Généraliste hepatologue infirmièesC’est une question que tout le monde se pose médecins, politiques et associatifs.

Il semble bien qu’actuellement, notre système d’accès aux soins ne puisse pas guérir plus de 17 000 à 20 000 personnes par an.

Mais, comme l’accès au traitement pour tous a été prononcé, il semble difficile de ne pas répondre aux demandes des malades qui ne souhaitent pas attendre.

Le nombre de médecins spécialistes ne va pas augmenter miraculeusement en quelques mois.

Alors comment faire ?

Faut-il élargir à plus de professionnels de santé qui pourraient suivre les malades porteurs d’hépatites C ?

C’est la question à laquelle une équipe américaine a tenté de répondre en proposant l’étude ASCEND.

Ce sont 600 patients qui ont été traités par Sofosbuvir et Ledipasvir, par respectivement 6 hépatologues, 5 infirmières et 5 médecins généralistes qui avaient bien sûr reçu une formation spécifique. La répartition était tirée au sort.

Le taux de guérison globale était de 93,6 %, et plus particulièrement 95 % pour les infirmières, 94,5 % pour les médecins généralistes et 92,3 % pour les hépatologues.

Il n’y a donc pas de différence significative !

Seuls les patients atteints de cirrhose avaient un gain en terme de guérison s’ils étaient suivis par un hépatologue !

Par contre, l’observance au suivi des consultations était de 74 % avec les infirmières, contre 56 % avec les médecins généralistes et 60,6 % avec les hépatologues.

L’équipe conclut donc que les prescripteurs peuvent être étendus aux médecins généralistes ou aux infirmières à condition qu’ils soient dans des pratiques de réseau et de partage d’expérience avec les hépatologues.

Quant au cirrhotique, il est raisonnable de laisser son suivi aux hépatologues.

Le clin d’œil vient de l’observance, il semble bien que les patients soient plus observants lorsqu’ils sont suivis par une infirmière !

Comment expliquer cela ? Compétence spécifique ? Ou effet de séduction ?

À quand une étude comparant l’observance en fonction du sexe de l’infirmière et celui du malade ?

La question du genre semble bien toujours d’actualité…

Pascal Mélin