Archives Mensuelles: février 2015

HEPATITE C LE NOMBRE DE PATIENTS SOUS TRAITEMENT DIMINUE….

  La rumeur court depuis quelques temps, le nombre de patients sous traitement anti VHC serait en diminution. Il semblerait de plus que la rumeur puisse être confirmée par les grossistes pharmaceutiques. Pourtant les traitements n’ont jamais été aussi puissants qu’en 2015 ou presque 100% des patients  peuvent être guéris  de leur infection virale chronique. Alors comment expliquer un tel résultat. ? Y a-t-il un relâchement du dépistage en France ? Les patients ont-ils peur des nouveaux traitements ? Le coût des médicaments est-il un frein médical à la prescription ? Ou bien faut- il y voir là un effet de la mise en place du recours au RCP des centres de référence ? Ou bien y a-t-il d’autres explications ? Lorsqu’on discute aux quatre coins de l’hexagone avec les différents médecins intervenants, on s’aperçoit vite que la mise en place des RCP a pour le moins été mal accompagnée et que la pédagogie semble incertaine. De nombreux médecins qui traitaient plusieurs patients par an voient la présentation des dossiers en RCP  comme un frein à l’accès au traitement et sont prêts à jeter l’éponge et ne plus prendre en charge les malades atteints d’hépatite C  […]

L’HEPATITE B AU PALAIS DE LA DECOUVERTE…

  SOS hépatites dénonce très souvent l’insuffisance de communication sur les hépatites virales à destination du grand public. Pour être honnête, nous devons rendre hommage et donner un coup de chapeau au Palais de la Découverte pour son exposition sur les risques d’épidémies en 2015. On y parle bien sûr du virus Ébola mais aussi de l’hépatite B qui est probablement le plus grand fléau viral connu en 2015 ? Avec 450 millions de porteurs chroniques au monde, 5 à 7 millions de nouvelles contaminations par an et 2 millions de morts par an autour de la planète, on pourrait aussi dire que le virus de l’hépatite B est la deuxième cause de cancer acquis après le tabac. En comparaison, il y a 10 fois moins de personnes atteintes par le VIH au monde. On pourrait parler de la structure même du virus de l’hépatite B qui, avec sa double enveloppe lui permet de résister à l’alcool, à l’éther et survivre très longtemps à l’air libre. Il est intéressant d’avoir remis au goût du jour le virus de l’hépatite B en le mettant en place à côté du virus Ébola. En espérant que les jeunes générations, à qui cette exposition est destinée, […]

RCP: Retarder l’hépatite C et son Programme

Si vous trouvez d’autres acronymes plus drôles pour les RCP envoyez-les-nous, un an de traitement par interféron pour récompenser les plus cinglants. RCP, ça veut dire Réunion de Concertation Pluridisciplinaire. Actuellement aucune hépatologue ne peut mettre en route un traitement d’hépatite C à un de ses patients sans faire valider la décision de traitement par la RCP régionale qui est le plus souvent rattachée au centre expert. Sans l’obtention d’un LAISSER-PASSER de la RCP, le pharmacien ne délivrera pas le traitement. Quel est le sens de la création de cette autorité de régulation? Une aide scientifique? Sûrement pas ! Pendant des années les traitements étaient difficiles à mettre en place et à prendre, mais malades et spécialistes étaient laissés pour compte. Actuellement c’est pour laisser les comptes et contrôler les dépenses que le concept de RCP a été mis en place. Celle-ci (la RCP) devra comprendre un spécialiste un travailleur social, un professionnel de l’éducation thérapeutique et un psychologue. Bref, tout ce que nous demandions depuis longtemps pour s’occuper des malades  et non pas pour prendre des décisions sur dossier! Mais parlons de la fiche de RCP, véritable passeport […]

