AVEZ-VOUS DES COMPETENCES PSYCHOSOCIALES ?

 

Le concept a été développé dans les années 1980 en matière d’éducation scolaire. Puis, ce même concept a été adapté aux programmes d’éducation thérapeutique, pour enfin être reconnu par l’OMS (Organisation Mondiale de la Santé) en 1993 avec la définition suivante :

« Les compétences psychosociales sont la capacité d’une personne à répondre avec efficacité aux exigences et aux épreuves de la vie quotidienne. C’est l’aptitude d’une personne à maintenir un état de bien-être mental, en adoptant un comportement approprié et positif à l’occasion des relations entretenues avec les autres, sa propre culture et son environnement. »

 Pour  être plus précis on considère qu’il y a 10 compétences à acquérir.                                                                                              BLOG COMPETENCES

1/savoir résoudre les problèmes

2/ savoir prendre des décisions

3/avoir une pensée créative

4/avoir une pensée critique

5/savoir communiquer efficacement

6/être habile dans ses relations interpersonnelles

7/avoir conscience en soi

8/avoir de l’empathie pour les autres

9/savoir gérer son stress

10/savoir gérer ses émotions.

Vous, je ne sais pas, mais moi je ne suis pas certain de les avoir toutes! Et ce ne sont là que les compétences psychosociales à acquérir pour être un citoyen standard. Ce que l’école a fait avec chacun de nous normalement ! Maintenant, imaginez mettre tout cela à la sauce maladie chronique. Pour être autonome avec une maladie chronique il vous faudra acquérir ces différentes composantes. Qui peut prétendre avoir tout bon? Je ne suis même pas sûr que les soignants que l’on nous présente en éducation thérapeutique puissent eux-mêmes avoir toutes ces compétences. Être malade ce n’est pas être parfait, d’ailleurs si nous étions parfaits nous ne serions pas malades.

L’éducation thérapeutique c’est prendre une personne dans l’état dans lequel elle se présente et lui  faire acquérir les compétences psycho sociales pour accéder aux soins et, éventuellement à une guérison, en lui permettant de trouver des outils ou des leviers extérieurs si elle n’a pas l’ensemble des capacités nécessaires à sa prise en soins. Bon nombre de personnes aujourd’hui sont en déficit de compétences psycho sociales et on peut même dire que lorsque l’on n’arrive pas à entrer en communication avec une tierce personne c’est parce que nos compétences psycho sociales sont trop différentes. Voilà un débat à porter concernant les patients en échec d’éducation thérapeutique.

 

Pascal Mélin

Notre 17ème Forum s’est tenu les 26 et 27 mars derniers à Paris…

 

… dans les locaux de Médecins Du Monde et il a tenu toutes ses promesses. Plus de 200 personnes étaient présentes, malades, entourage ou professionnels.

Le Forum a été clôturé par Madame Françoise Weber, Directrice adjointe à la DGS, mandatée par la Ministre et le Directeur Général de la Santé.

Durant ce Forum, nos échanges nous ont amenés de nombreuses recommandations mais nous avons souhaités mettre trois  axes plus particulièrement en avant. Ces trois recommandations ont étés remises à Danièle Déclerc-Dulac  Présidente de SOS hépatites Centre Val de Loire  et à Madame Weber. Les voici.

1/ Les UTEP et les programmes d’éducation thérapeutique doivent être renforcés et diversifiés.

En ces temps de contraintes budgétaire il serait tentant de supprimer les équipes d’éducation thérapeutique au vu des progrès apportés aux traitements de l’hépatite C, avec plus de 95 % de guérison en 3 mois. Plus que jamais les malades et les soignants demandent que les programmes d’éducation ne se résument pas uniquement à  accompagner le temps du traitement pharmacologique. Il faudrait donc développer des programmes sur trois temps, celui  du  dépistage à l’évaluation, puis de la surveillance ou du traitement et enfin l’après traitement. Il faudrait de plus développer des programmes spécifiques à certaine situation. Programme pour les patients addicts, pour les porteurs de l’hépatite B ou de co-infection, mettre le dépistage de la l’hépatite B chez la femme enceinte au premier trimestre pour pouvoir ensuite  dérouler un programme d’accompagnement. Pour les malades au stade de la cirrhose et enfin  des programmes post-guérison ou pour les usagers de drogue, des programmes d’accompagnement à la non recontamination.

