C’est la belle rencontre du jour …

Elle vient de paris, a pris sa retraite en Haute-Marne et vit depuis 40 ans avec le virus de l’hépatite C. Jusqu’alors on ne lui avait proposé qu’une surveillance de son hépatite C, en lui décrivant le cauchemar que serait un traitement avec son lot d’effets secondaires.

Lorsque je l’ai rencontré il y a quelques années, elle m’avait avoué vouloir être traitée avant ses 75 ans car elle imaginait qu’au-delà de cet âge, elle n’aurait plus le courage et que le traitement lui ferait plus de mal que de bien, en nous expliquant que de toute façon l’hépatite C n’avait aucune répercussion sur sa qualité de vie. Dans le cadre des consultations d’éducation thérapeutique nous avons fini par la convaincre de  prendre un traitement de 3 mois. Ce matin le traitement était fini, et elle est venue à ma rencontre pour me dire : « ça y est je suis guérie ». Je lui expliquais alors que certes le traitement avait été efficace mais qu’il fallait maintenant attendre 3 mois pour être sûr de sa guérison. C’est alors qu’elle a eu cette réponse formidable et inattendue.

« Puisque je vous dis que je suis guérie, je le sais, je le sens dans mon corps. J’arrive à faire des choses que je n’ai jamais faites ou il y a très longtemps. J’ai fait une marche de 15 kilomètres. J’ai passé 40 ans à croire que l’hépatite n’avait pas de répercussion sur ma qualité de vie. Mais je me trompais, elle avait fait des dégâts, mais je ne m’en rendais pas compte. On croit qu’elle n’impacte pas notre vie mais ce n’est que la représentation que nous en avons. Si j’avais su, je me serai traitée plus tôt, pour mieux en profiter. Aujourd’hui, je sais dans mon corps que je suis guérie, et je veux en profiter »

Ce témoignage montre à quel point vivre avec un virus peut amener une intégration de ces effets dans le schéma de vie propre à la personne, qui peut même l’amener à croire que sa qualité de vie n’est pas altérée. Ce n’est alors qu’après guérison que la vérité s’impose et prend sens.

Pascal Mélin