui détruisent le pancréas. Et, il y a aussi des hépatites auto-immunes qui détruisent le foie.
Toutes ces maladies se regroupent dans la grande famille des maladie auto-immunes.
Hier l’émission de France Inter « la tête au carré » était consacrée aux maladies auto-immunes, vous pourrez la réécouter ici.
Voici deux remarques complémentaires :

– Les traitements des maladies auto-immunes nécessitent de diminuer le système auto-immun, mais en agissant de la sorte il fragilise l’organisme en le rendant donc plus sensible. Parfois on va même jusqu’à utiliser des traitements antirejet, pour tolérer un organe étranger et ne pas faire de rejet.

– Lors d’une grossesse, la femme accueille dans son ventre un organisme qui est différent du sien, c’est donc un corps étranger ! Et pour le supporter, il faut que le système immunitaire d’une femme soit moindre au cours de la grossesse ! Cependant il y a dans les semaines après l’accouchement un rebond immunitaire qui est souvent le temps où se déclenche les maladies auto-immunes.

Les hépatites auto-immunes, des maladies toujours difficiles à diagnostiquer mais avec des traitements de plus en plus efficaces…

Pascal Mélin

14 000 VICTOIRES ET 100 000 INQUIÉTUDES

Au 1er janvier 2019, il restait en France métropolitaine un peu moins de 102 000 porteurs chroniques du virus de l’hépatite C, selon les derniers chiffres publiés par le Baromètre de l’élimination de l’hépatite C.

L’année 2017 avait été marquée par un nombre record de plus de 18 000 guérisons, grâce à la généralisation des traitements par antiviraux d’action directe (AAD), très efficaces. En 2018, la réduction du nombre de porteurs chroniques se poursuit à un rythme moins élevé, puisque 14 000 guérisons ont été enregistrées.

Il faut bien sûr se réjouir de ces 14 000 victoires nouvelles contre le virus de l’hépatite C. Mais si le ralentissement enregistré par le baromètre se poursuit, la France n’atteindra pas son objectif d’élimination de l’hépatite C en 2025.

Pour que cet objectif puisse être atteint, il devient urgent de passer à la vitesse supérieure afin de dépister tous les porteurs du virus qui s’ignorent. Pour cela, la stratégie de dépistage ciblé auprès des personnes dites “à risques” (usagers de drogues par voie intraveineuse, prisonniers, personnes transfusées avant 1992, etc.) a montré ses limites. Une récente étude[1] a montré l’intérêt à la fois sanitaire et économique du dépistage universel du virus de l’hépatite C chez tous les adultes de 18 à 80 ans, à condition que les personnes découvertes porteuses du virus soient rapidement traitées. Il ne faut plus attendre !

Il reste 100 000 personnes à guérir en France, dont 75 000 ne savent pas qu’elles sont porteuses du virus. L’année 2019 doit être celle d’une mobilisation accrue de tous les acteurs, en particulier des médecins généralistes qui devraient pouvoir prochainement prescrire directement les traitements antiviraux à leurs patients.

En 2018, nous avons fait du bruit contre l’hépatite C. Nous avons continué à mobiliser malades, anciens malades et soignants autour de projets innovants de santé publique : les villes et villages sans hépatite C (Strasbourg, Marseille, Montpellier, mais aussi Corbigny dans la Nièvre ou Arreux dans les Ardennes), les CSAPA et CAARUD* sans hépatites… En 2019, il faut en faire encore plus !

Télécharger l’infographie du baromètre au 1er janvier 2019

A propos du Baromètre de l’élimination de l’hépatite C

Le Baromètre, mis en place à l’initiative d’un groupe d’hépatologues et de SOS Hépatites, soutenus par le laboratoire Gilead, est un outil original de suivi épidémiologique intégrant à la fois le nombre de guérisons et le nombre de contaminations nouvelles. Ses chiffres sont mis à jour chaque trimestre. Il est piloté par un comité scientifique, qui se réunit régulièrement pour valider les données à partir du nombre de patients traités et de l’évolution des taux de guérison.