2/ les RCP (Réunion de Concertation Pluridisciplinaire) officialisées depuis fin décembre 2014.

Elles sont décriées car centrées sur les centres de référence. Lors du Forum, il a été rappelé la nécessité d’étendre les lieux de RCP pour mieux mailler le territoire, en restant au plus près des patients, en reconnaissant des centres dans les hôpitaux généraux mais aussi  auprès des spécialistes libéraux. Les RCP devraient pouvoir bénéficier des nouveaux modes de communication telle la visioconférence. Mais il nous semble  fondamental, en cas de transmission de données, que les communications soient sécurisées. On pourrait même réfléchir à un guide méthodologique sur la tenue et l’organisation d’une RCP sous l’égide de l’HAS. Que dire du contenu de la fiche ? Le mode de contamination ne devrait pas figuré, et pourquoi demander la présence d’un professionnel de l’éducation et du travail social alors qu’aucune donnée propre à ces deux champs ne figure sur cette fiche ? Pourquoi n’est-il pas prévu la présence obligatoire d’un addictologue ou d’un psychiatre, pourquoi les professionnels présents ne figurent- ils pas sur la fiche? Pourquoi l’information du patient et son accord ne figurent-t-ils pas? Et pourquoi n’y aurait-il pas  un représentant des usagers dans les RCP? Pourquoi n’est-il pas possible d’étendre les RCP au domaine des infections virales B? Il y a de nombreuses adaptations de ce nouveau dispositif qui semblent pour le moins bâclé à moins qu’il ne s’agisse simplement d’un contrôle budgétaire?

3/ Le droit à l’oubli.

La loi de santé qui est en débat à l’assemblée, reconnait le droit à l’oubli qui vient d’ailleurs  d’être signé à l’Elysée en présence du Président de la République et de nos représentants d’usagers. Ce droit à l’oubli est réclamé par les malades guéris d’un cancer qui sont d’abord déclarés en rémission puis après quelques années sont dits guéris. Mais cette guérison n’est pas toujours sociale ou sociétale. Les patients ne peuvent pas contracter d’assurance ou de prêt bancaire. S’ils ne signalent pas leurs antécédents, ils peuvent alors être accusés de faux et rendre ainsi leur contrats caduques et non avenus. En 2015 le droit à l’oubli permet aux malades, sous certaines conditions, de ne plus signaler leur cancer. Il semble évident que ce progrès doit très rapidement s’appliquer aux patients guéris d’une hépatite C qui n’étaient pas en stade grave. Le droit à l’oubli de l’hépatite C semble évident.

Nous avons élaboré d’autre recommandations lors de ce Forum, mais ces trois axes principaux nous semblent des plaidoyers de la plus haute importance et qui ont le mérite de n’engager que des  décisions politiques sans beaucoup de moyens.

Mais faut-il être économe pour être entendu ?

Pascal Mélin

POUR DES HOMMES FORTS, UN FORUM !

 

Cette semaine sera celle de notre Forum 2015. Le dernier s’était tenu en novembre 2013 et nous avions décidé de le déplacer au printemps. C’est chose faite.

FORUM

Mais qu’est-ce qu’un forum ? Etymologiquement, le forum dans la Rome antique, c’est la place du marché où l’on peut se retrouver pour débattre et échanger des idées. C’est toujours ce que font nos hommes politiques avant les élections. Pour nous notre Forum Annuel, c’est un moment d’échange et de partage, un espace de confrontation pour  construire ensemble et définir une ligne politique qui émane de tous.

Pour la session 2015,  nous voulons rassembler les réflexions des malades et des soignants car il nous semble que si les mots et la souffrance sont différents, les revendications sont identiques.

Pour permettre au plus grands nombre de participer à cette construction deux points essentiels  sont à rappeler.

Premièrement,  malgré les difficultés financières de notre association nous avons voulu rendre notre Forum le plus accessible possible.

Deuxièmement, ce forum se tiendra dans les locaux de Médecins du Monde avec qui, nous partageons beaucoup de valeurs dont l’accès aux soins pour le plus grand nombre. Nous tenterons de tirer de ces échanges quelques idées fortes qui seront nos recommandations pour l’année à venir.

Nous partageons votre quotidien, ce qui nous motive à défendre vos idées.

 

Pascal Mélin

ET LES EXPERTS AUSSI…

 

Ne vous méprenez  pas je ne parle pas des centres experts de l’hépatite C ni même des  réunions de concertation multidisciplinaire.