GENOTYPE 3 : LES PREMIERS SERONT LES DERNIERS…

    Il ne s’agit pas d’une simple évocation biblique mais d’un changement de paradigme lié aux nouveaux traitements. Pendant longtemps le lot de consolation des personnes infectées par une hépatite C était de s’entendre dire «dans votre malheur vous avez de la chance, vous êtes infecté par un génotype 3 et actuellement, c’est le sous type viral qui se soigne le mieux avec lequel on obtient  les meilleurs résultats. » En effet, lors de la grande époque des traitements par interféron /ribavirine, les personnes infectées par un génotype 1 n’avaient guère plus de 40% de chance de guérir avec des traitements de 12 à 18 mois. Pour le génotype 3,  à cette époque, on obtenait 80% de guérison avec, le plus souvent, seulement 6 mois de traitement. Les choses n’étaient pas  équitables et l’on comprend bien que l’épidémie d’hépatite C liée au génotype 3 a été plus facile à contrôler que celle liée au génotype 1. C’est d’ailleurs sur ce sous type virale que se sont développés les axes de recherche avec des anti-protéases de première génération qui n’étaient efficaces que sur le génotype 1. Aujourd’hui, les premiers sont les derniers. Les personnes infectées […]

SI T’ES ACCRO Y A SELINCRO….

  Sorti sur le marché depuis  novembre 2014, le Nalméfène (Selincro) sera surement plus discret  que le bacloféne. Le laboratoire Danois Lundbeck nous propose pourtant une révolution dans le monde de l’addictologie. Depuis un siècle l’alcoologie, sous différentes formes, prône l’abstinence et le maintien de l’abstinence ainsi les quelques médicaments du champ alcoologique sont le Révia ou l’Aotal. Pourtant, une vision moderne des comportements addictifs, est bien de considérer cette pathologie comme une pathologie de la perte du contrôle. C’est d’ailleurs dans la prise en charge  des toxicomanes et via la réduction des risques (RDR) que l’on imagine pouvoir reprendre la maîtrise sur ses consommations. La réduction des risques et la reprise du contrôle seront maintenant incontournables en alcoologie. En effet le Selincro est un médicament réservé aux consommateurs chroniques à plus de 6 verres par jour ayant pour but de diminuer leur consommation et d’en reprendre la maîtrise. Œuvrant autour des maladies du foie et des infections virales, le Selincro devrait y trouver sa place. Attention, il est contre-indiqué en association avec des opiacés ou, de la buprénorphine. Car c’est un agoniste partiel. Pour les patients atteints d’hépatite virale C, on […]

Un Hommage Hépatant à Marie-Thérèse Vitière….

  Marie-Thérèse Vitière s’est  éteinte les premiers jours de 2015, c’était une femme hépatante. Son parcours témoigne à nouveau du caractère silencieux des maladies du foie et des cirrhoses en particulier. Son décès nous rappelle qu’il y a une perte de chance à ne pas avoir connaissance d’être porteur d’une cirrhose. Chaque année le CDAG, l’unité d’éducation thérapeutique (UTEP) du centre hospitalier Geneviève  Anthonioz  De Gaulle et SOS hépatites Champagne Ardennes, proposent à la population de Saint-Dizier, un dépistage des maladies du foie. Cette manifestation se déroule chaque année en mai. En 2013, Marie-Thérèse avait participé à cette offre de dépistage le CDAG ne découvrait ni hépatite C, ni hépatite B, ni VIH par contre le fibroscan  était en faveur d’une atteinte grave du foie. Après avoir informé son médecin traitant, nous avons débuté les examens qui ont permis de découvrir que madame Vitière était porteuse d’une cirrhose du foie. Cette cirrhose était due à une maladie auto-immune, son corps produisait des anticorps qui attaquaient et détruisaient son foie. Dans un premier temps, nous avons tenté de traiter sa maladie mais la surveillance a permis de découvrir l’apparition d’un cancer du foie. Malgré une prise en charge chirurgicale rapide, les choses  se […]

BMJ, LE JOURNAL A SCANDALE HEPATOLOGIQUE.

  Incompréhensible l’article publié ce mercredi 15 janvier dans la prestigieuse  revue britannique du British Médical Journal et qui remet en cause le dépistage et le traitement des malades infectés par le virus de l’hépatite C.  Cet article intitulé : “Is widespread screening for hepatitis C justified?”a été rédigé par 3 médecins et un journaliste américain, tous étrangers au monde hépatologique. Plutôt que des mousquetaires, ils semblent bien être des paparazzis de l’hépatologie et osent remettre en cause les recommandations  de l’organisation mondiale de la santé (OMS). Il faut commencer par dire que leur débat porte sur la vision de l’épidémie aux USA  mais qu’en aucun cas ils ne font des propositions  pour d’autres pays. SOS hépatites est profondément scandalisée par cet article et conteste  ses conclusions selon lesquelles cela ne sert à rien de dépister ni de traiter. Heureusement les experts français n’ont pas la même vision. C’est ce qui a été à nouveau réaffirmé fortement lors du 8 ème  congrès PHC qui s’est tenu à Paris le 12 et 13 janvier. A cette occasion le Pr Marcellin a déclaré  que chaque personne devrait se voir offrir le dépistage de l’hépatite C au […]