Le comité scientifique est composé de : Dr Marc Bourlière, hépatologue à l’Hôpital Saint-Joseph de Marseille ; Pr Victor de Ledinghen, hépatologue au CHU de Bordeaux ; Dr Pascal Mélin, hépatologue au CH Saint-Dizier et président de SOS hépatites fédération ; Dr Françoise Roudot-Thoraval, hépatologue au CHU Henri-Mondor de Créteil.

 

* CSAPA, Centre de soins, d’accompagnement et de prévention en addictologie

CAARUD, Centre d’accueil et d’accompagnement à la réduction des risques pour usagers de drogues

[1] Sylvie Deuffic-Burban et al. Assessing the cost-effectiveness of hepatitis C screening strategies in France. J Hepatology October 2018 Volume 69, Issue 4, Pages 785–792

EASL 2019 J2 – POST GRADUATE SUITE….

Les thromboses de la veine porte sont une des complications majeures de la cirrhose. La balance coagulation et anticoagulation est fragile et quand une cirrhose s’aggrave (hémorragie ou infection ou autre…) elle se complique régulièrement d’une thrombose porte. Il faut donc considérer la thrombose porte comme une conséquence et non comme une cause.

La thrombose porte est une complication de la cirrhose, elle peut bénéficier d’anticoagulation pour permettre la reperméabilisation de la veine et améliorer ainsi la survie des patients. Toute thrombose porte doit être analysée globalement avec évaluation du rapport bénéfice/risque pour la mise en place d’une anticoagulation, qui doit être un traitement envisagé de principe chez tous patients.

Évaluation et pertinence de la fonte musculaire et de la fragilité.

Voici une nouvelle très intéressante et qui remet le patient comme un acteur principal. En 2019, l’EASL a émis des recommandations sur la nutrition chez les cirrhotiques. Indépendamment des scores habituels de la cirrhose il a été montré que la dénutrition et la fonte musculaire sont des facteurs indépendants qui diminuaient l’espérance de vie. Plusieurs équipes travaillent à l’élaboration de tests d’évaluation de la fonte musculaire et mettent en place des programmes de renutrition pour les patients cirrhotiques, le tout associé à des programmes de réhabilitation à l’exercice physique et au sport ce qui améliore leur qualité de vie mais diminue également les complications en favorisant les soins comme la transplantation… Et dans ce programme, le malade a toute sa place et les associations de patients également.

Maladie cardio-vasculaire et cirrhose : l’émergence de la NASH !

On sait maintenant que la NASH est un facteur indépendant de maladie cardiovasculaire et que les patients cirrhotiques sur NASH doivent bénéficier de traitement par statine mais aussi de bétabloquants ou de traitement pour leur tension mais aussi de chirurgie de l’obésité si besoin. La NASH aggrave encore l’espérance de vie du patient cirrhotique, c’est pourquoi sa prise en charge doit être multidisciplinaire en gérant son HTA, son diabète qu’il faudra dépister, sa dyslipémie et en le faisant bénéficier de petites doses d’aspirine qui ont démontrées leur effet bénéfique. NASH et cirrhose seront les prochains défis hépatologiques des dix prochaines années.

Diabète et cirrhose, quel traitement et quand commencer ?

Le diabète et la cirrhose augmentent le risque de maladie cardio-vasculaire. Les deux maladies s’aggravent mutuellement. Le diabète favorise les infections et lorsqu’un patient cirrhotique s’infecte on augmente son insulino-résistance et donc son diabète. La plupart des traitements anti diabétiques oraux sont contre indiqués en cas de cirrhose au-delà d’une situation en Child A, c’est pourquoi le traitement de base reste l’insuline. En cas de NASH, les agonistes de la GPL1 ont une place particulièrement intéressante car elles sont actives à la fois sur la NASH et sur le diabète.