Non ! blog expert 4

Je veux parler de l’épisode 3 de la saison 15 de la série culte « Les Experts ». Dans cet épisode intitulé avec beaucoup d’originalité « Le virus dans le sang », deux inspecteurs arrivent sur une scène de crime face à une victime décédée d’une fièvre ictéro-hemorragique. La scène est mise en quarantaine par le CDC (Centers for Disease Control : Centre de Contrôle des Maladies) qui a été appelé à la rescousse. Bien sûr les deux agents se déshabillent et sortent en combinaisons étanches  pour être emmenés en isolement et placés sous surveillance  car il n’existe pas de traitement. On apprend alors  qu’il s’agit bien d’une fièvre ictèro- hémorragique due à un virus cousin d’Ébola, à savoir le virus ibare ou virus de la fièvre bolivienne ou bien encore le typhus noir. La mortalité de ce virus varie de 5 à 30% et non de 80% comme l’annoncent les experts, mais c’est émotionnellement plus vendeur.

Pourtant l’histoire de ce virus est intéressante par ses enseignements historiques. Ce virus à ARN de la famille des arena viridae a été observé pour la première fois dans le village de San Joachim en Bolivie (d’où son nom de fièvre bolivienne) et mis en évidence un an après en 1963. On pensait alors que le vecteur de ce virus n’était autre que certains moustiques, on a donc utilisé des quantités massives de DDT et la maladie a disparue confirmant ainsi l’hypothèse. Pourtant quelques années plus tard, une nouvelle épidémie explosait et permettait alors de comprendre que le vecteur était finalement une souris. Le DDT avait certes tué les moustiques mais il s’était accumulé tout le long de la chaine alimentaire faisant disparaitre les souris et les chats. Ce qui avait induit en erreur les scientifiques. Mais le chat ayant disparu, les souris purent se multiplier rapidement  et faute de prédateur, une nouvelle épidémie apparaissait alors. L’homme pense toujours pouvoir maitriser les choses… Restons humbles.

Même les experts !blog expert 2

Encore une série qui utilise le chiffon rouge des virus  pour mettre de l’intrigue et du drame, rassurez-vous les héros ne meurent pas. J’en viendrais presqu’à regretter les séries de mon enfance, les Laurel et Hardy, Fifi brin d’acier, Zorro, L’homme qui tombe à pic, La croisière s’amuse, Les mystères de l’ouest, les envahisseurs, Les têtes brulées, Les brigades du tigres ou bien encore les Arsène Lupin. Au fait, si vous avez vu plus de la moitié de ces séries, vous ne devez pas avoir loin de 50 ans ou plus mais avez-vous déjà pensé à vous faire dépister pour l’hépatite B & C ?

Pascal Mélin

HEPATITE C ET CIRRHOSE : IL FAUT LUTTER CONTRE LE DIABETE…

 

CERCLE BLEU 2C’est la conclusion d’un travail réalisé par l’équipe de l’INSERM 149 de Beaujon. Quand le diagnostic de cirrhose est posé, l’espérance de vie est significativement diminuée par les complications induites, sensibilité aux infections, insuffisance rénale, ascite ou cancer du foie. Mais il semble bien que l’existence d’un diabète associée à une cirrhose augmente significativement les complications induites.

Pour cette étude, 348 patients atteints d’une cirrhose due au virus de l’hépatite C ont été suivis de 2006 à 2008. Lors de l’entrée dans l’étude, les patients ont été analysés selon leur co-infection VIH ou VHB, leur âge, leur poids, la gravité de leur cirrhose et leur consommation d’alcool. Ensuite, pendant 2 ans les patients ont été suivis et surveillés selon l’apparition de complication ou de décès ou encore de greffe.A l’entrée dans l’étude, 30% des malades présentaient déjà un diabète et la moitié de ces patients sont décédés pendant les deux ans de surveillance. L’analyse des données a prouvé que l’existence préalable d’un diabète était un facteur à part entière de décès.

Le professeur Dominique Valla co-auteur de cette étude déclare « Si la cirrhose n’est pas encore trop grave mais que le patient est diabétique, ses chances de survie sont réduites par rapport à un non diabétique ».

