Les menottes sont un modèle épidémiologique parfait de transmission du virus de l’hépatite C et de l’hépatite B.

Premièrement, les usagers de drogues sont en 2015 un réservoir épidémiologique certain pour les virus de l’hépatite B et C. Ils sont donc plus atteints que la population moyenne.

Deuxièmement, l’usage de drogues étant pénalisé par la loi, la population des toxicomanes est significativement plus à risques d’être interpellée.

Troisièmement, les menottes utilisées lors des arrestations ne sont pas à usage unique, elles servent plusieurs fois. Les « pinces » (d’où l’expression se faire pincer) ne font pas l’objet d’une procédure de décontamination et de nettoyage à visée antivirale. Ces renseignements m’ont été confirmés par un indic du milieu (un policier), nous ne révélerons pas nos sources pour le protéger.

Quatrièmement, n’importe qui ayant eu des menottes aux poignets (en dehors des formes molletonnées roses réservées à d’autres rappels à l’ordre) vous confirmera qu’elles sont pour le moins serrantes et tenter de s’en extraire se solde par une abrasion de la peau allant parfois jusqu’à l’émission de sérosités, voire de sang. C’est ainsi que l’on retrouve souvent des traces de sang sur les menottes.

La réutilisation des menottes non stérilisées correctement devient donc une source de transmission possible …

J’exagère? peut-être un peu … mais alors prouvez moi que j’ai tort !

Monsieur le ministre de l’Intérieur, toute arrestation d’un citoyen en 2015 en ayant recours à des menottes est potentiellement un acte dangereux et à risque de transmission d’une hépatite virale.

Toute personne susceptible de se faire interpeller par la Police devrait être à jour de sa vaccination contre l’hépatite B ou dans le cas contraire avoir la possibilité de la faire.

Comme il n’existe pas de vaccin contre l’hépatite C il est impératif de nettoyer les menottes avec une exigence chirurgicale entre deux utilisations. Il est donc urgent de mettre en place une procédure de décontamination et une formation de tous les agents susceptibles de les utiliser. SOS Hépatites est prête à participer à cet effort citoyen pour contrôler cette épidémie.

Lors d’une prochaine enquête épidémiologique nous nous intéresserons aux partages et à l’utilisation des fouets et autres martinets qui ne sont pas encore à usage unique.

Pascal Mélin

Crédit photo : Michel Momy