Indication à la transplantation en cas de comorbidité.

En cas de comorbidité majeure, l’espérance de vie après greffe est diminuée. Pour l’attribution d’une greffe et pour tenir compte de l’espérance de vie il faut alors tenir compte du score de MELD amélioré par le taux de sodium, un nouveau score donc. Il est urgent de revoir les conditions d’attribution des greffons en fonction de l’évolution naturelle des cirrhoses dans les pays développés.

Gestion des infections bactériennes et des insuffisance rénales aiguës.

Les infections sont une cause de décompensation et sont très fréquentes chez le patient cirrhotique, malheureusement il existe de plus en plus de résistances aux antibiotiques. Il existe d’importantes variations régionales au monde. On doit utiliser de nouveaux antibiotiques en tenant compte des spécificités régionales. Pour toute gestion d’infection il faut réaliser des perfusions d’albumine et surveiller l’état hépatique régulièrement.

Pour le rein, l’insuffisance rénale aiguë et le syndrome hépato rénal pourraient être une entité unique et des nouveaux concepts doivent être explorés pour comprendre les liens entre rein et cirrhose.

Encéphalopathie et cirrhose.

On est passé du traitement par lactulose aux antibiotiques non absorbés. La difficulté est de reconnaitre les formes mineures pour en permettre une prise en charge adaptée. Il faut développer de nouveaux marqueurs et permettre les bilans en imagerie.

En conclusion, il faut des équipes de réanimation capables de mieux gérer les complications des cirrhoses qui sont de plus en plus nombreuses dans la population. Des nouveaux scores et des thérapies combinées sont nécessaires mais le réanimateur et l’hépatologue ne sont plus suffisants à eux seuls pour gérer les complications, ils doivent être assistés par un néphrologue, un cardiologue, un diabétologue… La prise en charge transdisciplinaire s’impose !

Et comme tout cela sera publié sur le site de SOS hépatites, je voudrai tacler l’EASL pour la photo choisie pour ce post-graduate :

On peut voir les mains d’un soignant tenir la main d’un malade. Mais pourquoi faut il mettre des gants ? Choisir cette image remet encore le malade dans sa place de pestiféré dont il faut se préserver. En cas de cirrhose, qu’y aurait-il de plus à se protéger ?

Pascal Mélin

HÉPATITE B, IL FAUT PENSER À L’IMPENSABLE…

Pour bien connaitre une épidémie il faut bien connaitre le virus, ses modes de transmission et surtout les pratiques du pays dans lequel vous voulez étudier l’épidémie.

C’est ce que m’a rappelé une patiente porteuse d’une hépatite B chronique que je revoyais en consultation cette semaine, pour son suivi. Elle est originaire d’Afrique centrale et se fait suivre depuis plusieurs années, sa contamination est probablement materno-fœtale, bien qu’on ne puisse l’affirmer. Je lui réexplique les modes de transmission et l’intérêt de vacciner son entourage puis je lui rappelle les modes de contamination.

Et là elle me reprend : « Docteur, quand j’étais dans mon pays je travaillais à la sécurité sociale et on a été vacciné contre l’hépatite B, mais moi ça a dû avoir l’effet inverse et ça m’a transmis l’hépatite B ».

Je lui réponds que non, le vaccin ne peut pas donner l’hépatite B et que vu son inefficacité elle devait être déjà contaminée à l’époque. Je lui rappelle que mon hypothèse était qu’elle avait probablement été contaminé par sa mère à sa naissance.

