Le 30 mai, avez-vous entendu parler de la journée nationale des hépatites ?

Le moins que nous  puissions dire c’est qu’elle n’a pas fait un tabac.

La salle Laroque de la Direction Générale de la Santé (DGS) n’était pas pleine mais plus de 200 personnes étaient là pour cette journée de travail et de réflexion. Une vingtaine de militants de SOS Hépatites étaient présents et se sont fait entendre.

Quelle verrue me direz-vous ? Quoi de plus normal en ce 30 mai, journée nationale du dépistage du cancer de la peau !

D’ailleurs les médias n’ont parlé que de cet événement et non des hépatites !

La journée a mal commencé. La ministre de la santé devait en faire l’ouverture et n’a pas pu se libérer. Nous l’attendions pourtant avec nos questionnements. A savoir, ce que devenait le plan national hépatites ou bien les TROD hépatite B et C ou encore lui demander d’accélérer la mise à disposition des nouvelles molécules dans le cadre d’ATU (autorisation temporaire d’utilisation) pour sauver des malades.

Nous avions tous en tête la parole de l’état. Nous nous souvenons de sa présence lors de notre forum national annuel à Lyon en novembre 2011. La ministre de la santé de l’époque nous avait demandé d’être patients, justifiant que les TROD seraient validés et mis sur le marché avant fin 2012.Nous attendons toujours. On nous a aussi expliqué qu’il fallait finir les études pour être sur que les nouvelles molécules soient complètement sûres alors que les médecins et les malades présents ont réaffirmés être prêts à se lancer dans les ATU avant l’été.

Quand aux TROD il faut encore être patient. Nous avons encore parlé d’éducation, de vulnérabilité et nous avons évoqué l’évaluation du plan national hépatites en nous expliquant que les contraintes économiques nécessité sa suppression même si le représentant de l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) nous expliquait vouloir généraliser l’existence de plan spécifiques dans tous les pays.

Alors, vous imaginez bien que  le 31 mai au matin, journée nationale de lutte contre le tabac, lorsque j’entends la ministre de la santé annoncer des décisions pour lutter contre le tabagisme et le projet d’un plan tabac, la moutarde m’est montée au nez.

De qui se moque t on ? La bataille contre les hépatites n’est pas gagnée mais qui cela intéresse t-il ? En dehors de la poignée d’irréductibles présents à la Direction Générale de la Santé (DGS). Nous ne voulons plus être des malades mais nous ne seront pas patients. Il y a une urgence de santé publique et ne me dites pas qu’il n y a pas de moyen, nous aussi nous pouvons faire un tabac !!!

Pascal Mélin