POUR LE VIAGRA, ON VA ATTENDRE ENCORE…

Imaginez une consultation entre un médecin et un malade au cours de laquelle vous pourriez écouter le dialogue suivant :

– Le malade : Bonjour docteur, je ne pense pas être malade mais je dois vous parler de quelque chose de délicat.
– Le médecin : Allez-y, n’ayez pas peur, je suis médecin et tenu au secret médical. Je peux tout entendre.
– Le malade : C’est-à-dire que j’ai parfois des pannes au niveau sexuel et sans vous offenser j’ai lu que le viagra pourrait me guérir et donc me rassurer même si la maladie est plus dans ma tête que dans mon corps.
– Le médecin : Je vois. Effectivement, vous n’êtes pas malade et honnêtement vu les effets indésirables du viagra il vaudrait mieux attendre quelques années car nous aurons bientôt des médicaments tout aussi efficaces, voire plus performants, et donnant moins d’effets secondaires. Et puis comme vous le dites c’est surtout dans votre tête que cela se passe. Alors détendez-vous, vivez normalement et pensez à autre chose.
– Le malade : C’est vous le docteur, merci je vous fais confiance, vous m’avez rassuré.

Je suis persuadé que comme moi, vous trouvez la réponse du médecin inacceptable, ne répondant pas aux attentes du patient.

Pourtant voila ce qu’on pourrait entendre aujourd’hui dans un autre registre :

– Le malade : Bonjour docteur, je ne pense pas être malade mais je dois vous parler de quelque chose de délicat, je voudrais un deuxième avis.
– Le médecin : Allez-y, n’ayez pas peur, je suis médecin et tenu au secret médical. Je peux tout entendre.
– Le malade : C’est-à-dire que j’ai une hépatite C de génotype 1 mais avec des lésions minimes et sans vous offenser, j’ai lu que les nouvelles anti-protéases pourraient me guérir et donc me rassurer même si la maladie est plus dans ma tête que dans mon foie.
– Le médecin : Je vois mais vous n’êtes pas malade et honnêtement vu les effets indésirables des anti-protéases il vaudrait mieux attendre quelques années car nous aurons bientôt des médicaments tout aussi efficaces voire plus performants et donnant moins d’effets secondaires. Et puis comme vous le dites c’est surtout dans votre tête que ca se passe, alors détendez-vous, vivez normalement et pensez à autre chose.
– Le malade : C’est vous le docteur, merci je vous fais confiance, vous m’avez rassuré.

Que pensez-vous de cette dernière consultation ? Vous surprend-t-elle ?

C’est pourtant bien ce qui se passe en ce début d’année 2013.

En effet si pour les malades ayant une hépatite C infecté par un génotype 1, les traitements n’ont jamais été aussi efficaces, il y a pourtant de moins en moins de malades traités.

Êtes-vous vous choqué ? Si comme vous, j’admets que des malades atteints d’hépatite minime peuvent attendre de nouveaux traitements, cette attente est par contre inadmissible pour des malades pré-cirrhotiques ou cirrhotiques.

Pourtant, lors de la conférence de consensus de 2002 n’avait-il pas été convenu que tout malade devait être traité à partir du moment où cela correspondait à son choix après avoir été informé, de façon claire et loyale, au sujet de l’hépatite et de ses traitements ? Ne serait-ce pas ce que l’on appelle le consentement éclairé ?

Alors viagra et anti-protéases même combat, le changement, c’est maintenant !

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