Archives Mensuelles: février 2017

HÉPATITE C : IL FAUT TRAITER PLUS DE MALADES, MAIS QUI S’Y COLLE ?

C’est une question que tout le monde se pose médecins, politiques et associatifs. Il semble bien qu’actuellement, notre système d’accès aux soins ne puisse pas guérir plus de 17 000 à 20 000 personnes par an. Mais, comme l’accès au traitement pour tous a été prononcé, il semble difficile de ne pas répondre aux demandes des malades qui ne souhaitent pas attendre. Le nombre de médecins spécialistes ne va pas augmenter miraculeusement en quelques mois. Alors comment faire ? Faut-il élargir à plus de professionnels de santé qui pourraient suivre les malades porteurs d’hépatites C ? C’est la question à laquelle une équipe américaine a tenté de répondre en proposant l’étude ASCEND. Ce sont 600 patients qui ont été traités par Sofosbuvir et Ledipasvir, par respectivement 6 hépatologues, 5 infirmières et 5 médecins généralistes qui avaient bien sûr reçu une formation spécifique. La répartition était tirée au sort. Le taux de guérison globale était de 93,6 %, et plus particulièrement 95 % pour les infirmières, 94,5 % pour les médecins généralistes et 92,3 % pour les hépatologues.

DÉPISTAGE DU CANCER DU FOIE : QUELLE STRATÉGIE ADOPTER ?

Lorsqu’on est porteur d’une cirrhose, la crainte est l’apparition d’un cancer du foie, ce qui survient dans 3 à 5% des cas chaque année. Actuellement, toutes les Sociétés savantes recommandent la réalisation d’une échographie abdominale tous les 6 mois pour dépister l’apparition d’un cancer du foie, mais ne pourrait-on pas faire mieux ? C’est ce que l’équipe de Singal (USA) a tenté d’analyser. Cette étude a porté sur 1800 personnes porteuses de cirrhose ou fortement suspectées de l’être. Trois groupes de 600 personnes ont été constitués : – Groupe 1 : Communication sur le dépistage basé sur le suivi classique avec échange d’informations sur l’intérêt du dépistage échographique du CHC dans la cirrhose. – Groupe 2 : Relance par courrier pour respecter le calendrier de dépistage. – Groupe 3 : Identique au groupe 2 avec en plus une personne faisant la liaison entre le patient et l’équipe réalisant le dépistage biannuel. Les personnes des groupes 2 et 3 qui ne se présentaient pas au rendez-vous étaient relancées par téléphone 3 fois sur quinze jours. Les résultats sont […]

SHAWKAN, UN SYMBOLE HÉPATANT…

En ce moment, tout le monde a ses idoles, pour les élections primaires, la présidence, les miss France, le hand-ball… À SOS Hépatites, notre idole c’est Shawkan. En France, il est naturel que toute personne incarcérée puisse se soigner y compris d’une hépatite C, mais les prisons égyptiennes ne sont pas les prisons françaises. La population égyptienne est atteinte d’hépatite C à la hauteur de 15 à 20 %. L’accès aux soins contre l’hépatite C est devenu une priorité nationale. Des stratégies d’aide internationale se mettent en place pour aider l’Egypte. C’est le cas en France avec l’ANRS (Agence Nationale De Recherche sur le SIDA et les hépatites virales). Mais, revenons sur les faits pour ce qui nous intéresse aujourd’hui : En août 2013, le 14 août le même jour où le Président Morsi est destitué, les forces armées égyptiennes donnent l’assaut contre les frères musulmans qui occupaient depuis un mois les places Rabaa et Nahda au Caire. Cet assaut meurtrier sera responsable du décès de plus de 800 personnes. Des journalistes sont présents pour couvrir l’événement, et trois d’entre eux sont arrêtés et mis […]

ON VA ENCORE DIRE QUE LES TRAITEMENTS … NE MARCHENT PAS CHEZ LES BLACKS !

Même si les nouveaux traitements contre l’hépatite C permettent d’obtenir plus de 90 % de guérison, il faut s’intéresser aux patients qui dans 10 % des cas sont en échec. C’est ce qu’a fait l’équipe du Dr Sarpel et a rapporté les résultats à l’AASLD 2016 : « D Sarpel, I Wasserman, AL Trochtenberg, et al. Non-adherence is the most important risk factor for ledipasvir/sofosbuvir HCV treatment failure in the real world. AASLD Liver Meeting. Boston, November 11-15, 2016.Abstract 1978.» Ce centre d’hépatologie new-yorkais a traité des patients par Harvoni et a comparé les données de 43 patients en rechute virologique 6 mois après l’arrêt du traitement, avec celles de 101 patients guéris, non virémiques à 6 mois post traitement.  La principale cause de cette différence de résultats était la mal-observance (définie comme la non-prise d’au moins 7 doses d’Harvoni). Quelles en étaient les causes ? – L’incapacité de prendre le traitement prescrit dans 5 cas, – L’hospitalisation dans 3 cas, – Perte de traitement 1 cas, – Problème d’approvisionnement 1 cas – Effet indésirable pour 1 cas. En analyses multivariées, il y avait : – 3,84 fois […]