Cette preuve étant acquise, se pose maintenant la question du dépistage du diabète chez les cirrhotiques et de prouver que la prise en charge correcte et optimale du diabète permettrait une réduction significative des complications et donc de la mortalité.

Ce travail montre à quel point l’entrée dans une cirrhose n’est pas la fin d’une histoire mais le début d’une autre et qu’il faut alors adapter les stratégies de dépistage et de surveillance. Mais cette étude qui portait sur des patients cirrhotiques avec une hépatite C est-elle généralisable à tous les patients atteints de cirrhose ? Voilà une question hépatante mais qui nous amène à dire à tous les cirrhotiques de surveiller de près leur diabète.

Pour en savoir plus : L. Elkrief et coll. Diabetes mellitus is an independent prognostic factor for major liver-related outcomes in patients with cirrhosis and chronic hepatitis C. Hepatology, édition en ligne du 20 mai 2014

Pascal Mélin

Séries et virus : avec Scorpion ça continue…

VIR I VVous avez vu Scorpion la nouvelle série de la chaine M6 ? A nouveau on injecte du virus car c’est ça qui est vendeur aujourd’hui…

Le deuxième épisode de la saison 1 s’intitule antivirus. Mais le sujet est pour le moins tiré par les cheveux car il amène la confusion entre virus informatique et virus infectieux… Cela peut sembler  particulier  mais lors d’un forum  de SOS hépatites, il y a deux ans, nous avions fait débattre un spécialiste de la lutte antivirale informatique avec un médecin VIR I Rresponsable de lutte antivirale. Outre la proximité de vocabulaire nous avions compris que les concepts étaient proches entre le milieu informatique et la lutte infectieuse.

Dans la série Scorpion, le méchant contamine la fille du gouverneur  avec, bien sûr, un virus inconnu qui s’en prend au foie et aux poumons, tuant ses victimes VIR I BVIR I VCVIR I OVIR I Men quelques jours. Comble du raffinement  virologique, il contamine également les ordinateurs de ses victimes.

Mais ne vous inquiétez, pas les gentils arrivent à débusquer le méchant, trouver les différents virus & à les neutraliser.  A tous les scénaristes qui sont en train d’écrire le scénario des séries de l’année prochaine : contactez SOS Hépatites, nous débordons d’idées à base de virus est c’est pour le moins très tendance.

Scorpion encore une série pour laquelle on en pince pas !VIR I O

Pascal Mélin

HEPATITE C : il faut résister aux résistances…

 

 

cible rouge 2Les nouveaux traitements de l’hépatite C par des Antiviraux d’Action Directe (AAD) permettent de plus en plus souvent de guérir les porteurs de virus de l’hépatite C. Pourtant les rares personnes qui ne peuvent guérir ont acquis le plus souvent des virus résistants. La prochaine étape dans la lutte contre l’hépatite C est probablement  l’analyse et la compréhension des mécanismes d’acquisition des résistances par les virus.

C’est ce sujet avant-gardiste qu’a choisi d’étudier l’équipe du Pr Thomas Baumert de l’Unité Strasbourgeoise U1110 de l’INSERM.

Quand une  cellule du foie est infectée par le VHC, elle libère de nouvelles particules virales pour contaminer de nouvelles cellules hépatiques : deux voies sont alors  possibles.

La plus classique, c’est la libération dans la circulation générale où les virus sont alors exposés aux anticorps neutralisants et aux médicaments présents dans le sang. Le deuxième mode de transmission des virus est la transmission directe de cellule à cellule. L’équipe strasbourgeoise a montré que lorsque des virus sont résistants, c’est la voie de transmission directe de cellule à cellule qui est favorisée car elle permet aux virus d’échapper aux anticorps et aux AAD.

Heureusement l’équipe du Pr Thomas Baumert a déjà envisagé une parade. Sur chaque cellule, il existe des récepteurs d’entrée ou se fixe le virus pour pénétrer une nouvelle cellule. En effet une nouvelle classe thérapeutique est en développement les HTEI (pour Host Targeting Entry Inhibitor : inhibiteur d’entrée des récepteurs cellulaires). Il suffirait d’imaginer une combinaison de HTEI & d’AAD (Antiviral d’Action Directe) pour bloquer les deux modes de transmission des virus et donc, de se protéger des résistances.

Comprendre les résistances c’est se rapprocher encore plus des 100% de guérison. Voilà des idées aux quelles on ne peut être que sensible.

