bebe

Le chemin des dames passe souvent par une grossesse. En 2014 la science médicale permet le plus souvent aux femmes de gérer leur grossesse de façon optimale dans l’accomplissement de leur désir d’enfant. Cet enfant que l’on va accueillir au moment le plus approprié on le voudrait parfait, il est impensable de lui transmettre une quelconque maladie. Pourtant si une mère est porteuse du virus de l’hépatite C elle risque de le transmettre à son enfant dans 3% des cas  et parfois même 20% si elle est également porteuse du  VIH.

En 2002 lors de la conférence de consensus qui devait définir l’utilisation de l’association interféron et ribavirine les conclusions avaient tout comme aujourd’hui retenu l’indication de mise sous traitement à partir d’un score de fibrose a F2 (le concept de F2 sévère n’existait pas encore) pourtant sur pression des associations d’usagers et de leur représentant il avait été admis qu’une femme pouvait être traitée quelque soit son score de fibrose pour justement, si elle était en âge de procréer, lui éviter le risque de contaminer son enfant.

En 2014 cette recommandation a disparue ! Comme si il n’était plus si grave de contaminer son enfant à la naissance. On pourra toujours me dire que face à la puissance des traitements, les mères peuvent se rassurer,  leurs enfants pourront être traités secondairement. Mais qu’en restera-t-il de cette culpabilité d’avoir transmis une maladie en même temps que la vie ?

Comment le dire à l’entourage ? Comment aider un enfant à grandir avec cette plaie dont il demandera surement l’origine de la contamination maternelle ? Autant de questions qui amènent à comprendre la femme porteuse d’une hépatite C minime de choisir l’accès au traitement et donc à la guérison avant tout projet de grossesse. Ce choix est défendable et entendable, c’est pourquoi nous le reprenons et le porterons aussi fort qu’en 2002.

Car guérir c’est bien mais  prévenir une contamination…c’est tout aussi bien !

Pascal MELIN