Hépatite C puisqu’on vous dit de traiter les toxicomanes…..

Voilà encore une publication qui va dans ce sens, n’en déplaise à certains.

Car il n’y a pas de bon ou de mauvais malade de l’hépatite C, comme il n y a pas de coupable ni de victime.

Le traitement de l’hépatite C comme moyen de prévention de la transmission virale chez les usagers de drogue. Cela fait juste 15 ans que je le dit et que j’en ai la preuve concrète dans le CSAPA de la Haute Marne (52) où j’interviens

C’est dans la prestigieuse revue Hepatology que l’équipe de Yazdanpanah a publié fin mars ses résultats. Certes, il s’agit d’une vision d’épidémiologistes qui se sont appuyés sur les données de l’enquête coquelicot de 2011 et sur l’histoire naturelle de l’hépatite C.

Mais les projections qu’ils ont pu établir pour les années à venir sont saisissantes. Ainsi 7 scénarii ont été élaborés dans lesquels ont été imaginés entre autres, l’amélioration du dépistage, l’amélioration de l’accès aux soins, l’amélioration de l’observance, et le traitement de tous les usagers même avec une fibrose minime. Le scénario numéro 7 quant à lui regroupait l’ensemble des différentes hypothèses.

Chaque hypothèse amènerait une diminution du taux d’hépatite C chez les usagers de drogue, mais c’est le scénario numéro 7 qui donnerait les meilleurs résultats. Le nombre de porteurs d’hépatite C passerait ainsi de 42,8% actuellement à 7% si toutes les mesures étaient appliquées.  Le nombre de cirrhoses liées au vhc baisserait de 15 % à 15 ans et de 29% à 40 ans!

Ces résultats se passent de commentaires mais il ne faut pas oublier qu’il faut améliorer chaque étape depuis le dépistage en passant par le traitement et la non recontamination. Mais l’éradication de l’hépatite C chez les usagers de drogue ne peut pas se contenter de demi-mesures; Il nous faut tout, n’éluder aucune étape, comme pour tous les autres patients , mais il faut le vouloir un peu plus.

Un traitement pour tous, une guérison pour chacun et une protection universelle.

Et ça, c’est maintenant !

Pascal Mélin

Hepatology| Hepatology 2016;63:1090-1101

A Cousien, VC Tran, S Deuffic-Burban, M Jauffret-Roustide, JS Dhersin, Y Yazdanpanah : Hepatitis C Treatment as Prevention of Viral Transmission and Liver-Related Morbidity in Persons Who Inject Drugs

5 thoughts on “Hépatite C puisqu’on vous dit de traiter les toxicomanes…..

  1. Pourquoi ne pas parler de toutes les « populations » en même temps, qui n’en forment qu’une, au final, cette des malades ?

  2. Je me souviens bien de l’enquête coquelicot…
    Les tox des villes et les tox des champs… Du discours au congrès de Bordeaux… Toujours d’actualité.
    Et cette anecdote d’une infirmière : Mais comment on peut perfuser ou injecter quelque chose sur un usager de drogues sont les veines sont trop sclérosées, trop abîmées pour faire quoi que ce soit.
    Et ta réponse : « Ben la jugulaire pardi! »
    Et toujours la même toile de fond, l’équation plus nécessaire que probable.
    RDR installée dans la/les pratique/s + ETP généralisée + tissu associatif militant soudé + courage politique + financements…
    Au fait, bientôt l’EASL?

  3. merci Marine d’expliciter vos sigles sinon le lecteur de base loin des mondes à jargon est largué.
    EASL ? ETP? RDR ? langage d’initiés….

    D’accord avec Chloé, pour qu’on parle de TOUS LES MALADES et donc, et surtout, des non prioritaires……ceux qui ne voient pas le bout du tunnel.

  4. Oui, pardon.
    Déformation professionnelle…

    ETP : Education thérapeutique
    RDR : Réduction des risques
    EASL : Congrès international du foie qui a lieu chaque année au printemps…

  5. celle* je viens de voir ma faute. x)

    A quand un grand coup de poing pour les femmes et leur progéniture ? J’en cauchemarde la nuit, j’me vois emmenée par ma meilleure amie me faire avorter pour ne pas contaminer, mais c’est déjà trop tard, il est trop grand .. Arg.

Comments are closed.