Pascal Mélin

 

Pour en savoir plus :

Chung RT, Baumert TF (2014) Curing chronic hepatitis C–the arc of a medical triumph. N Engl J Med 370(17):1576-8. doi: 10.1056/NEJMp1400986.

http://www.inserm.fr/actualites/rubriques/actualites-recherche/hepatite-c-lutter-contre-le-virus-et-ses-resistances#

 

 

 

 

Le parcours d’une résilience…

merci papa

« MERCI PAPA », un livre de Soad Bogdary publié en octobre 2014 aux Editions du Cherche Midi, dans la collection Documents pour 16,50€.

Le 14 juillet 1979, un parricide éclabousse la Ville de Mantes –la Jolie. Avec l’aide de sa mère, Farid, l’un des 12 frères et sœurs de l’auteur a poignardé le pécore, car c’est ainsi qu’elle surnomme son père. Ce père était violent, maltraitant, odieux avec sa femme et ses enfants, leurs infligeant tortures et châtiments corporels.

Ce livre est une histoire de vie exceptionnelle, mais il est intéressant à plusieurs titres.

Du côté addictologique, il retrace bien l’expérimentation progressive des produits pour passer de l’usage à la dépendance, mais surtout il nous rappelle que l’usage des produits varie avec le temps et en fonction de la psyché de la personne.

Ainsi, Soad Bogdary relate avoir traversé certains passages de sa vie avec de la drogue & d’autres non. Pour ceux qui n’ont pas connaissance du milieu, cela reflète bien des allers- retours spontanés dans le produit et ses mouvances d’effets. Et que les personnes soient incarcérées ou en liberté.

C’est le formidable récit d’une résilience. Cette résilience si chère à Boris Cyrulnick. En effet, Soad a transformé les traumatismes qu’elle a vécus en une formidable source d’énergie et de détermination. Elle comprend même qu’elle doit cela au pécore à qui elle dit « Merci papa ».

Enfin, dans les dernières pages du livre, menant un combat contre le cancer, elle déclare : « cela fait six ans que je n’en ai plus que pour 4 mois »

A lire. Un livre formidable qu’il faut mettre dans sa bibliothèque hépatante !

Pascal Mélin

 

Hépatite B. Mieux comprendre les contaminations.

 

blog paradoxe HBVous êtes de plus en plus nombreux à vous intéresser à l’hépatite B et à nous poser des questions. Les plus curieux  nous posent souvent la question suivante : pourquoi si un enfant se contamine de l’hépatite B à la naissance, il passera à la chronicité dans 90% des cas alors qu’à l’âge adulte, ce chiffre n’atteint pas 10% ? A quel âge se fait le changement ?

C’est le paradoxe de l’hépatite B.

Lors de l’accouchement, si le bébé se contamine en naissant d’une mère porteuse du virus, le risque de passage à la chronicité est de 90%  alors qu’en cas de contamination à l’âge adulte, il est de moins de 10% (si vous n’êtes pas vacciné). Pour répondre à cette question, reprenons un texte déjà publié sur le blog en janvier 2013.

Il faut reprendre des travaux publiés en 1993, vous noterez au passage que de tels travaux ne seraient plus éthiques car on ne peut imaginer suivre des enfants nés de mère atteinte d’hépatite B sans les vacciner. Cette équipe a repris tous les cas d’hépatite B aigüe pédiatrique pris en charge et a suivi les enfants en fonction de l’âge au moment de leur contamination. Ils confirment alors que le taux de passage à la chronicité à la naissance est bien de 90% puis de 80 à 6 mois pour atteindre les 50%  avant l’âge de 1 an et passé 5 ans, les résultats sont identiques aux chiffres retrouvés chez les adultes  avec 5 à 10% de passage à la chronicité. On peut retenir plusieurs leçons d’une telle étude, premièrement à la naissance le système immunitaire n’est pas opérationnel pour lutter contre une hépatite B, et celui-ci mettra plusieurs années à devenir mature, il est donc préférable de vacciner les nourrissons et c’est là sans doute,  la deuxième leçon à retenir.

DOIGT 3En 2015, avec les moyens de prévention il est inadmissible de laisser sur la planète une femme accouchée sans la dépister au moins par un TROD VHB et il est alors criminel de ne rien faire pour l’enfant en le laissant entré 9 fois sur 10 dans une maladie chronique.

