Revenons sur le blog et la place des militants. Le temps de l’AASLD fut pour moi le temps de rencontrer les militants américains. Et j’ai pu constater que nous partagions bon nombres d’idées et de craintes. A quatre reprises les militants étaient devant l’entrée du centre des congrès et distribuaient des tracts pour dénoncer l’accès aux soins au niveau mondial et réclamer des prix acceptables. La plupart des médecins refusaient de prendre les tracts des malades comme si le tract pouvait être un mode de transmission d’infection virale. Je souhaiterais dire à quel point j’étais fier de l’ensemble des médecins français qui ont le plus souvent très bien accueilli ces militants. Mais comme souvent j’ai pu entendre les médecins souligner l’absence d’agressivité plus importante ; d’où ma question au corps médical voulez-vous vraiment des militants agressifs ?

Il est une autre dame dont je voudrais vous parler. Je sortais d’une séance plénière au congrès de l’AASLD quand tout à coup j’ai vu une dame atypique. Elle était assise les yeux tournés vers l’estrade et l’intervenant. Elle semblait concentrée sur l’intervention. A ces pieds, il y avait la sacoche du congrès mais à l’intérieur il n’y avait pas le livre résumant le programme mais simplement des pelotes de laine. Elle tricotait ! Sans regarder son travail ses doigts semblaient jouer une partition apprise par cœur. Que fallait-il y comprendre ? Le tricot un moyen de se concentrer ? Un retard dans les commandes de pulls pour Noël ? Un passe-temps ?

COEUR TRICOT 2Une tricoteuse de « Amis sans frontières» (ne riez pas ça existe) ou bien une militante qui cherchait à démêler la pelote de la science hépatologique… je me suis retourné cherchant la caméra cachée … Mais il n’y en avait pas…

Militer, tricoter pour préparer l’avenir…

Pascal  Mélin