C’est une question que nous avons entendu lors du dernier forum de SOS Hépatites. Cette question peut s’entendre différemment à l’aube de la présentation du rapport d’experts sur la prise en charge de l’hépatite C en 2015.

Depuis 25 ans, dès la découverte du virus de l’hépatite c et la mise au point d’un test de dépistage, la France s’est lancée dans une campagne de dépistage des populations à risque. La progression du dépistage c’est fait parallèlement à celle de l’efficacité des traitements. Mais en 2015 les traitements ne sont accessibles que pour les personnes présentant des lésions hépatiques sévères ou très sévères. Les patients porteurs d’hépatites sévères sont la partie visible et immergé de l’iceberg, ils ont largement été dépistés depuis 20 ans. Aujourd’hui, quand une personne accepte de se faire dépister, si elle est retrouvée porteuse du virus de l’hépatite C, elle n’a qu’une chance sur trois d’être suffisamment atteinte au niveau hépatique pour pouvoir accéder au traitement. Mais peut-on dire qu’accéder au traitement soit une chance ? Il n’est  déjà pas simple de se faire dépister du cancer du sein, du colon ou de la prostate alors que les traitements existent et sont accessibles, mais accepteriez-vous de vous faire dépister de l’hépatite C alors que vous avez deux chances sur  trois de vous entendre dire que vous n’êtes pas suffisamment malade pour être traité ? Se dépister pour se voir proposer une simple surveillance est-ce un non choix possible ? Pourtant savoir c’est déjà pouvoir et c’est probablement un axe fort pour les programmes d’éducation thérapeutique, organiser et accompagner. En attendant que les prix des traitements baissent pour pouvoir traiter un plus grand nombre de malades.

Alors faut-il faire une pause dans la politique de dépistage ?

La santé publique est-elle dictée non par la science médicale et épidémiologique mais par des contraintes financières ?

L’économie est-elle devenue la seule règle de l’accès aux soins ?

Que devons-nous répondre à cette femme qui nous a dit « j’ai accepté de me faire dépister, et maintenant je sais que suis infectée et contagieuse et l’on ose me dire que les traitements ne sont pas pour moi, je ne vis plus. »

Un dépistage efficace des traitements performants.

Nous devons

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Pascal Mélin