zepatierLe 4 janvier 2017, le journal officiel a publié l’acte de naissance du Zepatier®, dernier-né du laboratoire MSD qui est actif et validé pour les malades infectés par un génotype 1 et 4.

Ce nouveau traitement devrait être accessible pour les patients avec une hépatite minime qui pourraient alors être traités et ce, sans passage en Réunion de Concertation Pluridisciplinaire (RCP).

Sovaldi®, Daklinza®, Olysio ®, Harvoni®, Exviera®, Viekerax® et maintenant Zepatier®. Que les laboratoires soient Gilead, BMS, Janssen, Abbvie, MSD le problème pour nous reste l’accès aux soins.

Malgré tous les débats politiques, quel est le juste prix d’un traitement contre l’hépatite C ? Quel est le juste prix d’une guérison ? Il n’y a pas de juste prix, bien sûr !

Nous avons aujourd’hui, un arsenal thérapeutique dont on n’osait pas rêver il y a encore cinq ans.
L’enjeu n’est plus au traitement, mais aux dépistages et à la surveillance de l’après-traitement.

Pour contrôler l’épidémie d’hépatite C, il faut des dépistages efficaces, des traitements puissants, mais aussi un vaccin.

En 2017, le dépistage est en panne, les traitements sont puissants et efficaces, mais il n’y a toujours pas de vaccin disponible.

Alors le débat est-il constructif, lorsqu’on ne regarde que la question du prix ?

L’accès aux soins, a été déclaré universel le 25 mai dernier, mais le débat qui concerne la France, peut-il être considéré comme universel ?

Cela n’est-il pas prétentieux ?

Nous malades, demandons depuis 3 ans maintenant : « Un traitement pour tous, une guérison pour chacun »

Nous ne demandons pas l’universalité, mais simplement l’équité et l’accès similaire à la guérison pour tous les malades.

Aujourd’hui, nous venons de valider un système à deux vitesses :

  • Certains malades verront leur dossier passer en RCP et
  • d’autres pourront avoir un accès direct au traitement.

Par le passé, c’était les malades et les virus qui différenciaient les résultats et la durée des traitements (poids, génotype, cirrhose, compliance, alcool). Aujourd’hui, le choix est dans les mains des médecins.

L’histoire montre qu’entre établir un dossier, puis sa présentation a un staff régional ou bien un accès direct, le corps médical a recours au mécanisme d’accès aux soins les plus simples.

En demandant l’accès pour tous, nous venons de participer à la création d’un accès aux soins à deux vitesses.

Mais, prenons encore plus de distance par rapport à notre virus de l’hépatite C.
C’est le premier traitement innovant qui permet d’obtenir la guérison d’une maladie chronique.

L’accès au marché de ce nouveau type de médicament fera de façon certaine jurisprudence dans la négociation, la fixation du prix et le développement des molécules innovantes.

Les traitements de l’hépatite C sont le support de notre avenir thérapeutique et de nos relations aux futurs médicaments.

Nous devons aujourd’hui inventer le système sanitaire de demain, en collaboration entre l’industrie pharmaceutique, les politiques et les malades via leurs représentants.

Tout cela commence en 2017.

Pascal Mélin