Elle reprend : « Oui, mais moi ce n’est pas ça, j’ai beaucoup réfléchi ce n’est pas ma mère qui a pu me contaminer. Cependant je pense que cela pourrait être dû à une coutume. Dans mon pays il ne faut pas avoir les gencives roses alors dès qu’on devient une femme, l’ancienne du village prend une spatule et aligne les jeunes filles pour leur glisser de la cendre entre la dent et la gencive. La spatule est unique et se transmet d’ancêtre à ancêtre mais sans désinfection régulière et je pense que c’est comme ça que je me suis contaminée »

Effectivement cette pratique est potentiellement contaminante si l’une des jeunes filles est porteuse d’hépatite B et contagieuse. Et il est toujours très difficile d’admettre avoir une mère qui vous a contaminé.

A la fin de cette consultation, la patiente et moi, nous nous étions appris beaucoup de choses mutuellement.

Pascal Mélin

EASL 2019 C’EST PARTI ! J1

Mercredi 10 avril c’était l’ouverture de EASL 2019 et on commence par la formation continue. La couleur est donnée par le titre :

« Les stades ultimes de la maladie hépatique »

La première question posée était de taille : « cirrhose et hypertension portale, tests invasifs ou non invasifs ? »

C’est une multitude de tests sanguins qui sont maintenant disponibles ; APRI, FIB4, ELF, FIBROMETRE, FIBROTEST, HEPASCORE, NFS.

L’autre test non invasif est l’élastomère. Chaque test a été passé en revue pour ses avantages et ses inconvénients mais il semble maintenant acquis qu’en 2019 il faudra tenir compte d’une combinaison de test sanguin et de l’élastométrie. Et ce particulièrement pour déterminer la gravité d’une cirrhose !

« Y a-t-il des images de la cirrhose ? » les images sont opérateur-dépendant en échographie et de nombreuse équipes se sont essayées à trouver des arguments pour évoquer le diagnostic de cirrhose, foie bosselé, atrophie du lobe 1, augmentation du diamètre du tronc porte au hile etc … Mais le diagnostic de cirrhose est un diagnostic d’anatomo-pathologie et non d’imagerie. Là encore on s’oriente vers des combinaisons de techniques et de scores.

« Et la biopsie hépatique dans tout ça ? » puisqu’elle reste le Gold standard. Si elle est de qualité et pour cela elle doit faire plus de 2 centimètres de long, alors elle permet de confirmer et de classifier la cirrhose. Elle permet aussi d’évaluer les risques d’apparition de cancer.

La mesure de la pression des veines sus-hépatiques est aujourd’hui l’examen de référence en cas d’hypertension portale mais toutes les équipes ne le pratique pas toujours. Pourtant c’est aujourd’hui le seul examen pour évaluer et prévenir les risque hémorragiques et évaluer l’efficacité des traitements. La technique doit se standardiser et peut être s’aider des mesures d’élastométrie.

Prévention et prise en charge des varices œsophagiennes :

Selon les recommandations de 2015, une gastroscopie doit être réalisée à tout patient chez qui une cirrhose a été diagnostiquée. Pour les patients avec une élastométrie inférieur à 20KPa ou des plaquettes supérieures à 150 000 il n’est pas nécessaire de faire une endoscopie digestive haute pour rechercher des varices œsophagiennes.

La prophylaxie passe par l’utilisation pleine dose des béta-bloquants mais seuls les patients qui auront une efficacité avec ce traitement verront la mortalité décroître. Actuellement 20% des patients ne peuvent supporter les doses pleines.

Les hémorragies par rupture de varice œsophagienne doivent être prise en charge en réanimation, avec gastroscopie, pour pose de ligature et utilisation de drogue vasoactive comme la Terlipressine.

Ensuite il a été question de la balance coagulation et anticoagulation car si les cirrhotiques ont un sang plus fluide, pour autant ils présentent des thromboses sur leur système porte. Cet équilibre étant fragile lors d’une complication hémorragique ou thrombotique les malades doivent être gérés par une équipe rodée…

Pascal Mélin

CE N’EST PAS EN AVRIL QUE SOS HÉPATITES SE DÉFILE…

On pourrait plagier les dictons populaires, mais en avril, nous le printemps nous réveille !