Toute première fois…

Une comédie qui vous la fait à l’envers. Voici une façon drôle de nous obliger à imaginer les choses autrement maintenant que le mariage pour tous est inscrit dans la loi. Tout le monde se souvient de Josiane Balasko dans « Gazon maudit », cette comédie qui racontait comment une mère de famille découvrait son homosexualité. Dans le film « Toute première fois », on vous propose d’explorer la situation inverse. Un jeune homme de 34 ans, Jérémie, est un homosexuel assumé parfaitement admis par sa famille, il doit même se marier prochainement avec Antoine. Oui mais voilà, un jour, il se réveille dans le lit d’Adriana et son homosexualité vacille. Y aurait-il maintenant des hétérosexualités refoulées, non découvertes ? Derrière cette comédie, si l’on regarde au deuxième degré, c’est bien la place de la sexualité dans notre société et sa place dans les générations que l’on nous propose d’interroger ? Est-ce qu’un jour passer de l’homosexualité à l’hétérosexualité pourrait de devenir inacceptable ? Au-delà d’un film, cette comédie est bien la trace des évolutions culturelles de notre société. Bref, un film à voir pour rire en famille et pourquoi pas, pour aborder la question de […]

HEPATITE B EN FRANCE, ROUGEOLE AUX USA : MEME COMBAT…

  Tout le monde connait la polémique sur la vaccination contre l’hépatite B en France. Polémique qu’aucun pays ne comprend, polémique qu’aucune étude scientifique n’a pu argumenter. Depuis sa création, il y a19 ans,  SOS Hépatites n’a eu de cesse de rappeler son attachement au concept de vaccination. Rappelons que les vaccins ont sauvés plus de vie que les antibiotiques au cours de l’histoire de la médecine. Depuis l’an 2000, les Etats-Unis  ont enregistré moins de  30 cas de rougeole par an et ce  grâce à une politique de vaccination à grande échelle. Ce qui a permis de dire haut et fort que la rougeole était éradiquée des USA depuis 15 ans. Mais  voilà,  avec 140 cas l’année dernière,  les choses semblent évoluer. L’Arizona et, en particulier la ville de Phoenix, viennent d’enregistrer 7 cas de rougeole. Et la rougeole est une maladie dangereuse, son virus est 10 fois plus contagieux que celui d’Ebola, pouvant aboutir à des atteintes encéphaliques ou pulmonaires sévères aboutissant à un décès pour 1000 contaminations. La contamination se fait par voie aérienne et le point épidémiologique commun des 7 victimes était d’être allé au parc […]

Hepatite C’est toujours mieux de guérir…

  C’est toujours mieux de guérir… cela semble une évidence, une banalité. Pourtant une prestigieuse revue n’hésite pas à publier des articles émanant de médecins tout aussi prestigieux qui dénoncent l’intérêt du dépistage et des traitements expliquant que la guérison virologique n’empêche pas les complications ni le décès. A vous de vous faire une idée, reprenons la présentation du Dr. Hill Am présentée à Boston lors de l’ AASLD 2014. L’auteur a repris plus de 40 études publiées avec un suivi de 5 ans. Ces études regroupent 34 000 patients qui ont été analysés en mono-infectés, mono-infectés avec une cirrhose & co-infectés. Il comparait les patients avec une réponse virologique soutenue (RVS) et donc une guérison & ceux n’ayant pas de réponse virologique. A chaque fois, les auteurs comparaient la mortalité globale, les cancers du foie et les besoins de transplantation hépatique. La limite de cette méta-analyse à posteriori est que l’on ne tient pas compte du poids, du sexe, de l’âge, de l’ethnie, de l’hétérogénéité des scores de fibroses, de la consommation d’alcool, des traitements utilisés, leur durée, etc… pourtant les chiffres sont probants. Chez les mono-infectés la mortalité à 4/6 ans de suivi chute de 10,5% à 4,5%. Le cancer du foie passe de 9,3% […]