DEUILUn triste sujet dans notre actualité.

Pourquoi la plupart d’entre nous ne s’émeut pas lorsqu’on évoque 1,4 millions de personnes qui meurent chaque année à cause des hépatites virales, alors que l’émotion submerge le pays pour 84 personnes tuées à Nice.

Un de mes professeurs nous avait dit un jour que : « l’émotion liée à la mort est fonction du nombre de morts par mètre carré, par unité de temps, multiplié par la distance qui vous sépare de cet accident, pondéré du lien affectif qui vous unit aux décédés et de leurs âges ».

Pourquoi la plupart d’entre nous ne s’émeut pas lorsqu’on évoque 1,4 millions de personnes qui meurent chaque année à cause des hépatites virales, alors que l’émotion submerge le pays pour 84 personnes tuées à Nice. Mon voisin meurt, je suis donc très touché par contre la mort de quelqu’un qui habite à l’autre bout de la ville me touche moins. 4 000 morts liés aux hépatites virales et répartis sur l’année ont moins de poids émotionnel que le crash d’un avion de 450 places dans le sud de la France. Et cet avion a plus d’importance s’il s’écrase en France plutôt qu’en Égypte, à moins qu’il s’agisse d’un avion d’une compagnie française ou qui contenait des ressortissants français. On parle plus des inondations en France que des dégâts qui sont faits en chine, à moins qu’il génère 400 morts pour que cela nous touchent alors. Il faut un tsunami à l’autre bout du monde, ou une centrale nucléaire en difficulté pour générer de l’émotion.
Le décès de Michael Jackson est plus émotionnant que les décès liés à une guerre civile en Afrique. Il est normal de mourir quand on est une personne âgée sauf quand ce sont vos parents. L’atteinte des enfants génère à coup sûr de l’émotion. Pour que les décès de personnes âgées nous touchent, il faut alors que cela soit sur une période courte comme l’effet d’une canicule.
L’émotion liée à la mort est fonction du nombre de morts par mètre carré par unité de temps multiplié par la distance qui vous sépare de cet accident pondéré du lien affectif qui vous unit aux décédés et de leurs âges.

À la veille du 28 juillet et de la journée mondiale de lutte contre les hépatites virales, il faut se souvenir de tels concepts pour améliorer la communication, car tout le monde connaît autour de lui une personne infectée par une hépatite B ou C.

Pascal Mélin