Demain se tiendra à Vienne en Autriche, le Congrès Européen annuel d’Hépatologie, plusieurs milliers de congressistes sont attendus et nous tenterons de vous faire profiter des temps forts vus à travers les lunettes de SOS Hépatites. On est en attente de plusieurs communications qui pourraient bouleverser notre façon de voir les NASH ou la prise en charge des cancers du foie en 2019.

Le mois d’avril s’est aussi la journée « Focus Hépatite C 2025 » qui aura lieu à paris ce 18 avril à l’initiative de la presse médicale, programme et inscription ici. SOS hépatites sera également présent pour faire entendre une autre voix, celle des malades et de notre association.

Le 23 avril, il y aura également un Colloque du COREVIH Grand Est à Strasbourg ; Prisons, soins et réduction des risques : vers une approche pluridisciplinaire, programme et inscription ici. SOS Hépatites sera là pour porter ses réflexions à travers l’expérience de ses 2 CAARUD (YOZ et la VOIE).

A la fin du mois, les Universités de Printemps qui regrouperont à Angers une quarantaine de militants de SOS hépatites. Ils se retrouveront pour échanger sur l’actualité et établir notre ligne de communication pour 2019…

Puis, nous serons également présents pour la semaine européenne de la vaccination qui se déroulera du 24 au 30 avril 2019.

Alors en avril ça bouge et c’est bien, on va faire du bruit !

#dubruitcontrelhepatitec

Pascal Mélin

J’AI PERDU MON ANTIGÈNE HBS !

Comme les mots peuvent être source d’incompréhension ! Le médecin est fou de joie quand il annonce au malade : « c’est parfait vous avez perdu votre antigène HBS ! »

Car pour lui, lorsqu’il a pris la décision de mettre sous traitement le malade porteur d’hépatite B chronique, il espérait cette première étape vers la guérison qu’est la perte de l’antigène HBS.

Mais pour le malade, la perte de quelque chose est rarement positive. Perte des cheveux, des dents, perte de l’immunité, d’un membre, du goût, de la sensibilité, de la motricité, perte des papiers d’identité !

Alors OUI, cela peut avoir quelque chose d’effrayant de voir un médecin heureux de vous apprendre que vous avez perdu votre Antigène HBS. Ne le cherchez pas !

Dans l’hépatite C, on parle de réponse virologique !

Oui mais voilà la sémantique de l’hépatite B s’est mise en place bien avant les charges virales et alors il n’y avait que les transaminases et les résultats immunologiques, la virologie était alors balbutiante. A cette époque, la disparition de l’antigène HBS dans le sang annonçait l’apparition d’anticorps neutralisants qui allaient bloquer le virus de l’hépatite B.

Le terme est violent et peut déstabiliser le patient mais il faut, comme toujours, expliquer les formules médicales au patient pour qu’il puisse rester connecté avec son hépato et partager sa joie.

« Car qui perd un antigène HBS ne doit pas se retrouver sur les fesses ! »

Il y a encore du chemin pour se comprendre.

Pascal Mélin

TRAVAILLER ENSEMBLE : LES CASCADEURS D’ALSACE

On parle de plus en plus de cascades de soins pour évoquer au sein d’une population ; le dépistage, les bilans, l’accès aux soins et la guérison. Cette cascade de soins est particulièrement regardée et comparée entre différents services de soins aux addicts. En Alsace, le centre expert a réuni les CSAPA pour analyser l’accès aux soins depuis 2014 date d’arrivée des nouveaux traitements. Ainsi 8 centres ont été impliqués dans cette étude : Ithaque, ALT, Colmar maison des addictions, Strasbourg, Saverne, Sélestat, Wissembourg et Haguenau, ainsi que l’association de patients SOS Hépatites Alsace Lorraine.

Tous ces centres sont des lieux et des espaces de prise en charge des usagers de drogues. Ainsi les forces ont été mises en commun sur une période donnée pour comptabiliser le nombre de nouveaux usagers de drogue venus .