Pascal mélin

 

 

 

 

 

CSAPA ET PRISE EN COMPTE DES HEPATITES VIRALES…

 

Nouvelles données épidémiologiques au sujet des hépatites virales dans les CSAPA en 2015.

Nous dénoncions l’absence de données épidémiologiques récentes  et cela a été repris et noté dans le rapport d’experts Dhumeaux, alors félicitons nous maintenant.

Depuis plusieurs années l’équipe bordelaise menée par le Pr Deledinghen et le Dr Faucher coordonne l’observatoire « CSAPA SCAN »  et lors du dernier congrès des Journées Francophones  Hépato-gastroentérologie et d’Oncologie Digestive (JFHOD) qui s’est tenu à paris du 19 au 22 mars 2015 ils ont présenté les résultats de deux travaux (abstract 403 et 406).

FIBROSCAN 2La première communication portait sur la période  de janvier 2012 à mars 2013 et concernait plusieurs CSAPA ayant à leur disposition un fibroscan. Ce qui permettait de débuter la prise en charge de nouveaux patients par un fibroscan. 860 usagers ont été inclus (dont 663 hommes)  62 % avaient un traitement de substitution, 447 avaient des antécédent d’usage de drogue par voie intraveineuse, SDF 16%, antécédent d’incarcération 43%. Le fibroscan permettait un dépistage de la fibrose et facilitait l’acceptation des dépistages sérologiques même si la majorité avait un fibroscan dans les valeurs normales, 16,4 % avaient une fibrose significative avec des chiffres supérieurs à 7,6 kPa et 4,8% une cirrhose avec des mesures supérieures à 13 kPa. La prévalence de l’hépatite C était de 34 %, le VHB de 1 ,2% et le VIH de 2 %.

La leçon que nous retiendrons est que 20% soit 1 patient sur 5 a une fibrose significative lors d’une nouvelle prise en charge dans un CSAPA. De plus, le taux de contamination des usagers serait en baisse et évalué à 34% contre les 70 % que les études épidémiologiques vieilles de dix ans donnaient. Le VIH et le VHB semblent sous contrôle bien que l’on puisse regretter l’absence de donnée sur la vaccination.

Il faut noter, dans cet observatoire, que dans 94% des cas cela a pu aboutir à une consultation médicale spécialisée.

La deuxième  communication concernait la période de 2005 à 2013 et concernait 971 patients de CSAPA dépistés de l’hépatite C. La sérologie n’était retrouvée positive que chez 172 usagers soit 17% dont 120 étaient virémiques. Pour 50 patients le traitement a été instauré et suivi au CSAPA même. La guérison virologique a pu être obtenue dans 69 % des cas et il y a eu 7 non répondeurs (dont 2 par arrêt sur décompensation psychiatrique), 4 rechutes et une re contamination confirmée. Les auteurs concluent à la faisabilité des traitements dans le CSAPA  mais appellent à une plus grande vigilance sur les co morbidités hépatiques (NASH, alcool, cirrhose) car il n y a pas que les virus et il faut travailler à la non recontamination.

Ces deux travaux multicentriques confirment des données déjà remarquées par d’autres équipes. Mais on peut souligner plusieurs points.

1/L’épidémiologie de l’hépatite C évolue et il semble qu’en 2015 moins de 25 % des usagers de drogue soient porteurs du virus de l’hépatite C. Comment expliquer ce résultat ? Il ne faut pas y voir la preuve  de l’efficacité des traitements chez les toxicomanes, car les traitements n’ont pas été si nombreux. La seule explication est que les porteurs historiques ne sont plus dans les CSAPA ou sont morts ! Par contre il semble évident que la nouvelle génération d’usagers est moins contaminée prouvant ainsi l’effet positif des messages d’information et des stratégies de Réduction Des Risques.

2/ On  confirme à nouveau que  les recontaminations sont exceptionnelles mais il est absolument nécessaire de mettre en place des programmes d’accompagnement post traitement spécifiques.

3/Les traitements sont efficaces bien qu’encore insuffisamment utilisés, mais ces observatoires ont porté sur un temps ou les traitements ne comportaient que de l’interféron et de la ribavirine.

On peut imaginer que l’arrivée des nouveaux traitements avec moins d’effet psychiatrique puisse favoriser l’accès aux traitements et les guérisons. A moins que le prix du traitement soit le nouveau frein au traitement des toxicomanes en 2015.

Pascal Mélin