Ce titre est provocateur pendant la semaine de la vaccination, mais il correspond à une réalité.

J’ai pu rencontrer il y a deux ans une aide-soignante dans le cadre des  consultations post- accident de travail. En effet, comme tous les soignants, elle avait au début de ses études, bénéficié d’une vaccination systématique contre l’hépatite B. Mais lors d’une piqure accidentelle avec le sang d’un malade, elle bénéficie d’un bilan de dépistage VIH/VHC et le contrôle de la protection contre l’hépatite B. Et surprise, on découvre qu’elle n’est pas protégée contre le VHB car elle n’a pas d’anticorps protecteurs. Le protocole professionnel prévoit que l’on refasse une nouvelle séance de vaccination, ou des injections, ou des injections de rappel si le taux d’anticorps n’est pas suffisant.

Avant de reprendre la vaccination, on décide d’approfondir le bilan et là, on découvre que la patiente est porteuse chronique d’une hépatite B. Comment en est-on arrivé là ?

Deux hypothèses sont possibles.

1. La patiente fait partie des rares patients chez qui le vaccin n’a pas été efficace et elle a été malheureusement contaminée et n’a pas guérit spontanément pour devenir porteuse chronique.

2. Lors de sa vaccination, la patiente était déjà porteuse de l’hépatite B de façon chronique, ce qui explique l’inefficacité de la vaccination.

En poursuivant les explorations et devant l’origine géographique de la patiente, on décidait de réaliser un dépistage familial. On découvrait alors que sa mère était porteuse chronique tout comme sa sœur. L’explication était là, nous étions en présence d’une hépatite B dont l’origine était maternelle, c’est sa mère qui l’avait contaminée au moment de sa naissance…

Cette histoire nous rappelle un point important.

Lorsqu’on va vacciner des adultes, il est possible d’arriver après l’hépatite B et de vacciner des personnes de bonne foi en espérant les protéger, alors, que l’on arrive déjà trop tard. Seuls les nourrissons nés de mère non porteuse d’hépatite B (dépistage obligatoire au cours de la grossesse) peuvent être vaccinés sans aucune hésitation. Chez les ados, on se retrouve dans les programmes de vaccination de rattrapage  avant l’entrée en sexualité. Chez les adultes, il faut se poser la question de l’intérêt d’un dépistage préalable.

Pascal Mélin