Puis, le nombre de sérologie VHC faites après proposition, aboutissant aux nombres de positifs.

Combien ont alors été retrouvé virémiques ?

Puis, combien ont été bilanté par un hépato, combien ont débuté un traitement et enfin combien sont guéris .

Ainsi de 2012 à 2017, ce sont donc 1054 usagers de drogues par voie intraveineuse qui ont été pris en compte dans cette étude. 242 pendant la période « Interféron » et 812 pendant la période AAD. La polytoxicomanie était très fréquente, avec 88% de tabagisme associé et 54% d’alcool.

Ce sont 77% des patients qui ont acceptés une sérologie VHC et 34 % d’entre eux se sont révélés positifs. Puis 3 sur 4 ont eu accès à une recherche d’ARN du VHC qui était positive dans 68% des cas, ce qui correspondait à 140 patients. 101 ont débuté un traitement et 91 furent guéris !

Ce travail dont les chiffres seraient encore meilleurs si on ne s’intéressait qu’à la période avec les nouveaux traitements. Mais ce travail montre surtout la place que peut prendre un service expert en fédérant les centres de soins pour usagers de drogue. Mais ne nous trompons pas, ce ne sont pas les nouveaux traitements qui ont permis de tels résultats, c’est bien l’aboutissement d’une autre politique du soins débuté en Alsace il y a maintenant 20 ans. Une pratique de réseau pour des résultats pratiques, une cascade exemplaire !

Pascal Mélin

Pour en savoir plus : https://www.longdom.org/abstract/impact-of-directacting-antivirals-on-hepatitis-c-cascade-of-care-among-people-who-inject-drugs-18146.html

LES BELLES RENCONTRES DE PARIS…

Ce dernier week-end, la ville de Paris avait installé sur le parvis de l’Hôtel de Ville un « Village Santé ». SOS hépatites était présent pour aller à la rencontre du public parisien venu nombreux profiter du soleil printanier.

Une des belles rencontres de ce week-end fut celle d’un jeune couple venu timidement demander le dépistage du jeune homme seulement :

« Bonjour ! Nous sommes venus vous remercier de tout ce que vous faites. Nous sommes allés nous dépister l’un et l’autre dans un centre de dépistage anonyme et gratuit pour pouvoir avoir des rapports non protégés. En plus du VIH, on nous a proposé le dépistage des hépatites B et C. Et là, on a découvert que j’étais porteuse de l’hépatite C. J’étais alors perdue et j’ai appelé le numéro vert de SOS Hépatites, j’ai longuement parlé avec Véronique qui m’a rassuré et m’a aidé à trouver un hépatologue pour me soigner.

Aujourd’hui je suis guérie et je voulais vous dire merci ! Mais ne faudrait-il pas dépister mon compagnon ? »

Dans le tourbillon de la prise en charge, on avait oublié de vérifier le statut sérologique de son compagnon. Il avait probablement été dépisté initialement en même temps qu’on l’avait testé pour le VIH… Mais après ? Nous lui avons fait un TROD sur le champ et nous avons pu le rassurer…

SOS rappelle depuis longtemps, que lorsqu’une hépatite virale est découverte dans une famille, il faut dépister tout ceux qui vivent sous le même toit, mais il faut surtout définir si c’est de la responsabilité du médecin traitant ou de l’hépatologue.

Et aujourd’hui, à l’annonce de l’hépatite C, celui qui est le plus apte à gérer la sécurisation de son entourage et de sa famille, c’est le malade non ?

Merci à tout ceux qui nous font confiance.

#dubruitcontrelhepatitec

Pascal Mélin

LA LIBERTÉ DE SE PROTÉGER : OUI AU VACCIN !

Madame la Ministre, mesdames et messieurs les politiques, mesdames et messieurs les médecins, voilà ce qu’on pouvait lire hier sur un site qui prône la liberté vaccinale !

En Marche pour la Liberté Vaccinale

Hier, à 17:29

En 1942 les enfants juifs étaient exclus des écoles et des parcs à jeux
En 2019 les enfants non vaccinés sont exclus des écoles et des parcs à jeux

Il semblerait que les humains n’ont tiré aucune leçon du passé

Cette comparaison est insupportable ! la vaccination est dans la loi et ce dans tous les pays démocratiques. Le vaccin est dans l’histoire de la médecine le médicament qui de loin a sauvé le plus de vies.

Mais je me refuse d’argumenter cette comparaison antisémite et choquante.

Cependant, il y a un point sur lequel je vous rejoins, quand des enfants ne sont pas vaccinés ils sont plus faibles ! Allez demander aux populations des Amériques qui ont été décimées par la rougeole si elles n’auraient pas aimé être vaccinées?

Ces 2500 personnes qui meurent chaque année en France des complications de l’hépatite B ou le million de morts par cancer du foie sur hépatite B que la planète compte chaque année n’auraient-ils pas aimé être vaccinés ?

Ne laissons pas dire ou écrire des confusions historiques qui comparent les vaccins aux heures les plus sombres de notre histoire .

Ce n’est que de la MANIPULATION !

En 2019, être contre la vaccination c’est être pour la MORT !

Facebook doit retirer cette page et ce à la demande de nos politiques.

Pascal Mélin

 

L’HÉPATANTE N°36 – FÉVRIER-MARS 2019

ÉDITO :

Faire disparaître l’hépatite C du territoire français possible ou impossible ?

Pour certains « spécialistes », l’hépatite C, c’est fini ! Si bien que l’ANRS vient d’annoncer l’organisation d’un nouveau rapport VIH, IST et… hépatites virales B et C ! Ce rapport est sensé émettre des recommandations en la matière. Ce dernier sous entendrait : soit que l’hépatite C est vraiment finie, soit que l’hépatite C est une IST. Mais il faudra tout de même nous expliquer qu’elle est le rapport entre une hépatite C et une IST ?

Au sein de SOS hépatites nous avons toujours beaucoup de mal à comprendre comment être contaminés par une hépatite C sans échange de sang…Depuis toujours toutes nos équipes sont à pieds d’œuvre en régions et en passant par la Guadeloupe. Les malades disent : “mesurons ce que nous faisons” et que les malades guéris et les sympathisants se jettent dans la bataille afin de dépister et inciter au dépistage toute la population où il reste encore 100 000 personnes à traiter, dont 75 000 ignorent qu’elles sont porteuses du virus de l’hépatite C.

Que devons-nous faire aujourd’hui ? Prier pour que d’ici la Journée nationale contre les hépatites le 25 septembre prochain, nous soyons ENFIN épaulés par des médecins généralistes, les addictologues, les psychiatres par l’ensemble des médecins, qu’il faudra au passage former et informer sur l’accompagnement des patients et aussi sur les différents antiviraux à action directe… ?

Pour espérer atteindre l’objectif d’éradication de l’hépatite C en France en 2025, il nous faut le maintien des actions de tous les acteurs sans baisser leur garde. C’est cette dynamique qui vient d’être lancée en Guadeloupe et que nous relatons dans cette newsletter de février-mars. Nous continuons à faire du bruit, et oui nous avons des choses à dire en tant que représentants des usagers du système de santé !

Pour 2019, SOS hépatites parlera au nom des 100 000 personnes encore porteuses d’hépatite C chronique, des 280 000 personnes porteuses d’hépatite B chronique, sans oublier les autres maladies du foie et les usagers du système de santé.

Car si le foie est silencieux, pas les hépatants !

#DUBRUITCONTRELHEPATITEC

Frédéric Chaffraix, Vice-Président SOS hépatites Fédération chargé des questions sur le parcours de santé et les réseaux
Khaled Fellouhe, Vice-Président chargé des questions de prévention 

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